Par Kahina B.-H. – Dans une interview accordée au Norvégien Glenn Diesen sur sa chaîne Greater Eurasia, Mohammed Marandi, professeur à l’Université de Téhéran et ancien conseiller de l’équipe iranienne de négociation sur le nucléaire, a déclaré qu’une guerre totale contre l’Iran ferait disparaître les pétromonarchies du Golfe.
Selon le professeur Mohammad Marandi, l’affrontement actuel pour le contrôle du détroit d’Ormuz résulte directement de la duplicité de Washington. Il explique que Téhéran avait anticipé la violation, par Donald Trump, du protocole d’accord, mais a profité de sa brève application pour écouler ses stocks de pétrole et importer des biens vitaux. En tentant de tricher pour affaiblir l’Iran par la création d’un corridor maritime alternatif, les Etats-Unis ont entraîné leurs alliés régionaux dans leur chute. Marandi accuse, en effet, l’Arabie Saoudite, les Emirats arabes unis et le Qatar d’avoir activement collaboré à cette manœuvre en y faisant circuler leurs navires, forçant l’Iran à riposter et à sceller le blocus du détroit.
Pour le professeur Marandi, la géographie constitue la ligne de partage entre la résilience iranienne et la vulnérabilité absolue des pétromonarchies. Il démontre que l’Iran s’est transformé en une forteresse naturelle en enterrant profondément ses arsenaux de missiles et de drones sous des chaînes de montagnes, rendant les bombardements américains inefficaces. A l’inverse, le Koweït, Bahreïn, le Qatar, les Emirats et les côtes saoudiennes sont des terrains plats ou insulaires où il est géologiquement impossible de construire des bases souterraines. Marandi insiste sur le fait que toutes leurs infrastructures stratégiques et énergétiques sont exposées en surface, à portée immédiate des missiles iraniens de courte et moyenne portée, qui ont grandement gagné en précision.
L’expert iranien relève une incohérence militaire majeure dans le calendrier du Pentagone, qui masse ses troupes au Koweït et à Bahreïn en vue d’une invasion terrestre. Le professeur Marandi affirme que déclencher une telle offensive avant la fin du mois de septembre équivaut à envoyer les soldats américains dans un véritable enfer sur terre, où des températures supérieures à 50 degrés et une humidité de 100% détériorent le matériel et brisent le moral des troupes. Loin de redouter cette opération, le professeur iranien révèle que l’armée iranienne la souhaite activement : la stratégie consisterait à laisser les forces américaines pénétrer sur le territoire pour mieux les couper de leurs bases arrière lointaines, précipitant ainsi leur défaite finale.
L’expert décrit un mécanisme d’asphyxie économique globale hautement destructeur. Le détroit d’Ormuz étant déjà verrouillé par l’Iran, l’Arabie Saoudite a commis l’erreur stratégique de relancer les hostilités avec le Yémen en bombardant l’aéroport de Sanaa. En réponse, Marandi assure que les forces yéménites, membres de l’Axe de la Résistance, ont la capacité de paralyser immédiatement le trafic en mer Rouge en ciblant les superpétroliers. Privées de leurs voies d’exportation et subissant des dommages structurels irréversibles sur leurs puits de pétrole sous le feu des missiles, les pétromonarchies cesseraient d’alimenter le marché mondial, provoquant un choc pétrolier et une crise systémique bien pire que la Grande Dépression des années 1930.
Le cœur de l’avertissement du professeur Marandi repose sur la disparition physique et humanitaire de ces régimes désertiques. Il s’appuie sur la doctrine officielle de l’armée iranienne : toute frappe américaine contre les ponts ou les centrales électriques en Iran déclenchera la destruction immédiate et réciproque de l’intégralité des infrastructures critiques du Golfe. Marandi rappelle que, contrairement à l’Iran, qui dispose d’une agriculture quasi autosuffisante, de rivières et de forêts, les pétromonarchies sont des structures artificielles inviables sans électricité ni usines de dessalement d’eau. Privées de ces ressources vitales sous une chaleur extrême, les populations n’auraient d’autre choix que de fuir instantanément la péninsule Arabique dans un exode massif vers l’Irak ou la Syrie, actant la fin définitive de ces pays.
En conclusion, le professeur Marandi soutient que cette guerre totale n’obéit à aucune logique stratégique pour les Etats-Unis. En s’appuyant sur les révélations de Joe Kent, ancien haut responsable américain du renseignement, il affirme que ce conflit dévastateur est uniquement mené pour complaire au lobby sioniste et à la machine de guerre israélienne. L’universitaire observe que, face à ce pari suicidaire né de l’hubris de Donald Trump, l’appareil politique américain se fracture. Il estime que le vice-président J. D. Vance propage des récits absurdes sur l’Iran uniquement pour masquer son intention de quitter un navire américain en plein naufrage, tandis que la résistance des démocrates au Congrès pour bloquer les budgets du Pentagone prouve que les dirigeants occidentaux mesurent l’imminence de la catastrophe, malgré le silence des médias.
K. B.-H.


