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L’Algérie en larmes

Par Mehenna H. – Pendant quatre jours, des hommes ont creusé la terre dans l’espoir de sauver un enfant. Quatre jours durant lesquels toute une Algérie a suivi, prié, espéré. Puis la nouvelle est tombée, brutale, irrévocable : Ayoub, dix ans, a été retrouvé mort, ce samedi, au fond d’un puits artésien à sec dans la wilaya d’El-Bayadh.

A dix ans, on devrait courir dans une cour d’école, jouer avec ses camarades, rêver de devenir grand. Ayoub, lui, a été happé par un drame qui a tenu le pays en haleine et plongé sa famille dans une douleur que les mots ne peuvent contenir.

Sur le terrain, les secours n’ont pourtant rien ménagé. Protection civile, autorités locales, techniciens, spécialistes, particuliers : tous ont mobilisé leurs forces et leurs moyens. Les opérations de sauvetage se sont poursuivies sans relâche, malgré la difficulté du terrain rocheux. Il a fallu creuser verticalement, puis horizontalement, parfois à la main, centimètre après centimètre. Jusqu’au dernier instant, l’espoir était là.

Mais l’espoir s’est finalement fracassé contre une terrible réalité.

Le drame d’Ayoub vient alourdir un deuil national déjà immense. L’Algérie est encore marquée par les incendies qui ont fait de nombreuses victimes et laissé derrière eux des familles brisées, des villages meurtris et des souvenirs douloureux. Une nouvelle tragédie vient aujourd’hui ajouter une blessure à d’autres blessures encore ouvertes.

Au-delà de l’émotion et de la compassion, la mort d’Ayoub doit aussi nous interpeller. Un puits, une excavation, un danger laissé sans protection peuvent devenir, en quelques secondes, un piège mortel. La prévention ne ramènera pas Ayoub. Mais elle peut empêcher qu’un autre enfant porte un jour le même prénom dans les manchettes des journaux.

Ce soir, derrière le nom d’Ayoub, il faut voir un visage, une enfance interrompue, une famille anéantie et une nation qui partage sa peine.

Que son souvenir ne soit pas seulement celui d’un enfant qu’on a cherché pendant quatre jours. Qu’il devienne aussi le rappel douloureux de la responsabilité collective de protéger la vie avant d’avoir à la pleurer.

A sa famille, Algeriepatriotique adresse ses larmes et ses condoléances.

M. H.

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