Urgent |

Prière funéraire payante à la Grande Mosquée de Lyon : une décision qui provoque un tollé chez les musulmans de France

De Paris, Saliha Fayez – La décision de la Grande Mosquée de Lyon d’instaurer un forfait de 75 euros pour la célébration de la prière funéraire continue de susciter une vive indignation au sein de la communauté musulmane. Annoncée le 30 juin dernier, cette mesure est dénoncée par plusieurs responsables religieux et associations qui y voient une marchandisation d’un acte cultuel fondamental.

Dans un communiqué publié ce 12 juillet, l’Union française des consommateurs musulmans (UFCM) exprime sa ferme opposition à cette tarification. L’organisation rappelle que la mort est un moment d’une profonde intensité spirituelle et que la prière funéraire constitue un devoir religieux et un acte de solidarité envers les familles endeuillées. Selon l’UFCM, imposer une participation financière à ce moment de recueillement revient à faire peser une charge supplémentaire sur des proches déjà éprouvés par la perte d’un être cher.

L’association estime que cette décision risque d’être perçue comme «une double peine» pour les familles et dénonce plus largement une logique de marchandisation du culte musulman. Elle rappelle que les mosquées, construites grâce aux dons des fidèles, sont avant tout des lieux d’adoration au service de la communauté et non des structures destinées à tirer profit des moments de détresse. L’UFCM appelle ainsi l’ensemble des lieux de culte musulmans à préserver la gratuité des services spirituels et à remettre les valeurs d’altruisme, de fraternité et de solidarité au cœur de leur mission.

Cette prise de position est également partagée par Abdallah Zekri, recteur de la mosquée de la Paix à Nîmes et vice-président du Conseil français du culte musulman (CFCM). Ce dernier condamne avec la plus grande fermeté cette initiative, qu’il qualifie de «racket pur et simple». Il appelle l’ensemble des responsables du culte musulman à joindre leur voix à la sienne pour dénoncer «cet acte immoral, impensable, inacceptable et lamentable, tant le rôle de la mosquée n’est pas de rajouter à la douleur des proches du défunt en les forçant à débourser une somme d’argent pour l’accomplissement d’un rituel prescrit dans le Saint Coran, mais de les accompagner dans leur deuil et de leur apporter soutien et réconfort».

Pour de nombreux responsables religieux, la prière funéraire ne saurait être assimilée à une prestation commerciale. Ils rappellent qu’elle relève d’un devoir collectif et qu’elle doit demeurer accessible à tous, sans condition financière. Au-delà de la polémique, cette affaire relance le débat sur le financement des mosquées et sur les limites à ne pas franchir afin de préserver la vocation spirituelle des lieux de culte.

S. F.

Laisser un commentaire