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Foreign Policy : les Etats-Unis tirent les mauvaises leçons de leurs échecs militaires

Par Mohamed K. – Alors que le conflit entre les Etats-Unis et l’Iran, notamment autour du détroit d’Ormuz, n’est pas encore achevé, les premières analyses américaines se concentrent déjà sur les lacunes militaires révélées par l’opération. Dans un article publié par Foreign Policy, le média spécialisé dans les questions géostratégiques estime que ces enseignements tactiques masquent un problème plus profond : l’échec est avant tout stratégique et politique.

Plusieurs faiblesses opérationnelles ont été mises en évidence : stocks insuffisants de missiles et d’intercepteurs, préparation limitée face aux drones bon marché, difficultés liées à la sécurité des routes maritimes et manque de moyens spécialisés, notamment pour le déminage. Ces problèmes pourraient conduire le Pentagone à revoir ses capacités et ses chaînes d’approvisionnement.

Mais, selon Foreign Policy, ces insuffisances ne suffisent pas à expliquer l’échec des objectifs initiaux de Washington. L’administration de Donald Trump a notamment cherché à provoquer un changement de régime en Iran, à neutraliser ses capacités de frappes à longue portée et à modifier sa politique nucléaire ainsi que son soutien à des groupes armés régionaux. Or, ces objectifs se sont révélés particulièrement difficiles à atteindre par la seule puissance aérienne.

L’analyse souligne le paradoxe d’une armée américaine toujours capable de démontrer une supériorité technologique considérable. Les forces américaines ont notamment réussi à projeter leur puissance à plusieurs milliers de kilomètres de leur territoire et à prendre le contrôle du ciel iranien. Les pertes américaines sont néanmoins nettement inférieures à celles subies par l’Iran, illustrant l’efficacité tactique de l’armée américaine malgré les difficultés rencontrées.

Le problème réside donc moins dans les capacités militaires que dans les objectifs qui leur ont été assignés. Foreign Policy rappelle que les précédents historiques – des bombardements de l’Allemagne pendant la Seconde Guerre mondiale à la guerre du Vietnam – montrent les limites de la puissance aérienne lorsqu’il s’agit de faire tomber un régime ou de neutraliser durablement des systèmes de missiles mobiles.

La défense antimissile constitue une autre limite. Même avec des investissements supplémentaires dans des systèmes moins coûteux et plus adaptés aux drones, une défense permanente pourrait difficilement compenser le faible coût et la rapidité de production des armes iraniennes.

Pour Foreign Policy, la principale leçon de la guerre ne devrait pas être uniquement recherchée dans les lacunes du Pentagone. Elle se situe davantage au niveau de la Maison-Blanche : une stratégie reposant sur des objectifs difficilement compatibles avec les moyens engagés aurait conduit à une impasse.

M. K.

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