Par Abdelkader S. – La France officielle a troqué le rôle d’alliée contre celui de sanctuaire pour des éléments que tout Etat digne considère comme indésirables. Dans les années 1990, alors que l’Algérie traversait l’une des périodes les plus sombres de son histoire, la France est devenue le refuge des extrémistes religieux ayant semé la terreur sur le sol algérien. Aujourd’hui, la situation prend une tournure tout aussi troublante, si bien que des responsables algériens poursuivis pour corruption trouvent un havre de paix de l’autre côté de la Méditerranée.
Cette constance dans l’attitude française n’est pas anodine. Elle traduit un mépris renouvelé pour la souveraineté algérienne et pour les efforts que le pays déploie afin de sécuriser et de développer ses institutions. Alors que des voix en France tentent d’amorcer un dégel dans les relations bilatérales, des actions et des silences officiels viennent systématiquement contrecarrer ces initiatives. L’affaire des fonds détournés, avec 61 demandes d’entraide judiciaire restées sans réponse, illustre parfaitement cette obstination à maintenir une posture inamicale.
La récente sortie du procureur national antiterroriste français, qui a évoqué l’Algérie de manière «imprudente et infondée», ne fait qu’enfoncer le clou. Au lieu de consolider la confiance, elle alimente la défiance et éloigne encore toute perspective de rapprochement. Il ne s’agit plus de malentendus diplomatiques ou d’erreurs de communication isolées, mais bel et bien d’une tendance qui, si elle persiste, figera durablement les relations entre les deux pays.
Pour l’Algérie, la leçon est claire. La sécurité, le développement et la justice ne peuvent dépendre de la bonne volonté d’un partenaire hostile. Pour la France, la question se pose avec acuité : jusqu’où compte-t-elle laisser son territoire servir de refuge à ceux qui ont défié la loi et le peuple algérien ? Tant que cette posture perdurera, toute tentative de rapprochement restera vaine, et les liens entre les deux rives de la Méditerranée, gravement entamés, continueront de se heurter à la réalité d’une hostilité aussi violente que persistante.A. S.


