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Professeur Saul Takahashi : «L’Algérie a un rôle clé à jouer dans le nouvel ordre mondial»

Mohsen Abdelmoumen : Compte tenu de l’échec manifeste du Conseil de sécurité de l’ONU à mettre en œuvre ses propres résolutions à Gaza, quels changements organisationnels au sein de l’ONU estimez-vous possibles pour rétablir la crédibilité du droit international ?

Professeur Saul Takahashi : Avant tout, il faut abolir le Conseil de sécurité. Il s’agit d’un organe fondamentalement antidémocratique, conçu pour préserver la domination des puissances impériales de l’époque. Les décisions relatives à la paix et à la sécurité, y compris le recours à la force pour faire respecter le droit international, devraient être prises de manière démocratique, au sein de l’Assemblée générale, ou peut-être au sein d’un nouvel organe qui ne comporterait pas de membres permanents disposant d’un droit de veto.

Un autre besoin essentiel est celui d’un financement sûr. L’ONU dépend fortement des « contributions volontaires », c’est-à-dire de la générosité des pays riches, dits « donateurs ». Cela confère à ces pays – qui sont en grande majorité des pays occidentaux riches – un pouvoir immense sur les actions que l’ONU peut mener. Cela doit changer : les contributions volontaires devraient être interdites, et les contributions obligatoires augmentées. 

A un niveau plus fondamental, l’inaction des États membres de l’ONU face à un génocide diffusé en direct montre que nous ne pouvons plus compter sur les gouvernements pour prendre les bonnes décisions. Si cela avait dépendu des peuples du monde, et non de leurs gouvernements, Israël aurait été tenu pour responsable depuis longtemps. Nous devons aller au-delà d’un système fondé uniquement sur la représentation gouvernementale ; les voix des citoyens du monde entier doivent se refléter dans l’élaboration des politiques internationales. Cela signifie une représentation non pas par des ONG professionnalisées, qui dépendent pour l’essentiel des mêmes bailleurs de fonds que l’ONU et s’alignent généralement sur les agendas occidentaux, mais par le biais d’associations de base, de syndicats et d’autres organisations de ce type. Il devrait y avoir une Assemblée des citoyens de l’ONU dotée de droits de vote officiels, équivalente à (ou peut-être même remplaçant) l’Assemblée générale.

Je dois dire que je suis pessimiste quant à l’avenir de l’ONU. Elle a tellement perdu en crédibilité que la seule façon pour elle de se relancer serait de mettre en œuvre les réformes évoquées plus haut – et ce n’est pas une perspective réaliste à l’heure actuelle, car celles-ci ne seraient adoptées que si tous les membres permanents du Conseil de sécurité votaient en leur faveur. À long terme, il vaudrait peut-être même mieux laisser l’ONU s’effondrer ; repartir de zéro pourrait être le seul moyen de créer un nouvel ordre international plus juste.

En quoi la nature des violations des droits de l’homme signalées par l’ONU a-t-elle évolué entre votre mandat (2009-2014) et la crise humanitaire actuelle ?

Les Israéliens sont indéniablement devenus plus effrontés et plus provocateurs dans leur attitude. Lorsque j’étais en Palestine, de 2009 à 2014, les Israéliens faisaient généralement un effort, même timide, pour fournir des justifications juridiques à leurs actions : « la mosquée servait à stocker des armes », par exemple. Ces explications étaient toujours douteuses, mais l’important était qu’ils reconnaissaient au moins la nécessité de justifier leurs actes. Aujourd’hui, ils ne prennent même plus la peine de le faire. Vraiment, ils semblent ivres de sadisme, de sauvagerie et de puissance brute.

Et la responsabilité en incombe aux États-Unis et à l’Occident en général, car ce sont eux qui, depuis des décennies, garantissent l’impunité des crimes israéliens. Israël n’a aucune raison de penser qu’il sera tenu pour responsable de quelque manière que ce soit, puisqu’il ne l’a jamais été. C’est cela qui doit cesser, si nous voulons éviter que le droit international dans son ensemble ne finisse dans les poubelles de l’histoire.

Vous avez défendu l’idée d’exclure Israël de l’Assemblée générale des Nations unies. Quelles seraient les implications juridiques et diplomatiques concrètes d’une telle mesure pour Gaza ?

Les implications diplomatiques pour Israël seraient énormes. Les détracteurs des efforts visant à tenir Israël responsable de ses crimes internationaux aiment à suggérer que les boycotts ou les sanctions ne changeraient rien sur le terrain, mais cela passe (probablement intentionnellement) à côté de l’essentiel : il ne s’agit pas d’un impact direct et immédiat, mais de remettre en cause la légitimité d’Israël et de ses actions. Traiter Israël comme l’État voyou qu’il est conduirait à terme à une vague déferlante de mesures : embargos sur les armes, annulation d’accords commerciaux, exclusion des événements sportifs internationaux, pour n’en citer que quelques-unes. Prenons l’exemple de la Corée du Nord : quel pays souhaite être vu en train de faire des affaires avec elle ? C’est vers cela que les choses s’orientent avec Israël.

L’Afrique du Sud a été exclue de l’ONU en 1974, ce qui a constitué une étape décisive vers les boycotts internationaux et le démantèlement définitif de l’apartheid. Les États-Unis, le Royaume-Uni et la France se sont opposés à l’exclusion de l’Afrique du Sud, tout comme l’administration de l’ONU ; et de nombreux pays occidentaux ont soutenu le régime de l’apartheid jusqu’au bout. Ce sont les pays du Sud – aux côtés, bien sûr, des combattants pour la liberté sud-africains eux-mêmes – qui ont mis fin à l’apartheid en Afrique du Sud. Il en ira de même avec Israël.

Vous avez souligné que certains plans de paix concernant Gaza pourraient contribuer à renforcer l’occupation. Quels aspects spécifiques de ces accords enfreignent les principes fondamentaux du droit international ou les arrêts de la Cour internationale de justice (CIJ) ?

Le 17 novembre 2025 restera sans aucun doute une journée de honte, car c’est ce jour-là que le Conseil de sécurité a approuvé le plan de Trump pour Gaza, ainsi que la mise sous contrôle de Gaza par le soi-disant « Conseil de la paix ». Le plan de Trump enfreint le droit international à plusieurs égards : tout d’abord, il met complètement de côté le droit inaliénable des Palestiniens à l’autodétermination et réduit la création d’un État palestinien à une simple « aspiration », qui ne sera discutée, peut-être, qu’à une date ultérieure, à condition que l’Autorité palestinienne remplisse des critères vagues. Le plan ne prévoit par ailleurs aucune forme de responsabilité pour le génocide et les autres atrocités commises par Israël ; au contraire, Israël est traité comme un partenaire légitime en matière de sécurité, dont les intérêts priment sur les droits des Palestiniens.

Au vu des multiples déclarations de Trump et de ses acolytes, il apparaît clairement que l’objectif de ce plan est l’exploitation des ressources palestiniennes au profit de Trump, de sa famille et d’autres oligarques. La seule nouvelle (relativement) positive dans tout cela est peut-être que, comme l’ensemble de ce projet est si manifestement immoral et choquant, et que les personnes chargées de le mettre en œuvre sont si incompétentes et ignorantes, il ne s’est pas passé grand-chose. Cependant, Gaza reste dans l’incertitude : les atrocités israéliennes, notamment la restriction illégale de l’aide humanitaire, se poursuivent au quotidien. Le génocide n’a donc jamais cessé.

À un niveau plus fondamental, il est important de rappeler que les pays membres de l’ONU n’ont jamais véritablement respecté les droits des Palestiniens : la résolution de partition de 1947, l’accord-cadre d’Oslo et les arrêts de la CIJ reposent tous sur le principe des « deux États », qui récompense le colonialisme de peuplement sioniste et exige que l’autodétermination palestinienne soit limitée à seulement 22 % du territoire palestinien. C’est toute la Palestine qui doit être décolonisée, et pas seulement les territoires de 1967 (Gaza et la Cisjordanie).

L’Algérie a mené une grande guerre de libération contre le colonialisme de peuplement. En quoi ce modèle historique algérien peut-il inspirer ou éclairer la résistance et la quête d’autodétermination du peuple palestinien aujourd’hui ?

La guerre de libération algérienne est bien sûr une source d’inspiration pour la Palestine, ainsi que pour tous les peuples épris de liberté. Chaque fois que j’ai un étudiant vietnamien dans ma classe au Japon, je parle toujours à mes élèves de leur longue lutte pour l’indépendance nationale. Je n’ai pas encore eu l’occasion d’accueillir un étudiant algérien, mais j’espère que cela arrivera un jour.

Il est important de souligner que les peuples colonisés ont, en vertu du droit international, le droit de recourir à la force pour exercer leur droit à l’autodétermination. La résistance, y compris la résistance violente, contre l’apartheid et la colonisation n’est ni du terrorisme, ni une insurrection, ni aucun autre de ces termes péjoratifs que les puissances impérialistes occidentales aiment employer : il s’agit d’un moyen parfaitement légitime d’obtenir l’indépendance.

Au cours de ses mandats au Conseil de sécurité de l’ONU, l’Algérie n’a cessé de prendre la défense des peuples opprimés (Palestine, Sahara occidental). Comment évaluez-vous sa capacité à remettre en cause le deux poids deux mesures des puissances occidentales ?

L’Algérie est un pays influent, et il est essentiel qu’elle continue à dénoncer l’hypocrisie occidentale. Je pense que l’Algérie a un rôle clé à jouer dans la mobilisation de la Oumma – non seulement des gouvernements musulmans, mais aussi de l’ensemble de la population musulmane mondiale – pour l’édification d’un nouvel ordre international plus juste.

L’ère de l’hégémonie occidentale est bel et bien révolue. Le principal facteur déclencheur en est, bien sûr, le deux poids deux mesures mis au jour depuis octobre 2023, et la perte de légitimité qui en a résulté. Cependant, d’un point de vue plus général, l’Occident est depuis longtemps dominé par un fondamentalisme de marché sauvage qui spolie les pauvres de leurs richesses et récompense les riches et les puissants. Le culte de l’argent et des biens matériels ; la glorification de la violence, de la nudité et de la gratification immédiate ; l’absence totale de tout fondement moral ont conduit à un effondrement sociétal dans l’ensemble des pays occidentaux.

Dans ce contexte, la Oumma a la responsabilité, à l’échelle mondiale, de promouvoir un ordre fondé sur la vérité et la justice. La forme exacte que prendra ce nouvel ordre, ainsi que la manière d’y parvenir, sont des questions importantes qui méritent d’être débattues. Cela doit toutefois être fait.

En tant qu’ancien fonctionnaire des Nations unies en Palestine occupée, vous avez rendu compte des violations commises sur le terrain. Quelle différence majeure percevez-vous entre la réalité humaine dont vous avez été témoin là-bas et la manière dont les gouvernements occidentaux et leurs médias présentent ce conflit ?

En réalité, je me suis rendu en Palestine en 2009 sans a priori. Je n’avais que peu de connaissances précises sur la Palestine et j’avais une vague impression (façonnée par les médias occidentaux, bien sûr) qu’Israël était une démocratie libérale située dans un environnement difficile. Il ne m’a fallu que quelques jours pour comprendre que tout ce qu’on m’avait fait avaler au sujet de la Palestine n’était qu’un mensonge éhonté, et qu’Israël était un État d’apartheid déterminé à mener un nettoyage ethnique contre le peuple palestinien. Cela devient très clair dès qu’on se rend sur place et qu’on constate la situation de ses propres yeux.

Bien sûr, les réseaux sociaux ont radicalement changé la donne, et dans le bon sens. Des vidéos diffusées en continu montrant les atrocités israéliennes sont désormais visionnées en temps réel par des millions de personnes à travers le monde, et la connaissance – ainsi que le dégoût – des crimes israéliens par le grand public devient universelle. C’est pourquoi le lobby sioniste et ses alliés dans le monde de la technologie s’acharnent tant à exclure les contenus pro-palestiniens des réseaux sociaux ; mais c’est une stratégie vouée à l’échec.

Le Japon abrite de nombreuses bases militaires américaines. Selon vous, la politique étrangère actuelle du Japon reflète-t-elle une véritable souveraineté, ou ce pays agit-il comme un État vassal servant de tampon contre l’impérialisme américain face à la montée en puissance de la Chine ?

Le Japon est bel et bien un État vassal, et constituerait un excellent cas d’étude pour la « colonisation de l’esprit » de Fanon. Depuis des décennies, l’élite japonaise – politique, économique, médiatique – s’est engagée corps et âme dans l’alliance militaire avec les États-Unis. La loyauté envers les États-Unis est devenue une fin en soi. Tout homme politique ou commentateur qui ose suggérer qu’il pourrait y avoir une autre voie est rapidement mis à l’écart par la classe dirigeante, qui est terrifiée à l’idée de contrarier de quelque manière que ce soit ses maîtres américains.

Le discours dominant veut que les bases américaines au Japon aient pour but de « nous protéger ». Le caractère fallacieux de ce discours est devenu de plus en plus évident ces dernières années, notamment avec la guerre illégale contre l’Iran et avec Trump qui a mis en évidence le manque de fiabilité inhérent aux États-Unis en tant que partenaire. Espérons que cela conduira à une remise en question fondamentale de la politique de sécurité japonaise. Je ne me fais toutefois pas trop d’illusions.

Vous affirmez que la guerre à Gaza a révélé que la liberté d’expression en Occident n’est qu’un « mythe ». Que pensez-vous de la criminalisation ou de la censure des mouvements de solidarité avec la Palestine dans les universités et les espaces publics européens et américains ?

Les gouvernements occidentaux ont toujours considéré le projet sioniste comme un moyen de renforcer leur domination impérialiste au Moyen-Orient : pour « tenir en bride les sauvages arabes », comme ils le diraient eux-mêmes. Le lobby sioniste dans les pays occidentaux est étroitement lié au complexe militaro-industriel, ce qui lui confère une importance supplémentaire aux yeux des acteurs de droite. À cela s’ajoute toujours la dimension raciste : les États occidentaux sont profondément islamophobes et utilisent les musulmans et les Arabes comme un épouvantail polyvalent pour faire avancer leurs programmes répressifs. Il ne faut pas oublier que ce n’est pas nouveau : toutes les lois antiterroristes américaines, par exemple, trouvent leur origine dans la répression des voix pro-palestiniennes au sein du pays.

Il est toutefois important de reconnaître que l’obéissance aveugle aux objectifs sionistes se manifeste principalement au sein de l’élite politique et financière. Les populations occidentales ne se laissent plus berner par les mensonges et résistent à la domination sioniste sur la politique gouvernementale et le discours public. C’est pourquoi les sionistes réagissent avec une telle violence ; ils voient bien qu’ils sont en train de perdre la bataille. Cependant, les signes avant-coureurs sont évidents : le soutien occidental à Israël a déjà commencé à s’effondrer, et tôt ou tard, la classe dirigeante devra changer de discours.

Dans vos travaux sur la décolonisation du droit (notamment dans l’ouvrage collectif *Emancipating International Law*), vous expliquez comment le Japon d’autrefois et d’autres puissances non occidentales ont utilisé le droit international comme une arme. Comment le Sud peut-il aujourd’hui contourner ces outils juridiques d’origine coloniale sans pour autant légitimer leur structure asymétrique d’origine ?

Il ne fait aucun doute que le droit international a longtemps servi à faciliter l’impérialisme occidental ; c’est encore le cas aujourd’hui. Le droit est élaboré par les riches et les puissants pour protéger leurs intérêts, et il en va de même sur la scène internationale. Cependant, une fois créés, les lois et les systèmes peuvent acquérir une dynamique propre, et les enjeux politiques peuvent les orienter dans une direction que leurs auteurs initiaux n’avaient pas prévue. Les lois (ou du moins leurs interprétations juridiques) ne sont pas figées ; ce sont des champs de bataille où les acteurs politiques peuvent faire évoluer les choses.

Le droit à l’autodétermination en est un bon exemple. Lorsque la Déclaration universelle des droits de l’homme a été rédigée en 1948, plus de la moitié du monde était encore sous domination coloniale occidentale, et les puissances occidentales et leurs alliés dominaient l’ONU, ne serait-ce que par leur nombre. Il n’est donc pas surprenant que les appels en faveur de l’inclusion de l’autodétermination dans la Déclaration aient été tout simplement ignorés. Cependant, après que les anciennes colonies eurent retrouvé leur indépendance et soient devenues des États membres de l’ONU, elles ont exigé que l’autodétermination soit reconnue comme un droit fondamental. Elles ont pris le dessus sur l’Occident et ont veillé à ce que l’autodétermination soit incluse dans les deux principaux traités relatifs aux droits de l’homme adoptés en 1966.

Cela étant dit, en règle générale, le droit n’est pas révolutionnaire ; il ne peut apporter que des changements progressifs. Instaurer véritablement un nouvel ordre n’est pas quelque chose qui peut se faire par le biais d’arguments juridiques ou de décisions de justice ; cela nécessite une action politique. Le Sud global devrait, à mon avis, continuer à recourir au droit international, mais en tant qu’outil stratégique au service d’un objectif plus large.

Interview réalisée par M. A.

Saul Takahashiest professeur de droits de l’homme et d’études sur la paix à l’université Osaka Jogakuin, à Osaka, au Japon. Avocat spécialisé dans les droits de l’homme et le droit humanitaire international, ses principaux axes de recherche portent sur les droits de l’homme en Palestine, les approches du droit international propres au tiers-monde et l’islamophobie en Europe. M. Takahashi a débuté sa carrière en travaillant auprès des réfugiés au sein d’Amnesty International, d’abord au Japon puis à Londres, avant de rejoindre les Nations unies. Il a occupé le poste de chef adjoint du Bureau du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme en Palestine occupée de mars 2009 à mai 2014. Au cours de cette période, il s’est rendu à plusieurs reprises en Cisjordanie et à Gaza afin de superviser le recensement des violations des droits de l’homme et de coordonner le soutien apporté au gouvernement de l’État de Palestine et aux organisations de la société civile palestinienne. Titulaire d’un master en droit international des droits de l’homme de l’université d’Essex, il est également chercheur senior non résident au Centre Hashim Sani d’études palestiniennes de l’université de Malaya.

Le professeur Takahashi est l’auteur de plusieurs ouvrages en anglais et en japonais, notamment Civil and Political Rights in Japan: a Tribute to Sir Nigel Rodley (Routledge, éd.) ; Human Rights and Drug Control: the False Dichotomy (Hart Publishing) ; et The Palestinian People Continue to Suffer: Why the UN Can’t Solve the Problem (en japonais, Gendai Jinbun-sha). Il travaille actuellement à la rédaction d’un ouvrage consacré aux différentes formes de sumud en Palestine.

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