De Paris, Saliha Fayez – Lors d’une visite récente en Algérie, Sabrina Sebaihi, députée issue du mouvement écologiste Les Verts, a réaffirmé l’importance d’une approche apaisée et constructive dans les relations franco-algériennes, marquées par des décennies de tensions historiques. Dans un entretien accordé à nos confrères d’El-Khabar, elle a insisté sur la nécessité de dépasser les logiques partisanes et les divisions politiques pour établir un dialogue sincère et durable entre les deux pays.
Interrogée sur l’objectif de sa visite, Sebaihi a expliqué : «Lorsque les relations entre les gouvernements pour quelque raison que ce soit sont bloquées, il revient aux parlementaires d’assurer la continuité du dialogue à haut niveau entre nos pays. Renforcer les liens entre les peuples, traiter les questions de mémoire et de culture, et soutenir notre jeunesse sont les chemins que je cherche à explorer à chaque visite en Algérie, dans une relation d’amitié sur un pied d’égalité.»
Lors de son séjour, la députée a été reçue par le président de l’APN, Ibrahim Boughali. Les échanges ont porté sur l’ensemble des sujets bilatéraux, incluant la sécurité et la coopération parlementaire, mais également des dossiers plus sensibles : «Ce fut un échange constructif sur la diplomatie parlementaire, le sort de notre compatriote Christophe Gleizes et la lutte commune contre le changement climatique», a-t-elle précisé.
Sa visite coïncide avec l’adoption par le Parlement algérien d’un projet de loi criminalisant le colonialisme français, un texte voté à l’unanimité. Sur ce point délicat, Sebaihi adopte une posture mesurée mais engageante : «En tant que députée française, je me garde de commenter les textes adoptés par mes collègues algériens. Mais ce qui me frappe, c’est que ce texte a été approuvé à l’unanimité, au-delà des clivages partisans. Cela renforce mon analyse selon laquelle il faut d’abord établir une relation fondée sur la vérité historique des crimes liés au colonialisme avant de restaurer une relation digne de la richesse des liens entre nos peuples.»
Elle rappelle la gravité du colonialisme et plaide pour une reconnaissance lucide du passé : «Oui, le colonialisme français a commis, comme toutes les formes de colonialisme, des crimes effroyables contre l’humanité, un véritable déni d’humanité. La France est un grand pays, et elle n’en sera que plus grande au sein de la communauté internationale si elle reconnaît ce passé.» Selon elle, la voie ouverte par le président Emmanuel Macron reste fragile, notamment face aux pressions de l’extrême-droite : «Il est vrai que le président Macron a ouvert la voie en évoquant pour la première fois les crimes contre l’humanité, mais il a été ensuite confronté à la droite et à l’extrême-droite qui imposent aujourd’hui une lecture revancharde et nauséabonde vis-à-vis de l’Algérie»
Face aux risques d’une «guerre de mémoire» initiée par les courants hostiles à toute reconnaissance, Sebaihi reste confiante : «C’est précisément par la législation et la reconnaissance des faits historiques que l’on peut éviter une guerre de mémoire. Le temps fera son œuvre, quel que soit le discours de l’extrême-droite. Il ne s’agit pas d’humilier la France, bien au contraire, mais d’être en accord avec son histoire.»
Enfin, sur l’état actuel des relations franco-algériennes, elle note un regain d’apaisement : «Depuis le départ de Bruno Retailleau, qui avait instrumentalisé cette question à des fins politiques mesquines, un certain calme est revenu, propice au dialogue. Nos pays ont besoin l’un de l’autre. Il faut regarder le passé en face, le reconnaître, et se tourner vers l’avenir.»
S. F.




La droite et l’extrême-droite françaises ne s’acharnent pas sur l’Algérie par hasard. Si le discours devient nerveux, excessif, presque obsessionnel, c’est parce que l’Algérie leur renvoie aujourd’hui une réalité qu’ils **n’avaient jamais imaginée possible** : celle d’un pays qui avance sans eux, qui se structure sans tutelle, qui décide sans demander l’autorisation. Toute leur vision reposait sur une certitude arrogante — *sans nous, les Algériens ne s’en sortiront pas*. Or les faits les contredisent brutalement.
Ce n’est ni un débat diplomatique sincère ni une préoccupation pour l’opinion publique française, qui s’en désintéresse largement. Ce que nous observons est bien plus révélateur : une **réaction de panique** face à la perte de contrôle. Depuis que l’Algérie s’affirme comme un acteur militaire crédible et qu’elle affiche clairement des ambitions économiques régionales, la campagne contre elle s’intensifie. Plus l’Algérie gagne en autonomie et en poids stratégique, plus le discours français se durcit. Ce n’est pas une coïncidence, c’est un réflexe de domination contrariée.
Mais cette agitation a une autre fonction, plus cynique encore. Elle reflète une **primaire permanente à l’intérieur de la matrice du pouvoir**. Une compétition interne où les partis, la droite comme l’extrême-droite, ne cherchent pas à convaincre les citoyens, mais à **séduire les véritables décideurs**. On fait campagne sans l’avouer, non pas devant le peuple, mais devant les centres d’influence, les réseaux politico-économiques, les cercles qui arbitrent réellement l’accès au pouvoir.
Dans cette logique, l’Algérie devient un test de loyauté. Celui qui tape le plus fort, qui adopte le ton le plus agressif, qui renoue le plus ouvertement avec les vieux réflexes coloniaux, espère envoyer un message clair : *je suis fiable, je suis aligné, je peux appliquer la politique attendue*. Ce n’est pas du courage politique, c’est de la soumission idéologique.
Et derrière cette surenchère se cache une obsession centrale : **préserver une illusion de puissance**. Le Maroc est défendu non par affection ou par principe, mais parce qu’il reste le dernier espace où certains responsables français peuvent encore se donner l’illusion d’exister géopolitiquement. Une relation asymétrique entretenue comme un trophée, comme une preuve artificielle que la France « compte encore ». Défendre cette relation, c’est défendre une fiction, pas une stratégie.
Ce discours n’est donc ni ferme ni visionnaire. Il est **défensif**, **fébrile**, presque pathétique. Il révèle une classe politique incapable d’accepter l’émancipation réelle de l’Algérie et qui, faute de pouvoir l’empêcher, tente de la discréditer.
Ce vacarme n’impressionne plus personne. Il ne dit rien de l’Algérie. Il dit tout d’un système qui sent le sol se dérober sous ses pieds et qui, à défaut de contrôler le réel, s’acharne à le nier.
Excellent commentaire !
L’une des grandes erreurs de la « jeune » Algérie indépendante, sous la présidence du président Boumédienne particulièrement, a été d’ouvrir la voie à une émigration massive des algériens vers une France qui, aujourd’hui plus que jamais, rumine ses rancœurs, s’endort et se réveille avec ses vieux démons ! N’est-ce pas la forte présence d’une communauté algérienne en France, composée de millions de franco-algérien-nes, qui met l’Algérie dans cette position « inconfortable » (euphémisme…). Un « équilibrisme » diplomatique qui a toujours profité à la France et à ses entreprises, jusqu’à ce que TEBBOUNNE siffle la fin du « festin » et fasse rendre gorge à la bande de « barons » qui a saigné l’Algérie. La visite de « courtoisie » de Mme Sabrina SEBAIHI ne changera rien au cours des choses. Par choses, j’entends à la rupture consommée entre « ses deux » pays…À trop jouer avec le feu (LR/RN) MACRON s’est brûlé les plumes…Son gouvernement – le cinquième de son second mandat – s’apprête à faire ses cartons et laisser la place au…sixième !
Boumédienne est un géant et un Homme très aimé par la majorité des algériens même aujourd’hui, comme dit le proverbe africain, avant d’escalader un arbre, assurez vous d’avoir un derrière propre.
En fait, pour n’avoir rien compris de ce que vous lisez, vous ne pouvez qu’en descendre de l’arbre.
Boumediene était un homme d’État digne de ce nom, Allah ya rahmo. Il était aimé par la majorité des algériens car il savait leur parler et eux voyaient en lui l’homme de valeurs et de principes qu’il était. Un vrai président.
@Sprinkler
Je me permets de vous corriger , Le défunt président Boumediene a du sûrement faire des erreurs mais pas sur l’émigration, car l’émigration algérienne date pratiquement depuis le début du 20 -ème siècle et pour revenir à l’émigration post indépendance elle est encadrée par les accords d ‘Evain en1962 et revue par les accords de 68 .C’était une émigration paysanne analphabète, peu citadine, corvéable à merci, prisée du patronat français pour concurrencer par le salaire bas, le manœuvre ou l’ouvrier français,. La France était en surcroissance, zéro chômeurs, on appelait ça » les 30 glorieuse » qui ont duré jusqu’ à la première crise pétrolière de 1973 ,. L’Algérie, de son côté , a trouvé débouché inespéré pour ces milliers de bras inemployables et une ressource en devis non négligeable pour son trésor public car à cette époque le regroupement familial massif et le change de devise informel n’existent. En 1973 et Juste avant la crise pétrolière , il y a 80 algériens assassinés en l’espace de 2 mois à Marseille commis par les nostalgique de l’Algérie française de papa ,en représailles à l’ égorgement d’ un chauffeur de bus par un algérien « malade mental » ! Suite à ces meurtres jamais élucidés à ce jour, le président Boumediene a ordonné l’arrêt immédiat de l’émigration officielle en fermant tous les bureaux de main d’œuvres recruteurs pour la France! IL FAUT CHERCHER DANS LES ARCHIVES ,LE DISCOURS DE FEU BOUMEDIENE où il disait » l’algérien mangera la terre de sa patrie qu’aller se faire assassiner en France ». Après la mort de Boumediene , l’émigration a reprit en 1978 et la France sous Giscard, à même autorisé le regroupement familial. D’ailleurs à la fin de sa vie Giscard disait son grand regret d’avoir autorisé le regroupement familial! Fraternité DZ
Bonsoir paixdz et merci pour cette courte « rétrospective » sur l’immigration algérienne qui a fait la fortune de l’industrie française durant les « 30 Glorieuse »…Immigration, comme je le déplorais dans mon commentaire, devenue aujourd’hui un « puissant levier » de chantage dans ce « rapport de force » si cher à la Droite extrême à laquelle MACRON a pavé la route vers l’Elysée…C’est en cela que je considère que nous (Algériens) avons « péché » et que nous payons cher cette « communauté de destin » dont je comprends effectivement qu’elle ait pu être « bénéfique » aux deux pays dans le contexte historique de l’après-indépendance…D’une certaine manière, et là est mon plus grand regret, est que ne nous sommes jamais libéré de ce colonialisme maudit…L’émigration des millions d’Algériens vers la France après 1962, sous le sceau des Accords d’Evian, a créé une nouvelle forme de « sujétion », certes autrement plus « humaine » que celle qui a prévalu 132 ans durant…La jeune Algérie qui sortait d’une guerre dévastatrice qui ne lui a rien épargné, devait, et je l’entends bien, « ravaler » son orgueil et construire un État viable sur les ruines du colonialisme sauvage qu’elle venait de bouter…C’était tout le sens de mon propos et que vous avez parfaitement compris, contrairement à l’hurluberlu qui débite du proverbe africain pour broder ses arguties…
Je crois vous n’avez pas compris, moi je suis sur le sol modeste et humble, je n’ai pas l’intention ni la prétention encore moins les compétences pour prétendre me hisser au sommet, je côtoie les gens de mon niveau, c’est plutôt vous qui tente maladroitement d’atteindre le sommet ou trônent les géants, si quelqu’un risque de se faire dévoiler c’est plutôt vous, à bon entendeur SALAM.
Je crois vous avoir lu et répondu sur un autre sujet, et vous ai exhorté à ne pas « persévérer » dans l’impertinence. Y a chez vous un besoin quasi compulsif de vous affirmer, en contredisant à hue et à dia…Vous vous consumez dans cette quête effrénée de « lumière » et je pense que vous avez trouvé dans mes interventions une sorte d’exutoire à vous névroses…Le musulman que j’aspire être, l’illustre anonyme que je suis vous répond qu’au sommet Trône le TRÈS HAUT et que je ne LUI associe nul égal ! Attendez qu’on vous trouve de la modestie et de l’humilité avant de vous en…parer ! Vous vous défendez de cherchez l’ivresse des sommets, dans la suffisance de votre…égo ! N’ayant ni le temps ni le désir de vous tenir le crachoir, je vous salue, sans la moindre rancune il va de soi.
La reconnaissance des crimes du colonialisme français. Et pour ma part, il n’y a pas à demander des excuses à la france. Le peuple français n’a pas à porter le fardeau de leurs aïeux. Il n’est pas question non plus de repentance car elle a une dimension religieuse.
Une « reconnaissance lucide du passé » comme le dit la députée Sabrina Sebaihi.
Un autrichien ou un japonais qui vit et travaille en France ne ressent pas le besoin de prendre la nationalité française.
Il n’est pas non plus l’objet d’injonctions en ce sens.
Un autrichien ou un japonais ressent encore moins le besoin de sieger dans leur parlement comme député, en se prévalant de sa binationalité.
Cette jeune femme a l’air sympathique, mais du moment qu’elle est député de la république française elle est française et c’est très bien pour elle, mais elle représente le peuple français qui a voté pour elle, pas le peuple Algérien.
99% des Algériens ne vont jamais en France, n’ont aucune relation avec la France.
Pour 99% des Algériens la France ne présente aucune valeur ajoutée,
leurs responsables politiques et leurs médias nous insultent 24h/24
et en plus ils glorifient les crimes abjects que leur pays a commis contre notre peuple pendant 132 ans.
Quel intérêt avons nous à souhaiter une « approche constructive dans les relations franco-algériennes » comme elle dit?
Aucun.
On veut juste qu’ils sortent de notre champs de vision et nous foutent la paix.
Notre caractère porte la marque de la diversité et de notre histoire. Prompts à la division et à l’affrontements, nous, algériens, sommes capables, dans le même temps de donner corps à l’unité nationale quand la souveraineté et l’indépendance de l’Algérie sont remises en question.
Que l’imposture politique, vaille que vaille, avance dans son projet funeste pour déstabiliser l’Algérie dont la force réside dans la loyauté de ses membres, qu’elle déverse des éléments de langage pour se donner l’illusion d’exister, c’est méconnaitre l’histoire du pays qui a connu des épreuves à nulles autres pareils et, surtout oublier que le pays d’un million et demi de martyrs est devenu source d’enseignement pour ne pas dire un cas d’école pour tous les stratèges militaires.
Avec la boussole de l’intérêt général, le président de la république se doit de tisser les liens de coopération partout où c’est possible. L’influence que nous aurons dans un monde de demain dépendra de cette volonté.
Ceci étant dit, le peuple algérien se trouve, au jour d’aujourd’hui, confronter à la seule guerre qui mérite adhésion et que la situation rend nécessaire : celle qui consiste à combattre tous les maux inhérents au sous développement qui obèrent l’émergence d’un Etat fort, d’une république solide, d’une Algérie puissante apte à faire face aux défis et au enjeux qui l’assaillent.
(…)
Comment peut-on laisser la jeunesse algérienne voir son horizon limité au stade et à la mosquée avec le rêve de l’improbable visa ou l’aventure dangereuse des harragas alors qu’elle est stimulée par l’envie de vivre son temps, bâtir son avenir tout en bâtissant l’avenir du pays
(…)
Le pays d’un million et demi de martyrs a de nombreux atouts tant du point de vue humain que celui de ses richesses naturelles et de bien d’autres potentialités. Il pourrait être en mesure de surmonter tous les défis pour peu qu’on oeuvre à plus de sécularisation de la société, à un véritable renouveau culturel, à une totale liberté d’expression des voix dissidentes et à un essor économique ne laissant plus qu’une portion congrue à la corruption, au népotisme et aux réflexes claniques.
Fraternellement lhadi
([email protected])
ils peuvent s exploser la tete contre le mur l algerie c est fini pour eux
La repentance ou la reconnaissance : pour quoi faire ?
Concernant la repentance, peut-on envisager une seule seconde que nos valeureux chouhadas, qui ont affronté le colonisateur et l’ont finalement vaincu et humilié, puissent demander la repentance du vaincu ?
J’ai discuté un jour avec un Vietnamien. Il m’a dit que nous étions un peuple vraiment singulier. De son côté, il m’expliquait que s’il envisageait une telle démarche, ce serait trahir l’intelligence, le combat et le sacrifice de figures comme Hô Chi Minh. Il ajoutait : pourquoi irais-je quémander une repentance auprès de ceux que mes aïeux ont mis à terre et humiliés devant le monde ?
Il me confiait également que, lorsqu’il revoit les images de la chute de Saïgon, une bouffée d’oxygène d’une nature différente traverse ses poumons, et qu’un sentiment de fierté immense l’habite à jamais.
Vient ensuite la question de la reconnaissance : reconnaissance de quoi, et de la part de qui ?
Nos villages, nos montagnes, nos villes, nos rivages et nos cimetières portent des traces indélébiles de notre histoire. Avons-nous à ce point perdu confiance en notre capacité à croire en notre propre récit, en notre histoire, en le sacrifice de nos hommes et de nos femmes, au point d’aller chercher la validation de l’ancien colon, comme s’il devait apposer un tampon sur notre mémoire ?
Nos ancêtres, Rabi yarhamhoum, se sont sacrifiés et ont vaincu un membre de l’OTAN. Il nous appartient désormais de poursuivre le combat autrement, et de laisser la France là où elle est : ses propres préoccupations lui suffisent amplement.
Un pays devient fort si les citoyens bossent, se sacrifient pour leur pays.
Un pays devient faible si les citoyens volent, pillent les richesses, fuient l’impôt, cassent, brulent, profitent des aides sociales ou commettent des méfaits ou des faits divers à profusion.
Or, de nos jours, les Etats dans le monde recherchent de trés bons citoyens qui apportent des plus values au pays.