La compagnie Royal Air Maroc a annoncé la suspension de plusieurs liaisons internationales dans un contexte marqué par la hausse brutale des prix du carburant aérien et les tensions géopolitiques au Moyen-Orient. Cette décision illustre les difficultés croissantes auxquelles fait face le très fragile secteur aérien marocain, confronté à l’envolée des coûts énergétiques et à une baisse de la demande sur certaines destinations.
La crise énergétique provoquée notamment par les tensions autour du détroit d’Ormuz a entraîné une forte augmentation du prix du kérosène. Le coût du carburant aérien a atteint près de 187 dollars, contre 70 à 90 dollars auparavant. Une évolution qui pèse lourdement sur les finances de ce transporteur aérien propriété, comme tout le reste, de la famille régnante.
Les suspensions concernent plusieurs lignes reliant Marrakech à Marseille, Lyon, Bordeaux et Bruxelles, ainsi que des vols entre Casablanca et certaines destinations africaines. Plusieurs lignes entre Tanger et Barcelone sont également touchées.
Si la compagnie tente de minimiser la gravité de la situation en indiquant que cette mesure «est provisoire», elle ne fixe toutefois aucun calendrier précis pour une reprise des vols. Les réservations vers certaines destinations suspendues ne sont déjà plus disponibles. Royal Air Maroc admet ne plus être en mesure d’assurer un fonctionnement normal, en usant d’euphémismes pour essayer de minimiser l’impact sur la société qui est à deux doigts de la faillite, d’autant qu’un net recul de la demande sur de nombreuses lignes est constaté.
Le contexte économique marocain accentue également les inquiétudes. En avril 2026, le taux d’inflation annuel au Maroc a atteint son niveau le plus élevé depuis février 2025. Le secteur des transports figure parmi les plus touchés, avec une hausse exponentielle des coûts sur un an. Cette pression inflationniste a des conséquences directes sur le prix des billets d’avion et sur la mobilité des voyageurs, privant ainsi le Maroc de sa première ressource, à savoir le tourisme et le renflouement des caisses du Makhzen avec l’argent des émigrés.
Cette situation met en lumière les différences structurelles entre les pays du Maghreb face aux crises énergétiques. Contrairement au Maroc, fortement dépendant des importations énergétiques, l’Algérie dispose d’importantes ressources en hydrocarbures qui empêchent Air Algérie d’être touchée par ces bouleversements. La compagnie nationale bénéficiant de marges de manœuvre plus importantes pour amortir les fluctuations du prix mondial du kérosène et préserver davantage la stabilité de ses dessertes aériennes.
A. S.



Il faut arrêter de faire systématiquement un parallèle entre le royaume enchanté et notre pays. Comparaison n’est pas raison.
Compagnie Air Babouin & Hashish