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Pourquoi Benyamin Netanyahou se précipite-t-il encore à Washington ?

Une contribution d’Ali Akika – La dernière visite de Netanyahou remonte au 28 décembre 2025, alors que Trump était occupé à la création de son «conseil de la paix» à Gaza et à la préparation de «l’exploit» de l’enlèvement du président du Venezuela par ses cow-boys, qui avaient plongé le pays dans le noir et le silence ; facile d’être téméraire quand on est seul sur un ring !

Le lendemain, Netanyahou repartit moins inquiet, car Trump l’avait rassuré qu’il présiderait ledit «conseil de la paix», qui remplacerait dans un futur proche l’ONU, cible et bête noire d’Israël. Moins inquiet parce que son ami Trump a dû le mettre dans la confidence de sa prochaine attaque de l’Iran début janvier.

Pourquoi donc se précipiter à la Maison-Blanche alors que les Etats-Unis ont déployé une armada à quelques encablures de l’Iran ? Devant le temps qui s’écoulait, le silence de Trump et ses hésitations à faire tonner la bonne et vieille canonnière de jadis, les castes des doctes «experts» étaient divisées sur la nature des hésitations du président américain.

Est-ce la «faute» à la lourdeur de la logistique américaine, qui nécessite du temps pour être prête au combat ? Est-ce le secret désir de Trump de faire capituler l’Iran sans combattre et gagner le titre du meilleur élève de Sun Tzu, à défaut d’être le Nobel de la paix ?

Toutes ces spéculations et autres balivernes n’intéressent pas Netanyahou, car il a des services secrets qui le renseignent à la fois sur l’état des rapports de force entre l’Iran et ses ennemis et sur l’état d’esprit des décideurs politiques des deux camps.

Nous sommes donc, avec l’Iran et les Etats-Unis, dans le registre «de la guerre comme la continuation de la politique» selon Clausewitz, avec une petite note en bas du rapport sur l’identité de celui qui a le doigt sur la gâchette, comme l’a rappelé le chef d’état-major de l’armée iranienne.

Entouré de ses meilleurs conseillers, Netanyahou a une opinion sur le rapport entre le politique et le militaire. Sauf qu’il a des doutes sur ces Américains dont il se vante de bien les connaître et de savoir obtenir d’eux beaucoup de choses.

Et le doute qui taraude Netanyahou, c’est ce temps qui est compté pour les Américains, alors que, pour les Iraniens, il est un facteur invisible avec ses mille et un tours durant son écoulement.

Bref, l’Américain est un joueur de poker, alors que l’Iranien, enfant de son histoire et de son antique civilisation, choisit la patience, une qualité qui fonctionne en harmonie avec le temps, qui devient un allié et non une contrainte.

Chez l’un comme chez l’autre, nous sommes là dans un rapport des sociétés enfantées par l’anthropologie qui façonne leur histoire…

L’art de la supériorité de la défense sur l’attaque

Quand on écoute attentivement le vocabulaire utilisé par Trump, on est frappé par l’agressivité des mots et l’arrogance des adjectifs. L’attaquant compense la pauvreté de la pensée par des superlatifs : armada, des armes magnifiques, meilleure armée du monde ; les Iraniens ont intérêt à s’exécuter, sinon, etc.

Le défenseur iranien, lui, est à la fois diplomate et guerrier, dit-il : nous sommes chez nous et nous savons où sont vos bases chez nos voisins, etc.

La traduction de l’art de la guerre chez les deux acteurs reflète leur vision du monde, symbolisée par l’identité et l’utilisation de leur arme : le porte-avions pour les Américains et le couple missile/drone pour les Iraniens.

Le porte-avions

Il est la vitrine de la puissance qui se projette à l’extérieur pour frapper l’ennemi chez lui. Il est facile de deviner la nature des intentions de l’envahisseur et la résistance de l’agressé. Et c’est cette résistance qui dessine le destin de l’envahisseur, comme en témoigne l’histoire.

Même Alexandre le Grand a été finalement avalé par une de ses conquêtes et n’est pas rentré chez lui pour y mourir au milieu des siens. On a beau être puissant et expansionniste, la puissance finit par décliner et s’incliner devant l’intelligence et le courage de la résistance.

Ainsi, le porte-avions comme épée a perdu de sa superbe face au bouclier d’acier et d’électronique appelé missile, qui se transforme en épée et, tel un aigle, surprend sa proie.

Le premier pays qui a cessé de fabriquer à nouveau des porte-avions, emblèmes de la puissance et de l’attaque, est la Russie. Elle a renoncé au porte-avions, car elle n’a point besoin de se projeter à l’extérieur pour des objectifs de conquête et d’occuper des territoires.

Pays-continent, euro-asiatique et même «américain», avec frontière avec l’Alaska mais aussi à travers l’Arctique allégrement traversée grâce à ses navires brise-glace. Bref, la Russie a remplacé le porte-avions par des sous-marins indétectables dans les profondeurs des océans et capables de toucher l’ennemi aux quatre coins de la planète sans que ses missiles soient interceptés.

Missiles et drones

L’art de la guerre s’est enrichi avec de telles armes, qui sont à la fois épée et bouclier. Le monde a découvert avec étonnement l’apparition de ces armes efficaces et moins chères dans la guerre en Ukraine.

Voilà pourquoi Israël s’inquiète, et les origines de cette inquiétude sont multiples. Son armée connaît le lourd bilan subi lors de la guerre de juin 2025. Elle ne peut donc pas se mentir et elle sait aussi que l’Iran ne bluffe pas sur la capacité et la précision de ses missiles.

Voilà pourquoi Netanyahou court voir son ami Trump ce mercredi 10 février dans le but de lui faire comprendre la peur qu’il ressent face à la menace des missiles iraniens.

Car, pour Israël, le nucléaire est potentiellement très dangereux à l’avenir et peut donc attendre pour imposer une solution qui sied à nos deux pays, dira-t-il à Trump.

La place du nucléaire et des missiles dans l’agenda des négociations entre Iraniens et Américains ne satisfait pas Netanyahou et, d’après la presse israélienne, ce dernier est prêt à attaquer seul l’Iran si Trump fait la sourde oreille à son interlocuteur.

Attendons pour voir quelle sera la «victime» des négociations entre Iraniens et Américains : nucléaire ou missile. La balance semble pencher en faveur de Trump, qui imposera son choix face à un Netanyahou qui est passé en quelques semaines d’un non à l’attaque de l’Iran à aujourd’hui une éventuelle attaque en solo.

Le temps

Quelles que soient les armes et les forces utilisées, le maître des horloges dans la guerre est le temps, surveillé comme le lait sur le feu par les états-majors des armées et la finance de Wall Street.

Pour des raisons politiques et de stratégie militaire, ni Israël ni les Etats-Unis n’ont envie de s’embourber dans un conflit long avec l’Iran. Ce pays a un atout maître chez lui : il contrôle le détroit d’Ormuz et, à la moindre erreur dans la conduite de la guerre, le pétrole flambera sur les places financières du monde entier.

L’Iran, en plus de ses missiles, utilisera l’arme redoutable du pétrole pour ne pas connaître le sort de l’Irak et de la Libye, qui ont été bernés et bercés faute de n’avoir pas vécu dans la gueule du loup, comme dirait Kateb Yacine.

En guise de spéculation, il y a quelque chose d’enfantin dans les sociétés repues de certitudes, incapables de se regarder dans le miroir de leurs petits mensonges sur les événements, habituées à la jouissance du même spectacle pathétique décrivant la réalité de manière décousue et teintée du péché peu ragoûtant de ramener tout à leurs «valeurs» qui seraient le stade suprême et indépassable de la civilisation…

Les résultats de la visite de Netanyahou à Washington vont-ils calmer les inquiétudes du visiteur du soir de la Maison-Blanche ? Triomphe de la diplomatie sur la guerre ou l’inverse ?

Ce dont sont sûrs les observateurs qui récoltent leurs infos ailleurs que dans les fabriques de la désinformation, ce n’est pas l’Iran qui déclenchera la guerre, car il n’a aucun intérêt à le faire pour des raisons évidentes.

C’est évident aussi que l’Iran ne capitulera pas, car il utilisera ses atouts, qui ne sont pas négligeables. Quant aux Etats-Unis, ils finiront par rencontrer leur propre limite de la puissance militaire !

Il reste à leurs affidés de mettre leurs «églises» au centre de l’histoire et de se servir de l’outil politique comme boussole et non de la cloche du spectacle, qui les invite à rejoindre leur place, toujours la même, pour le même spectacle de petits mensonges et de gros préjugés.

Au moment où je termine cet article, Trump est passé à une énième obsession : asphyxier Cuba et envoyer un deuxième porte-avions dans le Golfe. Le triste spectacle continue !

A. A.

7 Commentaires

  1. Le Guignol s agite comme le gamin a qui on a refusé la sucette . Les chefs militaires US ne sont pas prêt à suivre ce Dr Folamour d autant plus qu ils sont convaincus que c est une marionnette Cupide qui Vendra l Amérique pour quelques Dollars …….de Plus !!

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  2. « (…) facile d’être téméraire quand on est seul sur un ring ! »

    La témérité veut voler avant même d’avoir des ailes. Au sol, elle aime faire des dessins d’un avion s’apprêtant à décoller. Une fois en l’air, elle aime se donner en spectacle. Faire son show.
    La témérité se croit au-dessus des autres. C’est celle qui ose quand on la reconnait.

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  3. Pour l’instant, c’est lui le vrai patron. À lui seul, il met une raclée à tous ces pseudo-pays voisins. Entre eux, ils sortent les armes et jouent les durs, mais face au Téméraire, ils ne font plus les malins.
    Oui, la témérité mérite un Oscar, parce que quand tu es téméraire et que tu arrives à maintenir l’ordre dans un environnement chaotique, il faut vraiment l’être.

    On vit dans un monde où Dieu passe au second plan. Si tu joues les pèlerins mais que tu te couches face au Téméraire, alors inutile de faire le pieux : soit tu assumes ce que tu es, soit tu restes fidèle à tes principes. Voilà la témérité à grande échelle : un monde où beaucoup se vendent en secret tout en affichant une façade vertueuse

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  4. Salam Alaykoum
    Les chefs d  » orchestres » avaient engendré le Génocide l un des plus terribles de notre Époque ,
    des initiateurs du Génocide furent ben Giv et Benyamin, cependant
    ben Giv avec sa Police SS continue ses Exécutions sommaires envers la communauté arabe au vu et au su de Tous sans mesure de Protection contre ce HAINEUX usant de son Pouvoir et de sa force sans aucune once de remords ou d d’inquiétudes… .
    la Radicalisation Sioniste Mondiale est un DANGER pour l HUMANITÉ….
    Ils ont oeuvré et poursuivent leurs but
    l extinction de la civilisation se fera par la civilisation comme l avait annoncé le Prophète Sallah Alayhi wa Salam , nous ajoutons
    A CAUSE du DOGME : -SIONISTE…
    Le QG du diable est sur terre …
    Mais les Plans sont à Allah …….

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  5. à sa descente d’avion à Washington, il a dit ceci

    Netanyahou :

    Je viens de conclure une visite courte mais importante à Washington, où j’ai eu une conversation avec notre grand ami, Trump.

    Je crois que les circonstances qu’ils créent, associées au fait qu’ils se rendent certainement compte qu’ils ont commis une erreur la dernière fois en ne parvenant pas à un accord, peuvent créer les conditions nécessaires à la conclusion d’un bon accord.

    Il voulait connaître mon avis. Et je ne vous cacherai pas que j’ai exprimé des doutes généraux quant à la qualité de tout accord avec l’Iran.

    Mais j’ai dit que si un accord est effectivement conclu, il doit inclure les éléments qui sont très importants pour nous, du point de vue d’Israël, et à mon avis, pas seulement du point de vue d’Israël.

    Il ne s’agit pas seulement de la question nucléaire ; cela inclut également les missiles balistiques et les groupes affiliés à l’Iran.
    —–
    Il vient aussi, quand il est à court d’argent pour payer ses soldats ou les charges de ses enfants qui vivent en Californie USA par le biais des virements mensuels de l’American Israel Public Affairs Committee ( APAIC) sioniste qui lui vire des millions de dollars us ..

    PS:
    J’ai subi la tempête Nils des vents violents qui ont fait tomber des dizaines d’arbres chez nous et chez mes sœurs le mimosatier j’ai eu très peur, mais Hamdoullah c’est fini ce matin.
    Bonne journée portez-vous, je reste sensible à vos articles..

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