Une contribution de Ferid Racim Chikhi – L’immigration algérienne en France constitue un phénomène unique dans l’histoire contemporaine européenne. Loin d’être une migration économique classique, elle s’inscrit dans une trajectoire longue, façonnée par la colonisation, les guerres mondiales, les besoins industriels du XXe siècle et les recompositions identitaires post indépendances.
Le nombre d’immigrants Algériens en France frise l’extravagance. Les indicateurs démographiques ne précisent pas les statuts des uns et des autres au point d’atteindre les 6 à 8 millions de personnes natives d’Algérie et leurs descendants de seconde et troisième générations. Pour ne pas se perdre dans les méandres des statistiques, la présente note de conjoncture se concentre volontairement sur les anciens combattants algériens des deux guerres mondiales, les travailleurs immigrés de l’après‑guerre, leurs descendants directs et les nouvelles migrations récentes – soit environ 2,8 millions de personnes auxquels s’ajoutent quelques 650 000 ressortissants algériens titulaires d’un titre de séjour (2024‑2025)
Sont exclus volontairement les harkis et leurs descendants, les pieds-noirs, ainsi que les binationaux nés en France, afin de préserver une cohérence socio-historique centrée sur la trajectoire migratoire directe sud‑nord.
Une immigration indissociable de l’histoire coloniale
La présence algérienne en France ne peut être comprise sans la relation historique qui unit les deux pays. Elle s’inscrit dans une continuité marquée par 132 ans de colonisation, la participation massive des Algériens aux deux guerres mondiales, les migrations professionnelles du XXe siècle, l’indépendance de 1962, et les recompositions sociales et politiques qui ont suivi. Cette continuité historique distingue profondément l’immigration algérienne des autres flux migratoires, plus récents ou strictement économiques.
Un contexte politique français sous tension
Depuis une décennie, la France qui connaît une montée de la droite républicaine et de l’extrême-droite revanchardes a replacé la question algérienne au cœur du débat public. Les plateaux télévisés et radios proches de la droite nationaliste alimentent régulièrement une focalisation sur les populations issues de l’immigration algérienne, souvent à travers des amalgames et des lectures mémorielles sélectives. A l’approche de l’élection présidentielle de 2027, cette instrumentalisation politique s’intensifie.
Un détour comparatif : le modèle canadien
Au Canada, la présence algérienne est récente et numériquement limitée : environ 74 000 personnes, dont 60 000 au Québec et environ 54 000 concentrés dans la région métropolitaine de Montréal. Cette immigration repose sur des critères de sélection économique et linguistique, favorisant des profils qualifiés. Les Algériens y occupent des secteurs variés – administration, entrepreneuriat, ingénierie, santé, recherche et enseignement supérieur, technologies – et bénéficient d’une insertion professionnelle facilitée par la maîtrise du français. Cependant, leur intégration socioculturelle peut être freinée par la force des liens culturels entretenus avec l’Algérie, notamment à travers des traditions communautaristes et familiales ainsi que des réseaux transnationaux. Ce modèle contraste fortement avec celui de la France, où l’histoire coloniale structure durablement les trajectoires sociales.
Une question centrale : migration, héritage colonial ou rapport Nord‑Sud ?
La position sociale et symbolique des populations algériennes en France peut être éclairée par trois hypothèses complémentaires :
1) La continuité coloniale dans l’imaginaire français : la mémoire coloniale française et la mémoire indépendantiste algérienne demeurent profondément dissymétriques. Cette asymétrie nourrit encore certaines hiérarchies symboliques et influence les représentations sociales.
2) Une segmentation socio‑économique héritée de l’ère industrielle : l’intégration professionnelle des Algériens s’est construite dans les secteurs les plus pénibles : mines, industrie lourde, bâtiment, automobile. Cette spécialisation a durablement structuré leur position sociale, le poids de la mémoire collective, la mémoire de la colonisation et de la guerre d’Indépendance continue d’influencer les perceptions politiques et médiatiques. Elle distingue l’immigration algérienne des autres migrations et alimente périodiquement des tensions mémorielles.
3) Les fondations historiques : combattre pour une citoyenneté refusée au lendemain de la participation massive des Algériens aux deux guerres mondiales constitue un moment fondateur. Elle a favorisé une politisation progressive, une circulation sociale entre colonie et métropole, et une prise de conscience de la contradiction entre le sacrifice militaire et l’absence de citoyenneté pleine. Cette expérience a renforcé la légitimité des revendications nationalistes et contribué à l’émergence d’une conscience nationale moderne.
4) La formation d’une classe ouvrière algérienne : après 1920, de nombreux anciens combattants restés en France rejoignent les mines et les travaux publics. Après 1945 puis 1962, l’immigration algérienne répond aux besoins de l’industrie française.
Globalement, les conditions de vie sont difficiles : logements collectifs, isolement familial, faible capital scolaire. Un multiculturalisme de fait se développe, ignoré et même encouragé par les pouvoirs publics, s’accompagne d’une ségrégation résidentielle durable.
La mobilité sociale et les limites persistantes, les générations suivantes connaissent une mobilité sociale réelle avec l’accès croissant à l’enseignement supérieur, la présence accrue dans les classes moyennes, l’émergence dans les secteurs culturels et entrepreneuriaux. Toutefois, des inégalités demeurent et sont visibles dans la discrimination à l’embauche, la ségrégation résidentielle partielle, la faible transmission patrimoniale.
La mémoire comme enjeu politique
Depuis les années 1990, les débats publics ont progressivement glissé d’une focalisation sur les «Maghrébins» à une lecture centrée sur les «musulmans», puis spécifiquement sur les Algériens.
En France, la mémoire joue un rôle structurant, elle est souvent implicite ou conflictuelle. En Algérie, elle relève d’une logique de reconnaissance historique. Les représentations médiatiques, souvent centrées sur les faits divers, alimentent des amalgames qui finissent par se discréditer eux‑mêmes.
Une géopolitique de l’intime et du ressentiment
A la veille des élections présidentielles en France (2027), la droite et l’extrême-droite sont sur les starting blocks. Leurs extrémistes rêvent de l’Elysée pour jeter à la Méditerranée tous les Algériens. C’est là que la politique migratoire et la relation avec l’Algérie constituent pour ce courant majoritaire une véritable épreuve de vérité.
Enfin, trois logiques interdépendantes scellent aujourd’hui la singularité de la présence algérienne en France, la distinguant de tout autre flux migratoire. D’abord, l’héritage historique asymétrique. La relation franco-algérienne n’est pas une simple relation d’Etat à Etat, mais une «relation piégée» par 132 ans de colonisation. Les représentations mutuelles restent prisonnières d’un passé qui ne «passe» pas, où chaque fait divers en France ou chaque décision diplomatique à Alger réveille des traumatismes mémoriels profonds.
C’est, ensuite, la continuité migratoire comme pont politique. Contrairement au modèle canadien de sélection économique, l’immigration algérienne en France repose sur une législation qui a notamment profité à la France, des réseaux familiaux et une proximité linguistique et culturelle historique. Cette circulation humaine fait de l’immigration algérienne un acteur géopolitique capable d’influencer les débats internes des deux rives.
F. R.-C.
Analyste senior, conjoncture




Je me rappelle que durant la décennie noire beaucoup d’illégaux marocains se faisaient passer pour algériens pour obtenir plus facilement un titre de séjour. Le peuple le plus malhonnête au monde.
Monsieur fahim comment les marocains font ils pour avoir le passeport algériens?on sait tous que pour avoir une carte de séjour faut présenter le passeport. Explique nous comment ils l’ont falsifié ?
Brahms, ces clandos n’ont pas présenté leurs passeports. Ils n’ont fait qu’inventer un récit où ils se présentaient comme des personnes persécutées. Mais on sait tous que la majorité ne viennent uniquement que pour des raisons économiques.
Le refus systématique des OQTF ne facilite pas l’amélioration des relations entre nos deux pays
Tu t’es perdu toi, retourne ta zriba qu’ils ont choisi de nommer Maroc pour créer un cadre à ton sultan fait roi.
Le texte présente une incohérence majeure dans sa construction statistique et conceptuelle. D’une part, le total de 2,8 millions de personnes inclut les anciens combattants, les travailleurs immigrés, leurs descendants et les migrations récentes. Or, l’ajout séparé de 650 000 titulaires d’un titre de séjour risque un double comptage manifeste, puisque ces individus relèvent déjà des migrations récentes.
D’autre part, la volonté d’exclure les binationaux nés en France tout en incluant les descendants directs crée une contradiction conceptuelle. Une proportion importante des descendants directs possède la double nationalité ou est née en France, ce qui rend l’exclusion juridico-légale incohérente avec le critère historique et identitaire annoncé.
Ces ambiguïtés fragilisent la rigueur de l’analyse et peuvent conduire à une surestimation artificielle du phénomène migratoire, compromettant la crédibilité de toute conclusion fondée sur ces chiffres.
A mon avis voue êtes dans l’émotion et pas dans le raisonnement.
L’auteur ne délégitime pas les natifs de France mais souligne une différence de taille entre les statuts et particulièrement ceux des Franco Algériens et ceux des Algéro-Français. Cette analyse a une profondeur à la fois politique et sociologique, et pour cause :
Sans réduire la portée de votre commentaire, il me semble que vous avez lu le texte en diagonale ce qui réduit la portée de sa compréhension.
L’auteur de cette analyse décrit parfaitement la cible sachant pertinemment qu’en France les indicateurs démographiques sont biaisés vu que les statistiques officielles ne mesurent généralement que les personnes nées en Algérie ou les ressortissants algériens, mais pas selon des catégories politiques ou historiques (harkis, pieds-noirs.
J’ai fait ma petite recherche et voici ce que cela donne en termes d’indicateurs
Chiffres globaux disponibles (base de départ), environ 892 000 personnes nées en Algérie vivaient en France vers 2023. 1,6 million de personnes d’origine algérienne (avec descendants) selon certaines estimations démographiques. Certaines estimations élargies parlent d’au moins 2,7 millions pour la diaspora algérienne totale (immigrés + descendants). Environ 650 000 ressortissants algériens titulaires d’un titre de séjour fin 2024-2025.
M. Ferid dit avoir exclu volontairement certains groupes et pour cause les statuts dont ils bénéficient le permettent et il n’y a donc pas d’erreur conceptuelle. Il faut retenir que les harkis + descendants, les binationaux natifs de France, pieds-noirs et probablement des Français d’origine algérienne nés en France. Il est vrai que selon les références non citées il n’y a aucune statistique publique qui croise ces critères ; son raisonnement est approximatif et logique.
Ce que nous propose cette réflexion c’est qu’elle retient les immigrés algériens, les non naturalisés, les non binationaux et hors groupes historiques coloniaux
D’où le chiffre ressortissants algériens titulaires de séjour soit sensiblement 650 000 personnes (ordre de grandeur 2024-2025)
Et que pensez-vous de ces indicateurs qui disent qu’il ya entre 6millions et 8 millions d’Algériens en France ? C’est une donnée manipulée par les offices françaises et alliées pour taper sur l’Algérien tout court… ? Vous qui êtes, à l’évidence Franco Algérien, il faut peut-être demander à Raitalieau, Moussa D, Drien… Bordela et Cie, leurs lectures…
Aller, sans rancune… C’est juste un débat, on peut ne pas être d’accord ou être en accord mais mieux vaut éviter les appréciations à fleur de peau…
Avancer le chiffre extraordinaire de 6 à 8 millions d’algériens en france natives d’Algérie et leurs descendants des deuxième et troisième générations, alors que les statistiques ethniques y sont en principe interdites !
Vous n’avez pas compris le sens de l’article ? Il s’agit d’une délégitimation de l’algérianité des jeunes Algériens d’origine, nés en France de parents venus notamment dans les années 50 et 60.
Car elle — ou il — ne les prend pas en compte. Pourtant, auparavant, l’auteur parle des immigrés venus après-guerre et de leurs descendants, donc de nous. Mais non, pour cet analyste diplômé, Mikey Maousse, nous ne serions pas Algériens.
C’est comme ceux qui affirment que Nezzar et les autres seraient des agents français sous prétexte qu’ils ont servi dans l’armée française. Alors que le général Nezzar, Allah yarhamou, est monté au maquis en 1958, à une époque où l’on était presque certain de recevoir une balle tant le plan Challe était dévastateur.
Mais pour les bourricots , le général — Allah yarhamou — serait resté français, vous comprenez.
(…)
Merci pour ces précisions ô combien utiles Anouar Macta. De toute façon, les jaloux et les haineux qui sont affectés par une troublante algérophobie obsessionnelle ne pourront jamais s’empêcher de diffamer. C’est inscrit dans leurs gènes de sales bâtards.
Bonne journée à vous.
Excellent DEBAT & SUJET! Il confirme « La Marche de l`Histoire » & « La Caravane passe & les Chiens aboient »! Merci!
Abraham FUT « le 1er » Immigré á la recherche de New Paturages…Avant qu´Israel Post-45 en fasse « Peuple Elu » & « Satan`s Trickery » pour VOLER & DOMINER!
Maghreb, Chine, Mexique & Turquie ont PROFITÈ de LEURS IMMIGRES en France, USA, & Germany! Vice Versa FRANCA, Berlin & USA ont AUSSI profité de leur Main d´Oeuvre Bon Marché qui BATIT ces pays lá ou « l´Indigene » ne travaille pas!
– L´Economie EXIGEN 1 New Main d´Oeuvre á EXPLOITER!
– « Boulitic » & DEMAGOGIE qui VOIT les problemes et les FUIT exigent d´INSULTER
l´ »Etranger » qui les NOURRIT ! Actuellement DZ a des « Immigres » aux Chantiers ou DZien ne VEUT PAS travailler!
La Singularite de DZien en France? 1 Guerre! Pour le Turc, c´ est l`Opposé!
Ankara fut l´ALLIÈE de Germany les 2 G.M. Berlin l´OUBLIE car son « His..Story » MILLENAIRE n´est PLUS que 13 ans d´Hitler, HOLOCAUSTE & PLEURER á l´Infini!
Vietnam-USA est un peu Cuba-USA? C´est le « Harki » du Vietnam & Cuba qui FUIT aux USA! Dans ce sens l´ALGERIEN de FRANCE RENFORCA le FIL REVOLUTIONNAIRE-1789 de Franca!
Par contre le « Juif Russe » des USA & Germany a NOURRI le FIL REACTIONNAIRE de ses pays par son ADHESION au « Projet Sioniste » En Germany il « Chassa » le Juif Allemand des Associations Juives qu´il a DAVANTAGE POLARISEES!!
« Dans ce sens l´ALGERIEN de FRANCE RENFORCA le FIL REVOLUTIONNAIRE-1789 de Franca! »
N’importe quoi, du grand n’importe quoi !
Si vous saviez ce qu’a en réalité été la soit disant « révolution française » vous ne diriez pas cette énormité d’une telle stupidité, insultante pour les Algériens qui plus est.
Notre Révolution Algérienne fût une véritable révolution populaire contrairement à ce qui est communément connu sous le nom de « révolution française ».
Nous sommes un peuple véritablement révolutionnaire, contrairement au Français qui ont été maté. Les Vendéens en sont un bon exemple. Comment croyiez-vous qu’ils parlent tous le français, abandonnant quasiment leurs langues qu’ils qualifient de régionales de nos jours.
Et nous sommes descendants de Numides pas de Gaulois. Nous avons notre ascendance et ils ont la leur.
Alors arrêtez de nous mélangez à eux, c’est insupportable.
La reconnaissance des mémoires collectives et Historique mènerait vers une respectabilité , de la Nation ( France) vis à vis d elle même tout d abord et envers le monde – pour le moment cette nation n a pas encore atteint ce niveau – de Respectabilité et d immense responsabilité , c est à dire d assumer pleinement ces Actes.
( Entre parenthèse : en recommandation , si vous voulez rester anonyme sur ce site ,
n intégrez pas vos mails avant de poster vos commentaires, ainsi personne ne saura qui vous êtes, si vous donnez vos mails… c est trop tard pour vous )
Je fais une recommandation fi sabililAh .
Salam Alaykoum
e viens de prendre connaissance de cet article par un lecteur d’AP, après une lecture et une relecture je conviens qu’il est dense, prospectif et offre des pistes de recherches nouvelles. J’aime bien.
De ma lecture j’en conviens qu’iIl est possible que les chiffres avancés sont discutables mais je pense que l’objectif de l’auteur n’est certainement pas de produire une statistique officielle, mais de délimiter un groupe socio historique précis : les immigrés algériens et leurs descendants dans une trajectoire migratoire directe sud nord. Malgré le fait que ce choix soit discutable, il sert la démonstration de M. Chikhi
J’aime bien l’idée de la géopolitique de l’Intime : La diaspora comme acteur transnationale parce qu’elle influence les débats politiques des deux pays, la relation franco algérienne est piégée par l’histoire. Chaque fait divers réactive des traumatismes. Cette idée est intéressante : elle montre que l’immigration n’est pas seulement un phénomène social mais aussi un enjeu géopolitique
M. Chikhi, met de l’avant 4 hypothèses explicatives et une grille de lecture cohérente : La continuité coloniale dans l’imaginaire français – asymétrie mémorielle et hiérarchies symbolique. Il segmente les groupes selon l’ère industrielles avec une concentration dans les métiers pénibles, la reproduction sociale. Il aborde succinctement le rôle fondateur des guerres mondiales avec la participation massive des Algériens sans pleine citoyenneté et leur politisations, la formation d’une classe ouvrière algérienne en France dans les mines, le BTP, l’industrie automobile. Ces 4 axes sont cohérents avec les travaux de sociologie historique entre autres de Sayad, Noiriel et Todd
L’auteur de cette réflexion met en perspective aussi bien l’histoire que la sociologie politique. Il met en relief les tensions mémorielle et fait un comparaison internationale pertinente. À l’article suivant.
Au delà de l Algerophobie ambiante sur la scène politique,
Nous assistons également à un phénomène d antisémitisme envers les Arabes en france , les « garants » du pouvoir ont créé un phénomène d appropriation : du mot antisémitisme, alors qu ils ne détiennent aucun ADN appartenant à la lignée des sémites. Ce mensonge Mondial accaparant ce Mot (antisémitisme) dans toute son exclusivité aux ashkénazes – khazars –
Pourquoi en France où dans le monde ce mot n est pas usité en exclusivité aux Vrais sémites ?
C est à dire les Arabes
« S il n y a pas de lutte pour les Vérités , les mensonges prendront toujours le dessus
Les tenants de France sont entrain de préparer » Jordy » bardalla à la présidence, ce marmot ou plutôt ce parvenu après avoir fait son fameux « pèlerinage » là où il fallait , ainsi même s il ne dispose pas de compétences intellectuelle – il n avait pas eu son bac qu importe : l Esprit de France est souillé depuis belle lurette