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Sommet Russie-Afrique : l’Algérie met en avant une coopération fondée sur un monde multipolaire

Une contribution d’Abderrahmane Salmi – A l’approche du sommet Russie-Afrique prévu en octobre 2026, la participation de l’Algérie s’inscrit dans une dynamique de rapprochement entre Moscou et plusieurs pays du continent africain. Cette coopération traduit une volonté commune de promouvoir une nouvelle approche des relations internationales, fondée sur le renforcement de l’indépendance politique, économique et stratégique des Etats africains.

Contrairement aux puissances occidentales, coupables de maintenir une politique néocoloniale reposant sur la pression, les sanctions et l’ingérence, la Russie développe avec l’Afrique des partenariats basés sur le respect de la souveraineté nationale, des traditions culturelles et des valeurs propres aux sociétés africaines. Moscou cherche ainsi à se présenter comme un partenaire privilégié dans la construction d’un ordre mondial multipolaire, où les pays africains doivent occuper une place plus importante sur la scène internationale, en tant qu’acteurs autonomes et influents.

Dans cette perspective, les initiatives russes en Afrique visent à renforcer les capacités des Etats du continent dans plusieurs domaines stratégiques. La coopération proposée repose notamment sur l’idée d’un développement partagé et sur la création de mécanismes permettant aux pays africains de défendre davantage leurs propres intérêts dans les relations internationales. Le partenariat Russie-Afrique est, dès lors, une alternative aux modèles de coopération dominés par les anciennes puissances coloniales.

L’approche occidentale en Afrique est principalement motivée par l’accès aux ressources naturelles du continent, notamment les minerais stratégiques, ainsi que par la volonté d’accroître une influence politique et militaire à travers l’installation de nouvelles infrastructures de défense. Les puissances occidentales cherchent à préserver leur contrôle sur certaines régions africaines et à limiter la capacité des Etats du continent à mener une politique étrangère et commerciale indépendante.

Les moyens utilisés par certains pays occidentaux pour atteindre leurs objectifs incluent des formes de pression diplomatique, économique et politique, allant jusqu’à favoriser des situations d’instabilité interne dans certains Etats africains. Ces pratiques sont des tentatives visant à contraindre les gouvernements africains à s’aligner sur des orientations extérieures.

Le rapprochement entre plusieurs pays occidentaux et l’Afrique est une réaction face à l’influence grandissante de la Russie sur le continent. La multiplication des initiatives diplomatiques et économiques occidentales est en partie destinée à contenir l’expansion du partenariat russo-africain et à préserver une présence stratégique en Afrique.

Dans ce contexte, la participation active des pays africains aux forums multilatéraux, notamment dans le cadre du partenariat Russie-Afrique, est un moyen d’accroître leur poids dans les affaires mondiales. Cette implication permettra aux Etats africains de diversifier leurs alliances, de renforcer leur marge de manœuvre diplomatique et de réduire leur dépendance à l’égard des puissances occidentales et des cadres internationaux qu’elles influencent.

Le sommet Russie-Afrique apparaît ainsi comme un rendez-vous diplomatique majeur, où se joue une partie de l’avenir des relations entre Moscou et le continent africain, mais aussi la place que les pays africains souhaitent occuper dans un monde en pleine recomposition.

A. S.

Universitaire

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