Par Mehenna H. – Dans une tribune publiée ce mardi 27 octobre dans La Nouvelle Revue Politique, l’ancien ambassadeur de France à Alger, Xavier Driencourt, s’est fendu d’une énième charge contre l’Algérie. Prétendument consacrée au déploiement de troupes algériennes au Niger, cette analyse pseudo-stratégique tourne rapidement au réquisitoire obsessionnel. En voulant à tout prix dépeindre les choix d’Alger sous un prisme hostile, ce diplomate de pacotille réussit surtout un tour de force ironique : valider, par sa propre médiocrité, le titre de son propre ouvrage, Une diplomatie sans diplomates. Si la diplomatie française souffre aujourd’hui d’un manque cruel de grands serviteurs visionnaires, Driencourt en est l’incarnation vivante, s’affirmant comme un piètre analyste dont la vue est totalement aveuglée par une haine viscérale de l’Algérie.
Dans son texte, Driencourt tente de théoriser la fin de la doctrine de non-intervention militaire de l’Algérie en la qualifiant de «manœuvre agressive» et de «fébrilité». Selon sa grille de lecture, le vote du Parlement algérien ne serait qu’une réaction «nerveuse» pour «marquer son territoire» face au Maroc et «narguer la France» en s’installant dans les anciennes bases désertées par l’opération Barkhane. Cette analyse frôle le ridicule. Réduire une décision souveraine de sécurisation des frontières et des infrastructures énergétiques majeures – comme le gazoduc transsaharien – à un dépit amoureux ou à une provocation enfantine envers Paris démontre une méconnaissance crasse des réalités du Sahel. Driencourt ne fait pas de la géopolitique ; il fait du ressentiment.
Cet aveuglement passionnel l’empêche de voir la cohérence d’un Etat pivot qui assume ses responsabilités sécuritaires face au vide laissé par le fiasco de la politique française dans la région. Là où un diplomate chevronné verrait une adaptation pragmatique aux menaces terroristes et constitutionnelles à la frontière sud de l’Algérie, Driencourt ne perçoit qu’un complot imaginaire orchestré par Alger. En agitant les spectres d’une rivalité marocaine pour délégitimer l’action algérienne, il recycle les vieux clichés d’une diplomatie de salon, totalement déconnectée des dynamiques de terrain.
En refusant d’admettre que l’Algérie agit en acteur rationnel et stabilisateur, l’époux littéraire de Boualem Sansal s’enferme dans une posture idéologique stérile. Sa haine tenace fait de lui le parfait exemple de cette «diplomatie sans diplomates» qu’il prétendait dénoncer : une diplomatie dépourvue de nuances, de recul et de sens de l’Etat, préférant le buzz médiatique et le fiel éditorial à l’analyse rigoureuse. Xavier Driencourt a définitivement troqué les habits de l’ambassadeur pour ceux du pamphlétaire aigri, confirmant qu’il n’est plus, depuis longtemps, une voix crédible sur l’échiquier maghrébin.
M. H.


