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Washington commence à s’agiter pour contrer l’Algérie au Conseil de sécurité

Par Abdelkader S. – Comme il fallait s’y attendre, Washington n’allait pas rester sans agir pour contrer toute initiative qui mettrait Israël au banc des accusés. La représentante permanente des Etats-Unis à l’ONU a, en effet, affirmé, ce vendredi, que le projet de résolution présenté par l’ambassadeur d’Algérie, Amar Bendjama, «pourrait mettre en péril des négociations sensibles, faisant dérailler les efforts diplomatiques exhaustifs et en cours pour obtenir la libération des otages et garantir une pause prolongée dont les civils palestiniens et les travailleurs humanitaires ont si désespérément besoin».

Linda Thomas-Greenfield inverse ainsi les rôles et cherche à empêcher toute décision qui obligerait l’entité sioniste à cesser ses crimes contre les populations de Gaza et de Cisjordanie, en arguant que toute mesure qui serait défavorable à l’Etat hébreu constituerait une menace pour un prétendu projet de trêve qui serait en discussion. Or, il n’est un secret pour personne que les rencontres «secrètes» qui se déroulent à Doha, entre les officiers du Mossad, de la CIA et des services secrets qataris, entre autres, n’ont pas vocation à se soucier du martyre subi par les Palestiniens depuis près de trois mois, encore moins à craindre pour les otages, l’armée israélienne continuant à bombarder à l’aveugle, mettant en péril la vie des quelque deux cents personnes qui seraient encore entre les mains de la résistance palestinienne.

La suite qui sera donnée au projet de résolution préparé par l’Algérie est connue d’avance. L’ambassadrice américaine en a donné un aperçu en trouvant une justification à un rejet par le biais d’un veto qui sera opposé par l’administration Biden. Les Etats-Unis cherchent à gagner du temps pour permettre à Benyamin Netanyahou de se maintenir au pouvoir, car une fin de la guerre signifie inéluctablement celle du Premier ministre israélien, poursuivi par la justice de son pays pour corruption. Or, une telle fin pour l’ami des démocrates américains n’arrange pas Washington qui perdrait ainsi un pilier au Moyen-Orient pour ces derniers qui persévèrent dans l’exécution du plan Brzezinski, visant à bouleverser l’équilibre géographique et démographique dans la région.

Mais l’Algérie a un double avantage à son actif. Les hauts gradés israéliens et américains sont de plus en plus sceptiques quant aux décisions hasardeuses de leurs dirigeants politiques. A Washington, des informations fuitées de la Maison-Blanche indiquent que Joe Biden et Antony Blinken peinent à convaincre les militaires et les officiers du renseignement du caractère judicieux de la poursuite des massacres à Gaza. En Israël, le même scénario se déroule avec autrement plus d’intensité, Benyamin Netanyahou étant ouvertement contesté par l’opposition et par une écrasante majorité d’Israéliens –hormis l’extrême-droite minoritaire – qui ont compris l’enjeu de la réaction disproportionnée du 9 octobre : tirer profit de l’attaque de la résistance palestinienne et retarder le plus possible un retour à la normale dans la tumultueuse vie politique interne israélienne.

Une fuite en avant qui continue de faire des victimes à Gaza et en Cisjordanie et compromet chaque jour un peu plus l’aboutissement de négociations sérieuses à une solution politique pérenne et à un cessez-le-feu permanent. Contrairement à ce qu’affirme l’ambassadrice des Etats-Unis à New York, c’est la poursuite de l’agression israélienne contre Gaza qui préjudicie toute possibilité de mettre un terme à ce conflit sanglant et non pas l’action algérienne.

A. S.

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