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Secteur des hydrocarbures : plus de 71 milliards de dollars d’investissements d’ici 2030 

Le ministre d’Etat, ministre des Hydrocarbures, Mohamed Arkab, a présenté, samedi à Alger, les détails du programme de développement et du programme financier du secteur des hydrocarbures, visant à renforcer l’exploration et la production et à attirer les investissements et les partenariats internationaux, au service du développement économique.

Présentant un exposé devant la commission des finances et du budget de l’Assemblée populaire nationale (APN), dans le cadre de l’examen et du débat du projet de loi de finances (PLF) 2027, lors d’une séance présidée 
par le président de la commission, Abdelhafid Brima, en présence de la ministre des Relations avec le Parlement, Nadjiba Djilali, Arkab a précisé que le programme sectoriel prévoit la poursuite des efforts visant à valoriser les ressources nationales, à développer les industries de transformation, à renforcer la sécurité hydrique, à réduire les émissions et à moderniser la gestion, en vue de contribuer au développement économique national et d’atteindre les objectifs fixés à l’horizon 2030.

Arkab a, dans ce cadre, fait savoir que l’appel d’offres international «Algeria Bid Round 2026», lancé par l’Agence nationale pour la valorisation des ressources en hydrocarbures (ALNAFT) et portant sur sept périmètres d’exploration répartis entre les wilayas de Ouargla, Illizi, Touggourt et El Bayadh, avait suscité l’intérêt d’une soixantaine de compagnies, dont 21 ont satisfait aux conditions d’accès aux dossiers de données techniques et aux salles de données virtuelles disponibles depuis juin 2026.

Sonatrach poursuit également le développement de ses partenariats internationaux à travers la signature de contrats avec plusieurs compagnies, notamment l’italienne Eni, l’indonésienne Pertamina, l’espagnole Repsol, la chinoise Sinopec et l’américaine Occidental Petroleum, a ajouté le ministre d’Etat, qui s’est félicité du contrat signé par l’Entreprise nationale de forage (Enafor) pour le forage de puits d’exploration au Niger, dans le cadre du renforcement de la présence internationale et des capacités opérationnelles du groupe.

Arkab a en outre rappelé la position de l’Algérie en tant fournisseur fiable de gaz naturel. Relevant la hausse de la demande européenne en gaz algérien, il a évoqué le renouvellement et la signature de contrats d’approvisionnement à long terme avec plusieurs partenaires, dont l’Italie, l’Espagne, la Slovénie, la Tchéquie et l’Allemagne.

Concernant le projet de gazoduc transsaharien reliant le Nigeria à l’Algérie via le Niger, le ministre d’Etat a rappelé la reprise des négociations conformément au calendrier établi et le lancement des travaux de réalisation du tronçon algérien dans la wilaya d’Adrar.

Présentant le bilan de l’activité sectorielle pour 2026, il a indiqué que le secteur des hydrocarbures a enregistré 17 nouvelles découvertes depuis le début de l’année en cours, grâce aux efforts propres de Sonatrach, avec 
une hausse de la production primaire d’hydrocarbures avoisinant les 128 millions de tonnes équivalent pétrole (TEP).

Dans le même sillage, Arkab a fait savoir que les recettes d’exportation d’hydrocarbures de l’Algérie ont atteint 37,5 milliards de dollars entre janvier et fin septembre 2026, soutenues par la hausse de 37 % du prix moyen du pétrole brut algérien par rapport à la même période de 2025, celui-ci s’étant établi à près de 97 dollars le baril, tandis que le prix moyen du gaz algérien commercialisé a atteint près de 11,3 dollars par million d’unités thermiques britanniques.

La fiscalité pétrolière a enregistré des recettes de l’ordre de 2.841 milliards de dinars, soit près de 105 % des prévisions retenues dans la loi de finances pour l’exercice 2026, estimées à 2.698 milliards de dinars, a ajouté le ministre d’Etat, rappelant que la consommation nationale des produits énergétiques a atteint près de 59 millions de TEP, portée principalement par la hausse de la demande de gaz et, dans une moindre mesure, de celle des produits pétroliers, notamment pendant la vague de chaleur et les incendies survenus dans le pays l’été dernier.

Les investissements de Sonatrach ont dépassé 6 milliards de dollars à fin septembre 2026, contre 5,3 milliards de dollars durant la même période de l’année précédente, soit une hausse de 21 %, tandis que le nombre de travailleurs dans le secteur des hydrocarbures s’élève à près de 193 000 à la fin du premier semestre de 2026.

Concernant les perspectives de développement, le ministre d’Etat a indiqué que le secteur vise à porter la production primaire d’hydrocarbures à près de 201 millions de TEP à l’horizon 2030 et à augmenter le taux de transformation et de valorisation des hydrocarbures à plus de 50 % de la production primaire, contre près de 30 % actuellement.

  Plus de 71 milliards de dollars d’investissements à l’horizon 2030

A cet effet, «une enveloppe d’investissement de près de 71,6 milliards de dollars a été allouée au développement de l’activité des hydrocarbures, dont 52 milliards de dollars destinés à l’activité amont et près de 13 milliards de dollars aux projets de raffinage et de pétrochimie», a précisé Arkab.

Parmi les principaux projets, figurent la nouvelle raffinerie de Hassi Messaoud, une unité de production de Méthyl Tert-Butyl Ether (MTBE), un complexe de production de polypropylène à Arzew, un projet similaire en Turquie, ainsi qu’une unité de production d’Alkyl Benzène linéaire à Skikda.

Arkab a également évoqué l’avancement du projet de phosphate intégré, les efforts du secteur en matière de protection de l’environnement et de numérisation et le dessalement de l’eau de mer, précisant que la production totale des stations en exploitation avait progressé de 26% à fin septembre 2026 par rapport à la même période de l’année précédente, pour atteindre 804 millions m3.

Présentant les principaux indicateurs financiers du projet de budget sectoriel pour 2027, le ministre d’Etat a indiqué que les prévisions de recettes de la fiscalité pétrolière s’élevaient à 2.652 milliards de dinars, sur la base d’un prix de référence du pétrole fixé à 60 dollars le baril, précisant que le budget sectoriel était estimé à environ 63 milliards de dinars, destinés principalement au programme de soutien au prix de l’eau dessalée, outre les crédits affectés au fonctionnement de l’administration du secteur.

Il a souligné, dans ce sens, que l’élaboration du projet de budget sectoriel pour 2027 intervenait dans un contexte marqué par des mutations géopolitiques et économiques accélérées, qui ont eu des répercussions sur la croissance mondiale et les marchés pétroliers et gaziers, entraînant des fluctuations des prix et une accentuation des inquiétudes liées à la sécurité des approvisionnements.

R. E.

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