Par Mehenna H. – La diplomatie des grands blocs traverse une zone de turbulences inédite. Face au bourbier stratégique hérité de la politique de «pression maximale» initiée par Donald Trump – marquée par le retrait unilatéral de l’accord sur le nucléaire (JCPOA) et l’escalade des tensions –, Washington semble chercher une porte de sortie. Une question cruciale émerge alors : et si les Etats-Unis sollicitaient une discrète médiation de l’Algérie avec l’Iran ?
Cette hypothèse, loin d’être une simple vue de l’esprit, s’inscrit dans une urgence géopolitique que certains experts n’hésitent plus à formuler crûment. Lors de l’entretien paru dans Algeriepatriotique, le célèbre analyste et colonel américain à la retraite Douglas Macgregor a livré une analyse sans concession, admettant que l’Iran avait mis en échec les options militaires occidentales et que Téhéran s’imposait comme une forteresse inexpugnable. Face à ce constat de paralysie de la force brute, le retour à la table des négociations devient inévitable. Or, pour briser la glace avec la République islamique, le choix d’Alger s’impose comme une évidence historique et logistique.
Ce ne serait pas la première fois que la Maison-Blanche s’en remettrait au savoir-faire de la diplomatie algérienne pour dénouer une crise majeure avec Téhéran. En janvier 1981, c’est grâce à la médiation tenace et impartiale de l’Algérie, alors menée par son regretté ministre des Affaires étrangères Mohamed-Seddik Benyahia, que fut résolue la dramatique crise des otages américains.
Pendant 444 jours, 52 diplomates américains étaient restés captifs au sein de leur ambassade à Téhéran, plongeant l’administration Carter dans le désarroi. A force de navettes diplomatiques discrètes et d’une rigueur technique saluée par les deux camps, l’Algérie avait accouché des historiques Accords d’Alger du 19 janvier 1981. Cet accord avait permis la libération des otages contre le dégel des avoirs iraniens et la levée des sanctions américaines. Ce chef-d’œuvre de la diplomatie non-alignée reste gravé à Washington comme le symbole de l’efficacité algérienne dans les situations désespérées.
Actuellement, les signaux d’un rapprochement et de consultations de haut niveau se multiplient en marge de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies à New York. Le ministre des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, a enchaîné les rencontres stratégiques. Il s’est notamment entretenu de manière très remarquée avec Massad Boulos, le haut conseiller du président américain pour les affaires arabes et africaines, ainsi qu’avec le secrétaire d’Etat adjoint américain, Christopher Landau.
Mais l’élément le plus spectaculaire s’est joué sur le tarmac de l’aéroport international Houari-Boumediene. Le 22 septembre, l’avion officiel du président iranien, Massoud Pezeshkian, y a effectué une escale surprise qualifiée de «technique» avant de poursuivre son chemin vers New York. Accueilli au salon d’honneur par le ministre de l’Intérieur, Saïd Sayoud, et le secrétaire d’Etat Sofiane Chaïb, cet arrêt non inscrit à l’agenda officiel a enflammé les chancelleries. Pour de nombreux observateurs de l’actualité, ce transit dépasse le simple besoin logistique : il s’agit d’une démonstration de la centralité d’Alger, agissant comme le carrefour incontournable du dialogue entre l’Orient et l’Occident.
L’Algérie, forte de sa doctrine de neutralité active et de son capital de confiance intact auprès de Téhéran, dispose une nouvelle fois des clés pour offrir aux Etats-Unis un canal de communication discret et hautement crédible. Face à l’échec de la confrontation directe, l’histoire pourrait bégayer, offrant à l’Algérie l’opportunité de réactiver sa diplomatie des miracles.
Au-delà du seul axe Washington-Téhéran, le succès d’une telle médiation algérienne redéfinirait profondément l’architecture de sécurité au Moyen-Orient. En offrant une rampe de décompression qui pourrait amorcer un désengagement progressif des logiques de guerre par procuration qui ravagent la région. Une désescalade négociée permettrait non seulement de stabiliser les voies maritimes vitales de la mer Rouge et du golfe Persique, mais aussi d’instaurer un climat propice à des discussions multilatérales sur la sécurité régionale.
Pour les pays arabes de la région, souvent pris en étau entre deux feux, cette diplomatie de l’équilibre portée par un acteur maghrébin historique offre une alternative crédible à l’alignement forcé, transformant le Moyen-Orient d’un théâtre de confrontation permanente en un espace de coexistence négociée.
M. H.




Algeria did it before and still capable of doing it and if its the case Algeria must take profit of it ,and send the little mococo to the garbage bin where it belongs .
Bravo pour cet article plein d’espoir et de fierté. Vive l’Algérie , son peuple, ses dirigeants et sa diplomatie. Que la paix s’installe dans ce bas monde et que la prospérité et le progrès puissent l’emporter sur la misère et le désespoir.
Ipicitou » inchAllah inchAllah inchAllah ya Rabi 🤲
Je me souviens de cet accord du 19 janvier 1981 conclut par le très regretté M.S.Benyahia qui a permis la libération des otages américains, et je me souviens aussi qu’en guise de remerciement les usa nous ont fait « cadeau » du feuilleton « Dallas ».
Nous avons beaucoup perdu à cette époque que ce que nous pensons avoir gagné. Allons nous faire de même… encore ?
Nous avons des problèmes beaucoup plus important et urgent à résoudre dans notre continent, que de voler au secours du régime américain et ses proxy, dont l’un d’eux est un ennemie confirmé depuis la sage rupture, qui a tardé à venir.
Je ne vois aucune raison ni aucun intérêt d’aider le régime américain actuel, et j’espère que nos diplomates en sont conscients.
Je dis ça je dis rien.
Je vois plutôt une aide à un pays grand ami qui l’Iran.
Tout à fait d’accord avec vous ANTISIONISTE. (…)
Ils semblent oublier la fameuse phrase, digne d’un dicton : « Etre l’ennemi des Etats-Unis est dangereux, être son ami est fatal ». Les Etats-Unis vont-ils être désormais qualifiés de « pays frère » selon la terminologie bisounours que dénonce régulièrement Abou Stroff ?
Oui profitons en pour demander que le Sahara occidental soit libéré de ces colons Marocains .
Ils veulent qu’on les aident hey bien il n’y a pas de scrupule a voir : c’est du donnant donnant .
Bonjour,
Eh bien, la manière dont la politique algérienne est vue dans le monde est distincte. Nous ne sommes pas des bandits occidentaux ni des cowboys: ils appuient un pays, ensuite ils agressent sa population pour récupérer leur mise. Interrogez Trump pourquoi il convoite les ressources rares de l’Ukraine.
Nous sommes une nation de révolutionnaires, appuyant chaque entité persécutée qui lutte pour sa liberté et son indépendance vis-à-vis des tyrans coloniaux, et ce, à tous les recoins de la planète. En ce qui concerne le Sahara occidental, l’Algérie ne revendique ni la position de Polisario, ni celle de représentant des Sahraouis. Il convient de distinguer clairement entre les défis auxquels fait face notre pays et notre peuple et ceux auxquels sont confrontés les Sahraouis ou les Hashichiens. Leur dossier est actuellement sous la gestion de l’ONU. Notre unique souhait est la paix, en aspirant à ce que chaque nation puisse vivre librement et en harmonie sur son propre territoire, aux côtés de ses voisins.
Washington premier sponsor de genocide dans le monde en tête du hit parade de vente de mort et genocide , siege mondial de la corruption tout les indicateurs de confiance quoi pour leur accorder du crédit
On ne peut pas faire confiance à la parole étatsunienne. Aucune crédibilité.
Si tel était le cas et que l’Algérie s’impliquait dans une médiation entre Téhéran et Washington pour obtenir une désescalade, il serait nécessaire en retour que Washington et les monarchies du Golfe s’engagent à prendre leur distance sur les plans diplomatique, militaire et financier avec le Maroc sur la question du Sahara Occident afin que le peuple sahraoui reprenne ses droits sur sa terre.
Il y va de la sécurité et de la stabilité de l’Algérie !
La paix et la stabilité ne doivent pas être l’apanage exclusif des yankees et de ceux dont les coffres sont remplis de milliards de dollars servant principalement à alimenter l’industrie militaire occidentalo-sioniste.
Le résident de la Maison-Blanche et son administration sont dans une impasse.
Et il y’a les élections de mi-mandat. Ils ne jouent même pas la montre puisqu’ils ne contrôlent pas la situation.
Donald Trump va sortir au MIDTERMS, le 03/11/2026
Il passe le relais à la France pour aller en Arabie Saoudite afin qu’elle puisse ramasser des milliards de dollars via un accord-défense, les bédouins vont lâcher du cash, vite, vite s’il vous palît, sauvez nous face aux méchants Houthis, quelle comédie, d’où la précipitation de Mr Macron.
La perte financière réalisée aux stations d’essence en France sera in fine repris chez ces bédouins maléfiques.
Par contre, les Houthis seront canardés comme des lapins et finiront au cimetière.
Voilà, la dure réalité !
C est technique ! Mais bon sur la visite de l envoyé spécial de Trump récemment à Alger, j avais soulevé sur votre site et l’article concernant sa visite à Alger cette hypothèse avec d autres sans écarté celle ci sur une médiation algérienne entre les USA et l Iran .
Une diplomatie ou une médiation miracle je ne crois pas plutôt un savoir-faire algérien .
L Algérie est sollicitée par les 3 grands et même l UE en Afrique et au Sahel car elle joue un rôle piveau et majeur dans la région.
L Algérie par ces énergies est sollicitée aussi et surtout par l UE.
Elle est un poids lourd africain et arabe et ça personne ne peut dire le contraire.
Maintenant il faut que l Algérie s affirme et aussi dans le droit d attendre des autres et avec respect.
Je pense à son propre développement et aussi donner à l Algérie pour l Afrique un statut de membre permanent au conseil de sécurité avec droits de véto.
C est un vieux souhait que j avais écris sur ce site d AP il y a bien longtemps, les USA et autres devront y songer et puis ça va dans les deux sens. Vous me trouvez je vous trouve tt simplement.
Nous émettons ce souhait et nous sommes même en droit de l exiger pour l Algérie et pour l Afrique .
Enfin pour finir le secrétaire général de l ONU Mr Guteress à la 81 ème assemblée générale vient de le rappeller.
Qu’est ce que vous attendez vous autres ?
Vous voulez les richesses africaines et décider à la place de ce continent sans contre partie, ça c est fini et l Algérie s en porte garante à unir ces frères que vous cherchez éternellement à diviser pour mieux régner.
Il y aura tjrs des brebis galeuses à votre solde mais elles se découvrent de plus en plus et n auront aucunes influences sur le changement voulu par l ensemble de l Afrique pour une Afrique plus forte plus respectée et bcp plus stable et développer par ces propres richesses qu’elle devrait pour commencer savoir négocier pour son propre salut
Et c est bien sûr ça que l Algérie va peser de tout son poids dans son continent et faire le job pour elle et ces pays frères africains.
C est comme ça et pas autrement et pour vous tous « les autres « .
J ai omis de rajouter une chose sur cette escale technique de l Iran à Alger qui n est pas passée inaperçue.
Ben oui forcément.
Connaissant les méthodes des miens en Algérie on peut aussi voir cette escale de l Iran comme un avertissement à l UAE.
Vous voyez nos vrais amis iraniens pourraient vous détruire en une demi journée, un truc comme ça.
Je n écarte jamais rien mais ça veut pas dire non plus que c est bien ça la visite furtive du président iranien à Alger mais surement un ensemble de points et de sujets et ça peut en faire partie.
Désolé . Un rôle pivot et non piveau. J ai mes limites aussi 😁
À chacun son niveau. 😂
Rafarian j avoue 😁 koul oued fi blasteh.😂
Je peux que m incliné mais reconnaissez quand même que j ai rattrapé le coup. 👍
Bonne continuation à vous.
« Washington-Téhéran : Alger clé de voûte d’une diplomatie de l’ombre face à l’impasse Trump ? »
je pense qu’au moment présent, c’est le Qatar et non l’Algérie qui essaie de jouer à l’intermédiaire pour dépasser l’impasse dans laquelle s’est fourvoyé le trump.
Quant à savoir « si les Etats-Unis [sollicite] une discrète médiation de l’Algérie avec l’Iran ». Au regard des signaux visibles, l’hypothèse n’est, pour le moment, corroborée par aucune fait palpable.
Wa el fahem yefhem