Les imprimeries étatiques ont adressé des mises en demeure à plusieurs journaux, les invitant à fournir des explications quant à l’absence de régularité de leurs commandes d’impression, a-t-on appris d’une source sûre. Ce sont là de nombreux quotidiens qui ne paraissent plus tous les jours. Notre source parle, en effet, de journaux qui paraissent uniquement quand ils reçoivent de la publicité de l’Anep. Les imprimeries étatiques exigent, ainsi, de ces titres de respecter les clauses du contrat commercial en se mettant en conformité. Les journaux qui n’ont pas honoré leurs dettes ont également été mis en demeure d’y remédier dans un délai de trois jours. Passé ce délai, les imprimeries vont recourir automatiquement à la suspension de la relation commerciale qui les lie à ces journaux. Autrement dit, les imprimeries de l’Etat, en grande difficulté à cause de leurs lourdes créances, à savoir la SIO, la SIE, la SIA, Simpral et l'Enap, seraient contraintes de cesser d’imprimer ces journaux. Cette nouvelle mise en demeure intervient dans un contexte de crise que traverse la presse écrite, à cause de la chute vertigineuse des recettes publicitaires. Cela apparaît clairement à travers le rétrécissement accru des espaces publicitaires dans ces journaux qui, il y a quelques mois, occupaient jusqu’à 12 pages pour un tabloïd qui en compte 24. Une chute qui n’est pas étrangère à la crise économique globale que vit le pays. Des dizaines de titres, qui ne reçoivent presque plus la publicité de l’Anep, du moins pas en grande quantité, sont au bord de l’asphyxie. Il est donc aisé de déduire qu’ils ne pourront pas honorer leurs engagements commerciaux envers les imprimeurs. Ces journaux risquent tout simplement de disparaître. Car ils ne paraissent en réalité que parce qu’ils bénéficiaient de pages publicitaires étatiques. Selon une récente étude de la société Immar Research and Consultancy, la presse écrite a perdu 10% de sa part de marché. Un marché évalué à plus de 10 milliards de dinars. Il est à relever que certains titres, mauvais payeurs, bien qu’au tirage très modeste, ont été irrigués pendant de longues années de la publicité étatique qu’ils n’ont utilisée ni pour développer leur entreprise ni pour honorer les factures de l’imprimerie. Ces titres ont cumulé des dettes astronomiques chez les différentes imprimeries de l’Etat qu’ils ne comptent assurément pas régler. Des comptes leur seront-ils demandés un jour ?
Sonia Baker
