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Godon remporte un Grand Prix du Piémont renversé dans les derniers kilomètres

Dorian Godon a remporté le Grand Prix du Piémont jeudi 8 octobre 2026, au terme d’une arrivée aussi mouvementée qu’indécise à Bra. Le coureur de Netcompany Ineos a devancé le Danois Anthon Charmig et l’Italien Alberto Bettiol dans un sprint perturbé par une chute au dernier virage. Quelques instants auparavant, la victoire semblait pourtant promise à Isaac Del Toro, parti à l’attaque dans les reliefs des Langhe.

Les trente secondes d’avance de Del Toro et Fisher-Black pouvaient peser sur les cotes proposées pour parier en ligne, mais la poursuite a fini par ramener Godon dans la lutte pour la victoire. Godon, distancé sur la dernière montée, a finalement retrouvé le peloton au moment décisif. Sa victoire raconte la résistance d’un collectif et la capacité d’un coureur à exploiter une occasion après quatre heures d’effort.

Del Toro accélère, le peloton refuse de céder

Le parcours reliant Asti à Bra traversait les collines du Piémont et réservait deux passages par La Morra dans son circuit final. Au départ, neuf coureurs ont constitué une échappée, parmi lesquels Valentin Ferron, Brieuc Rolland et Davide Ballerini. Leur avance a atteint environ deux minutes, sans inquiéter les équipes des favoris.

Valentin Ferron et Santiago Umba ont été les derniers rescapés de cette offensive initiale. Le peloton les a rejoints à une quarantaine de kilomètres de l’arrivée. UAE Team Emirates-XRG a ensuite imposé un rythme élevé, préparant l’attaque de son leader Isaac Del Toro, vainqueur de la précédente édition.

Le Mexicain a accéléré dans la deuxième montée de La Morra. Finn Fisher-Black a résisté à son premier changement de rythme, puis a perdu quelques mètres avant de revenir dans la descente. Leur avance approchait de trente secondes au sommet. Derrière eux, plusieurs équipes de sprinteurs ont organisé une poursuite qui a progressivement réduit cet écart.

La remontée décisive de Netcompany Ineos

Dans cette poursuite, l’équipe de Godon a joué un rôle central. Tobias Foss et Bob Jungels ont travaillé sur les portions difficiles, tandis que Kim Heiduk participait au retour du peloton. Axel Laurance devait ensuite placer son compatriote dans les meilleures conditions pour le sprint.

Le scénario a basculé en trois temps :

  • Del Toro et Fisher-Black ont conservé leur avance sur les dernières bosses.
  • La poursuite collective les a rejoints à environ 1,4 kilomètre de la ligne.
  • Laurance a guidé Godon vers l’avant avant le dernier virage, où la circulation est devenue dangereuse.

Godon ne disposait pas de ses meilleures sensations, a-t-il reconnu après l’arrivée. Cela rend la précision de son placement d’autant plus remarquable. Son équipe a maintenu sa confiance dans une arrivée rapide alors que plusieurs formations essayaient encore de gagner seules.

Une courbe, une chute et trois hommes pour la victoire

Alberto Bettiol s’était porté en tête pour lancer son coéquipier Thomas Silva. Mais l’Uruguayen a heurté les barrières dans le dernier virage, provoquant une chute et désorganisant le sprint. Godon a évité l’incident et est sorti de la courbe en troisième position. Il a alors accéléré pour dépasser Charmig et Bettiol avant la ligne.

Sur une arrivée aussi resserrée, la lecture d’une trajectoire compte presque autant que la puissance. Dans le baseball, quelques instants peuvent également décider d’une arrivée au marbre ; à Bra, Godon n’a surtout pas perdu sa vitesse en abordant la courbe finale. Son succès ne doit cependant pas faire oublier la chute qui a privé Silva de ses chances.

Voici les cinq premiers du classement officiel :

PlaceCoureurÉquipe
1Dorian GodonNetcompany Ineos
2Anthon CharmigUno-X Mobility
3Alberto BettiolXDS Astana
4Lukas NerurkarEF Education-EasyPost
5Quinten HermansPinarello Q36.5

Godon a parcouru les 181 kilomètres chronométrés en 4 h 06 min 19 s, selon l’organisateur. Les trois premiers ont été classés dans le même temps, ce qui confirme le caractère serré de cette conclusion. Nerurkar et Hermans ont terminé deux secondes plus tard, après avoir traversé une arrivée désorganisée. Ces écarts montrent combien de prétendants restaient en lice.

Une victoire française chargée d’histoire

Il faut remonter à 1996 et à Richard Virenque pour retrouver un Français au palmarès de cette classique. Godon devient le quatrième coureur français à s’y imposer. L’organisateur comptabilise ce succès comme le vingt-troisième de sa carrière professionnelle, signe d’une saison particulièrement réussie avec Netcompany Ineos.

Godon a souligné son goût pour les arrivées sinueuses, mieux adaptées à son tempérament de puncheur qu’un sprint entièrement plat. Son sens du placement a confirmé cette préférence à Bra.

Cette édition a aussi été marquée par les adieux de Damiano Caruso et Jacopo Mosca, deux équipiers expérimentés qui disputaient leur dernière course professionnelle. Un hommage leur avait été rendu avant le départ. Leur présence souligne la double dimension de cette journée : l’arrivée d’un vainqueur au sommet de sa forme et la fin de deux longues carrières.

À Bra, Godon n’a pas dominé les ascensions ni imposé son rythme pendant toute la course. Il a simplement retrouvé la bonne position lorsque les attaques ont échoué. Le Gran Piemonte 2026 restera celui d’un sprint gagné sur le fil, après une poursuite acharnée et un dernier virage qui aurait pu produire un tout autre podium.

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