Par M. Aït Amara – La disparition annoncée de la Fondation de l’islam de France est un symbole cruel des contradictions de la politique française à l’égard de l’islam. Créée après les attentats de 2015 pour «développer la connaissance de l’islam, la recherche, la formation civique et l’émergence d’un islam français indépendant», elle vient de perdre son statut d’utilité publique faute de financements. Ghaleb Bencheikh rappelle qu’Emmanuel Macron lui avait promis 10 millions d’euros en 2020. Quatre ans plus tard, la fondation ne disposait plus que de 40 000 euros.
Cette faillite institutionnelle résume trente années d’hésitations françaises.
Au début des années 1990, lorsque l’Algérie interrompit le processus électoral engagé après la victoire biaisée du parti religieux extrémiste du FIS au premier tour des législatives de 1991, Paris adopta une attitude pour le moins ambiguë. La France devint notamment un refuge pour une partie des activistes et sympathisants islamistes algériens. En 1993, Le Monde évoquait déjà le risque d’un «appel d’air islamiste» après une décision de François Mitterrand permettant à des militants du FIS d’obtenir plus facilement l’asile.
L’histoire allait rapidement montrer le prix de cette indulgence. Le GIA développa des réseaux en France et les attentats de 1995 frappèrent Paris. Les autorités finirent par démanteler les réseaux de soutien au terrorisme algérien, mais après que l’islamisme armé eut déjà trouvé sur le territoire français des relais, des financements et des infrastructures.
Puis s’est installé, pendant des années, un «islam des caves» – dixit Dalil Boubakeur, ancien recteur de la Grande Mosquée de Paris – largement abandonné aux influences extérieures, faute d’une véritable politique de structuration, de formation et d’accompagnement. C’est dans cet espace que les courants les plus rigoristes ont pu prospérer. Lorsque la guerre en Syrie éclata, la France fut confrontée à une nouvelle réalité : des milliers de personnes partirent de France vers la zone syro-irakienne. Les services du renseignement français estiment que plus de 1 400 volontaires partis de France avaient rejoint cette zone en cinq ans, majoritairement Daech. Certains évoluèrent dans la mouvance djihadiste liée à Al-Qaïda, félicitée par un ancien ministre français des Affaires étrangères pour le «bon boulot» qu’elle faisait en Syrie.
Face à cette menace, Emmanuel Macron tenta tardivement de reprendre le contrôle du dossier. Son discours sur les «séparatismes», en 2020, puis la loi de 2021 sur le respect des principes de la République ont renforcé le contrôle des associations, des financements et de certaines activités religieuses. Mais cette politique, en ciblant l’islamisme, a aussi nourri chez une partie des musulmans le sentiment d’une suspicion généralisée. Le risque était précisément de confondre la lutte nécessaire contre l’islamisme avec une politique donnant le sentiment de considérer l’islam lui-même comme un problème.
C’est là que réside le paradoxe français. Après avoir trop longtemps laissé l’espace religieux se structurer sans véritable stratégie, l’Etat est désormais incapable de soutenir durablement les institutions susceptibles de construire un islam [français] compatible avec la République.
La Fondation de l’islam de France aurait précisément pu constituer l’un des instruments de cette politique. Sa disparition, après une promesse présidentielle de financement non concrétisée, donne donc une impression désastreuse d’incohérence.
La France a longtemps oscillé entre naïveté et réaction. Elle a sous-estimé l’islamisme, puis découvert le djihadisme ; elle a tardé à organiser un islam de France, puis renforcé les contrôles au risque d’alimenter la défiance. Aujourd’hui, elle risque de perdre l’un des rares outils permettant de sortir de cette contradiction.
Combattre l’islamisme sans suspecter les musulmans, organiser un «islam de France» sans fabriquer une France contre l’islam : c’est précisément cette politique cohérente que la France cherche encore. Et qu’elle ne retrouvera assurément pas, tant qu’elle fera de cette question un enjeu purement électoraliste.
M. A.-A.



Hommage à deux grandes figures de la Révolution Algérienne.
En ce 16 août, journée de mémoire et de recueillement, nous rendons un hommage solennel à deux moudjahidine qui ont consacré leur vie à l’Algérie : feu Rachid Ferhaoui, dit « Rachid Red », et feu Moufdi Zakaria, poète de la Révolution et auteur de notre hymne national, « Qassaman ».
À travers leur engagement et leur œuvre, ils ont profondément marqué l’histoire et la mémoire de notre pays.
RABI YARHAMHOUM WAIWASAA AALIHOUM.
TAHYA EL DJAZAÏR, TAHYA LE PEUPLE ALGÉRIEN, TAHYA L’ANP ET GLOIRE ÉTERNELLE À NOS VALEUREUX CHOUHADA !