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La réforme ou l’agonie

Par Abdelkader S. – La participation de notre ministre des Affaires étrangères à la 14e réunion ministérielle du Comité des Dix (C-10) de l’Union africaine à Tripoli ne doit pas être lue comme une simple formalité diplomatique. Derrière le renouvellement des engagements africains et l’adoption de la «Déclaration de Tripoli» se cache un diagnostic lucide mais terrifiant : l’Organisation des Nations unies est en état de mort cérébrale fonctionnelle. Sans une refonte structurelle immédiate, elle cessera d’exister bien plus tôt qu’on ne le pense en tant qu’instrument de paix, de prévention des conflits et d’arbitrage international.

Le constat est d’une gravité sans précédent. Le système multilatéral actuel, hérité de 1945, est devenu une relique anachronique. En maintenant l’Afrique – un continent de plus de 1,4 milliard d’habitants – en marge des cercles de décision réels du Conseil de sécurité, l’ONU ne fait pas que perpétuer une injustice historique flagrante. Elle sabote activement sa propre légitimité. Comment une institution peut-elle prétendre arbitrer les crises mondiales alors qu’elle prive de représentation équitable la région même où se déroule une part majeure de ses opérations de maintien de la paix ?

Ce déni de réalité géopolitique paralyse l’organisation. Le droit de veto, instrument d’un autre siècle privatisé par une poignée de puissances, a transformé le Conseil de sécurité en un théâtre d’impuissance chronique où les tragédies humaines sont sacrifiées sur l’autel des intérêts nationaux. L’incapacité de l’ONU à prévenir les guerres actuelles ou à imposer un arbitrage respecté démontre qu’elle n’est plus un rempart contre le chaos, mais une structure bureaucratique passive.

L’appel d’Ahmed Attaf à intensifier l’action diplomatique pour mobiliser le soutien international autour de la position africaine commune (Consensus d’Ezulwini et Déclaration de Syrte) sonne comme un ultime avertissement. Si les membres permanents du Conseil de sécurité continuent de s’accrocher à leurs privilèges obsolètes en ignorant ces revendications légitimes, l’ONU signera son arrêt de mort. Les nations marginalisées finiront par se détourner d’un forum devenu inutile pour créer de nouveaux mécanismes d’arbitrage hors de l’orbite onusienne.

La fin de l’ONU en tant que garante de la paix mondiale n’est plus une hypothèse lointaine, mais une certitude à court terme si le conservatisme cynique des grandes puissances l’emporte sur l’urgence absolue de la réforme.

A. S.

5 Commentaires

  1. Tant qu’il n’y a pas de réelle volonté, les choses resteront telles quelles. On sait pourtant où se situent les blocages.

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  2. Évacuons toute tentation de regarder les BRICS+ comme un substitutif viable à ce « Grand machin » d’ONU foncièrement anachronique…Surtout depuis qu’il s’est élargi à des pays peu recommandables comme les Emirats Arabes Unis du pestiféré BEN ZAYED ou encore l’Inde de l’antimusulman primitif MODI soit-il et grand ami du non moins raciste CHEYTHANYAOU. Il pourrait n’y avoir pour toute alternative à cette ONU que sa dissolution pure et simple. L’Afrique de tous les maux et calamités, doit organiser sa propre sécurité, pourvoir seule à son développement et à sa prospérité. Ce n’est qu’ainsi qu’elle fera entendre sa voix dans les fora du Capitalisme barbare que TRUMP et ses acolytes de l’Empire incarnent avec un suprême cynisme. Les jours de l’ONU du Champagne et des petits fours sont comptés

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  3. Non, mais c’est le bal des clowns là-bas. Cette institution doit disparaître. Les contraintes pour l’Afrique, aucun souci. Mais pour les Occidentaux et leurs alliés, pas touche. Ces organisations, comme bien d’autres, sont des outils pour nous réprimer. Quel changement a-t-elle fait pour la Palestine, ou Cuba, le Sahara occidental, les musulmans opprimés en Inde, en Chine, par millions, qui subissent des épurations ethniques ? Zéro. Par contre, pour nous freiner dans le développement de nos pays, là ils sont forts. Des contraintes, des règlements qu’ils ont inventés pour nous freiner dans notre développement. Ces contraintes et règlements étaient autorisés pour eux quand ils en avaient besoin. Une fois qu’ils n’en avaient plus l’utilité et qu’ils se sont développés, ils nous les ont imposés. C’est un machin qui sert simplement à nous contrôler.

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