Par Mehenna H. – Selon une information révélée par nos confrères d’El-Khabar, plusieurs membres de la Fédération algérienne de football (FAF) seraient en colère après le départ du président de l’instance vers les Etats-Unis, où se déroule actuellement la Coupe du monde, sans les associer au voyage.
Cette polémique a au moins le mérite de la clarté. Car il est difficile d’y voir un débat de fond sur les intérêts du football national. Si les Verts participent à cette compétition, par contre, les membres de la FAF n’y exercent aucune responsabilité. Ils n’ont aucune mission officielle indispensable à la bonne prestation de notre sélection. Leur présence n’aurait eu qu’un seul objectif : assister aux matchs.
Dès lors, la question mérite d’être posée : pourquoi cette colère ? Manifestement, parce que certains espéraient profiter d’un séjour de plusieurs semaines aux Etats-Unis, au Mexique et au Canada, avec tous les avantages que cela suppose. Il est en effet compliqué d’expliquer autrement une telle indignation. Que les rencontres se suivent depuis les tribunes américaines ou depuis Alger, cela ne changerait strictement rien au déroulement de la compétition ni à la situation du football national.
Le plus inquiétant est ailleurs. Cette affaire révèle une conception pour le moins contestable des responsabilités fédérales. Dans l’esprit de certains dirigeants, une grande compétition internationale semble être perçue moins comme un événement sportif que comme une opportunité de tourisme aux frais de la princesse. Comme si les fonctions au sein de la FAF ouvraient automatiquement droit à des voyages, des hôtels et des privilèges financés par l’institution.
Pendant ce temps, les véritables problèmes de notre football demeurent. Formation des jeunes, professionnalisation des clubs, infrastructures, gouvernance, résultats sportifs : voilà les dossiers qui devraient mobiliser toute l’énergie des responsables fédéraux. Ce sont eux qui méritent des débats passionnés, pas la composition d’une délégation appelée à regarder des matchs à l’étranger.
Que le président ait eu raison ou tort de se rendre aux Etats-Unis est une question légitime. Mais ce qui frappe dans cette affaire, c’est que les protestataires ne semblent pas contester le principe du voyage. Ils paraissent surtout regretter de ne pas en faire partie.
Et c’est précisément ce qui rend leur colère peu crédible. Lorsqu’une institution sportive donne l’impression que ses dirigeants se disputent davantage les billets d’avion et les chambres d’hôtel que les solutions aux problèmes du football national, elle nourrit le sentiment d’un décalage criant entre les préoccupations des responsables et celles des supporters.
Une colère qui ressemble fort au dépit de vacanciers privés de séjour. Et cela en dit long.
M. H.


