Une contribution de Hocine-Nasser Bouabsa – Donald Trump a séjourné en Chine entre le 13 et le 15 mai courant. Les images et vidéos couvrant sa visite et retransmises par les chaînes de télévision sont choquantes. Elles montrent un président états-unien faible, soumis et implorant la bienveillance de ses hôtes chinois. Les spécialistes du langage corporel et les experts en géopolitique sont unanimes à détecter les signes marquants d’une transformation dans la posture des Etats-Unis. Certains parlent de la fin de l’hégémonie américaine ou même de la chute de l’empire états-unien. C’est l’objet de mon article diffusé en deux parties : la première est un rappel de fondamentaux et d’histoire. La seconde est consacrée spécifiquement à la situation qui s’est cristallisée depuis le 28 février 2026, jour de l’agression israélo-américaine contre l’Iran.
La naissance et la disparition des empires et des nations
Le cycle de vie des empires et des nations est un sujet thématisé depuis des dizaines de siècles, entre autres dans le Coran et dans l’Ancien Testament (Torah, Livre de Daniel). Ibn Khaldoun l’a davantage théorisé et détaillé au XIVe siècle dans sa Muka’dima (Prolégomènes). C’est donc une logique naturelle, constante et inébranlable qui organise la montée et la descente des civilisations humaines depuis la création de l’Homme. L’instrument principal de cette logique est, selon le grand penseur et sociologue maghrébin, la désintégration endogène qui réduit la cohésion sociétale, affaiblit l’auto-immunité et les capacités de défense dans les guerres contre les concurrents et agresseurs externes. Généralement, les empires naissent ou disparaissent respectivement après une victoire ou une défaite militaire de grande ampleur. Ce phénomène est présent depuis l’Antiquité, en passant par le Moyen-âge et jusqu’à la fin du XXe siècle.
C’est ce qui s’est passé en 1945 avec la chute du régime criminel nazi. Ce sont, en effet, les deux forces majeures qui l’ont défait qui prirent le contrôle du monde. D’une part, les Etats-Unis d’Amérique en Occident, comme héritiers de l’empire capitaliste britannique. D’autre part, en Orient, l’Union soviétique qui hérita en 1922 de l’empire russe tsariste et qui fonda, après la révolution bolchevique de 1918, son existence autour de la nouvelle idéologie progressiste et ses déclinaisons : marxisme, communisme ou socialisme. Laquelle révolution, dans un nouvel élan d’amélioration de la condition humaine, rejetait le capitalisme en raison de l’insatiabilité de ses acteurs dominants et de leur indisposition à partager équitablement les bénéfices et plus-values de leurs activités entrepreneuriales avec les ressources humaines qui génèrent ces bénéfices.
Si l’Union soviétique implosa déjà à la fin des années 1980 pour laisser place à la nouvelle Russie – le cœur battant de l’ex-Union soviétique –, les Etats-Unis, quant à eux, monopolisèrent depuis lors et jusqu’à fin février 2026 la suprématie de la force militaire à l’échelle mondiale, même si, depuis le début des années 2010, la Chine et la Russie signalaient périodiquement leur opposition à cette configuration monopolistique de la politique mondiale.
La défaite de l’empire français en Algérie
Avant de revenir au sujet central, en l’occurrence la fin de l’empire états-unien, faisons un détour pour rappeler la fin d’un autre empire, dont les Algériens avaient connu les pires méfaits. Il s’agit de l’empire français. En effet, la France en fut un – avec des hauts et des bas – depuis au moins le XVIe siècle avec sa colonisation d’une grande partie de l’Amérique du Nord, ses guerres européennes et, plus tard, sa colonisation de l’Algérie et de l’Afrique occidentale au XIXe siècle. Mais cette qualification d’empire prendra définitivement fin avec sa défaite en Algérie, qu’elle essaya de conserver par tous les moyens, entre autres en accordant un semblant d’indépendance à ses anciennes possessions africaines, comme le Maroc, la Tunisie, le Mali, le Niger, le Sénégal et beaucoup d’autres, afin de concentrer toutes ces forces militaires en Algérie pour battre les forces nationalistes algériennes organisées sous l’égide de l’Armée et du Front de libération nationale, l’ALN et le FLN.
Mais la volonté du peuple algérien ne lui laissa aucun choix. Le 18 mars 1962, les accords d’Evian sont signés avec des arrière-pensées françaises malsaines évidentes. Néanmoins, ce qui était prévu par les négociateurs français comme un retrait tactique temporaire ou un appât venimeux – le général De Gaulle croyait fermement pouvoir garder l’Algérie sous la tutelle de l’Hexagone pour en faire une base de retour en Afrique – s’avéra, en fin de compte, être le coup fatal. Le pouvoir français sous-estima la résilience et la détermination millénaires du peuple algérien qui resta debout, malgré toutes les manœuvres hostiles et belliqueuses françaises – comme la guerre des Sables en 1963 et l’invasion du Sahara Occidental en 1975 que la France délégua à son vassal alaouite régnant au Maroc, ainsi que le soutien au terrorisme dans les années 1990 – programmées pour affaiblir l’Algérie.
C’est donc en Algérie que la France impérialiste fut battue en 1962. Et c’est là que l’empire français rendit son dernier souffle, provoquant au sein de la société française un psycho-traumatisme collectif aigu, dont les effets sont quotidiennement visibles à travers l’agressivité permanente de la grande majorité de l’establishment politique, étatique et médiatique français contre les Franco-Algériens et les Algériens en France, et globalement contre l’Algérie, que le subconscient collectif français accuse d’être à l’origine de la perte des possessions africaines et donc de la chute de l’empire hexagonal.
Certains pourraient rappeler l’épisode de la soumission française au régime nazi pour argumenter que l’empire français a entamé sa chute dès le 22 juin 1940 avec la capitulation face à la Wehrmacht. C’est un fait. Mais c’est aussi un fait que De Gaulle a continué la résistance et que, ironie de l’histoire, c’est à Alger que le gouvernement français avait transféré son siège pour continuer le combat contre les Allemands. De facto, Alger fut donc la capitale de l’empire français vacillant pendant deux ans.
Cette vue d’angle des relations franco-algériennes est un sujet intéressant qui mériterait plus d’attention de la part de la communauté académique, puisqu’elle pourrait contribuer à expliquer deux positions diamétralement opposées : celle, objective, des Algériens qui furent factuellement victimes du génocide barbare des troupes coloniales françaises, et celle, subjective, des Français qui reprochent aux Algériens d’avoir été, à travers leur combat libérateur, la cause de la chute de la France. L’auteur aurait aimé contribuer à la développer davantage, mais il préfère revenir au vif du sujet résumé par le titre de l’article.
La première défaite de l’empire états-unien
La chute de l’empire américain est un sujet récurrent et controversé. A tel point que le réalisateur Denys Arcand en a fait l’objet d’un thriller sorti en 2018, dans lequel il thématise la désintégration de la société américaine, capitaliste par vocation et consommatrice par excellence. Une telle désintégration s’exprime particulièrement à travers la désolidarisation, l’apathie, l’inertie et l’accommodation sociétales destructrices qui, selon Ibn Khaldoun, sont les ingrédients et détonateurs du déclin de toute nation ou empire. Déjà au début des années 1980, dans un article publié le 10 août 1980, l’hebdomadaire allemand Der Spiegel pronostiquait le déclenchement à terme de la chute de l’empire états-unien. Sa prévision se basait sur les alertes formulées par plusieurs médias américains dominants comme le New York Times, le Washington Post ou encore le Wall Street Journal. Tous s’inquiétaient des conséquences des crises sociétale et économique qui secouaient les Etats-Unis et qui menaçaient massivement la «sécurité nationale des Etats-Unis et leur leadership dans la politique mondiale».
Ces mises en garde n’étaient ni fortuites ni exagérées, mais reflétaient le moral destructif d’un empire qui, lui aussi, venait de subir en 1975 sa première défaite de l’histoire face aux indomptables et courageux Viêt-Cong. La société et l’armée américaines étaient rongées par le doute et la mauvaise conscience que leur causaient leurs propres pertes et celles de leurs victimes : du côté américain, presque 60 000 soldats furent tués et plus de 300 000 blessés. Du côté vietnamien, les chiffres sont apocalyptiques : plus d’un million de combattants communistes et plus de quatre millions de civils trouvèrent la mort. Le nombre de blessés dépassait les 10 millions. L’évacuation précipitée de la capitale du Sud-Vietnam, Saigon, en général, et celle de l’ambassade US dans cette ville, le 30 avril 1975, en particulier, furent pratiquement retransmises en direct à la télévision. De tels événements marquent les esprits de plusieurs générations. L’économie américaine était, elle aussi, ruinée par le coût exorbitant de cette guerre perdue. En effet, on estime ce coût à presque 170 milliards de dollars. Converti en pouvoir d’achat de 2026, ce chiffre pourrait correspondre à plus de 2 000 milliards de dollars.
Et comme si la défaite désastreuse au Vietnam ne suffisait pas, le 4 novembre 1979, le shah d’Iran Pahlavi et principal allié de Washington au Proche-Orient est renversé par la révolution iranienne sous la conduite de l’ayatollah Khomeini. Comme en 1975 à Saigon, l’ambassade US à Téhéran est saccagée par des étudiants iraniens qui prirent cinquante-deux diplomates et civils américains en otage. Une opération militaire américaine de sauvetage nommée «Eagle Claw», menée fin avril 1980 pour secourir ces otages, échoua lamentablement dans le désert iranien, laissant derrière elle morts, équipements sensibles et documents ultra secrets. Aux Etats-Unis, le sentiment collectif de faiblesse, de désespérance et de désorientation est à son zénith.
Le bellicisme comme stratégie de résurrection
Cinq ans après leur défaite au Vietnam, les Etats-Unis sont donc confrontés, en 1980, à une crise morale et économique complexe. C’est dans cet environnement que fut élu Ronald Reagan à la plus haute magistrature des Etats-Unis, le 4 novembre 1980. L’homme avait fait carrière comme acteur à Hollywood. On savait qu’il était un brillant orateur, mais on ignorait, par contre, la véritable feuille de route que l’Etat profond lui avait confiée.
En effet, si, pendant sa campagne présidentielle, il fut surtout question de libéralisme – suppressions des allocations chômage, fin des pensions, dérégulation de tous les secteurs et baisse des impôts de 30% –, Reagan n’aborda jamais avant son investiture l’intention de l’establishment américain de déclencher un nouveau cycle de militarisation des dépenses publiques et de la politique étrangère états-unienne. C’était, en quelque sorte, le protocole thérapeutique élaboré par le deep state (composé du conglomérat banco-financier, du complexe militaro-industriel et de l’establishment des services de sécurité et de l’armée) pour guérir le traumatisme de la défaite au Vietnam et en Iran.
C’est ainsi que naquit ce que les médias nommèrent «la guerre des étoiles» ou Star Wars : un programme virtuel puisé dans les contes de Hollywood – il fut d’ailleurs abandonné en 1993 – de défense antimissile nommé officiellement «Initiative de défense stratégique» (IDS), et conçu exclusivement pour embarquer l’Union soviétique dans une course à l’armement afin de la ruiner. En effet, si du côté américain le financement de cette course était assuré avec facilité grâce à l’«imprimerie» de dollars contrôlée par la Banque centrale américaine, la Fed, du côté soviétique, le financement s’avéra impossible. Au contraire, il contribua à l’asphyxie économico-financière, à la révolte des masses populaires et, plus tard, à l’implosion de l’Union soviétique, qui ne disposait pas d’une telle planche à billets d’Ali Baba. Cette stratégie belliciste états-unienne s’avéra payante, puisque l’Union soviétique, déjà dans un état comateux depuis le milieu des années 1980, fut liquidée le 21 décembre 1991 à Alma-Ata.
Il ne restait dorénavant qu’un seul et unique empire qui soumettrait le monde à son diktat hégémonique pendant trente ans. Mais comme les lois universelles sont inébranlables, la fin de cycle de cette hégémonie semble aujourd’hui plus que jamais enclenchée. Les images retransmises par les chaînes de télévision mondiales d’un président américain soumis aux Chinois en sont la preuve. C’est l’objet de la deuxième partie de mon article.
H.-N. B.
(Suivra)




Les signes avant-coureurs de la fin de l’hégémonie américaine.
La Chine est la première puissance mondiale même si ce n’est pas encore officiel. Beaucoup de spécialistes s’accordent à dire qu’elle domine effectivement les secteurs stratégiques. Ce qui revient à confirmer que l’hégémonie chinoise est déjà une réalité. Il n’y a qu’un donald trump pour ne pas comprendre que sa visite pékinoise était en fait la prémisse d’un passage de témoin. Le résident de la Maison Blanche ayant passé symboliquement le relais à Xi Jinping, le dirigeant de l’Empire du Milieu.
« Un concerné n’est pas obligatoirement un imbécile encerclé. » Pierre Dac
Donald Trump a un dos bossu !
En vérité, il lui manque beaucoup de prière, de salat pour purifier son âme, son coeur, il est avare, il pense capter le cash du monde entier, il est assoiffé de cash.
C’est aussi un racelard fini.
Face à la Chine, il ne peut rien faire car la Chine a liquidé 910 milliards de yuans d’obligations américaines, après une première cession de 623 milliards de dollars en début de mois. Les avoirs chinois en dette américaine tombent autour de 694 milliards de dollars, leur plus bas niveau en vingt ans.
Autrement dit, c’est la Chine qui prêtent de l’argent à l’Amérique pour faire tourner son économie soit 694 milliards de dollars ce qui est colossal.
L’Europe a prêté 13 000 milliards de dollars à l’Amérique.
L’Amérique a enfin 40 000 milliards de dollars de dettes + 1 000 milliards de dollars a payé chaque année aux marchés financiers donc forcément ce capitalisme va s’effondrer tôt ou tard d’où la recherche de guerre, de spoliation sous couvert de prétextes pour payer.
Le monde est en pleine reconfiguration, les événements s’accélérent favorisés par certaines circonstances, la fin de l’hégémonie américaine est proche, nous nous acheminons progressivement vers un monde multipolaire.
Dans ce nouveau monde qui se dessine, l’Algérie possède toute sa place, elle a très bien su manœuvrer et se positionner en puissance régionale et ceci grâce au charisme de ses dirigeants, à son potentiel économique, à sa puissance diplomatique et à son appareil sécuritaire.
Le balai diplomatique enregistré ces derniers temps en dit long sur l’importance qu’on lui accorde où chaque pays tour à tour vient chercher à renforcer ses relations pour tirer son épingle du jeu, le temps nous ai plus que favorable.
Pour l’anecdote, je ne donnerai pas cher pour voir notre voisin de l’Ouest, se sentant isolé, venir frapper à notre porte.
A dieu l’ancien monde et bienvenu au nouveau monde.
A bon entendeur
Guerre au Moyen-Orient : Donald Trump exige de l’Arabie saoudite et du Qatar qu’ils signent les accords d’Abraham afin de normaliser leurs relations avec Israël.
Ces bédouins de la bédouinerie doivent perdre beaucoup de milliards de dollars à force de frimer, de se pavanaer et d’avoir financer le terrorisme international pendant 40 ans, maintenant, ils paient tous la facture finale présentée par l’Amérique
Chacun son tour, le boomerang leur revient en pleine face.