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Quand Abuja enterre les fantasmes marocains : le coup de grâce du ministre nigérian à Moscou

Par Abdelkader S. – C’est une douche froide dont les officiels de Rabat se relèveront difficilement. En marge du sommet Russie-Afrique qui s’est tenu à Moscou, le ministre nigérian de l’Energie a définitivement enterré le projet chimérique de gazoduc Atlantique porté par le Makhzen. En proclamant haut et fort que le véritable axe énergétique prioritaire est le Gazoduc transsaharien (TSGP) reliant le Nigéria à l’Algérie, Abuja a réduit à néant des années de propagande marocaine.

Pour les autorités de Rabat, ce soufflé médiatique retombe brutalement, exposant au grand jour la supercherie d’une monarchie qui, incapable de répondre aux urgences sociales d’un peuple terrassé par la misère, se complaît à lui vendre des chimères.

Interrogé sur les grands chantiers énergétiques du continent, le ministre nigérian a levé toute ambigüité, pulvérisant les fictions marocaine : «Le projet du gazoduc transsaharien reliant le Nigéria à l’Algérie est une priorité», a-t-il asséné. Des mots d’une clarté implacable qui viennent valider les discussions de haut niveau menées récemment à Alger. Accompagné d’un haut représentant de la compagnie pétrolière nationale nigériane, le ministre a rappelé avoir reçu toutes les garanties nécessaires du côté d’Abuja pour concrétiser ce corridor stratégique. En face, le président Tebboune s’est engagé à porter les infrastructures jusqu’au point de raccordement final, ancrant le projet dans une réalité industrielle incontestable, loin des maquettes virtuelles brandies par les médias du Makhzen.

En détaillant en outre les investissements en cours pour accroître les capacités de production de GNL et répondre aux marchés internationaux, le Nigéria a démontré que sa diplomatie économique se conjugue au présent, pendant que le régime marocain s’épuise en incantations stériles.

Cet épisode de Moscou met à nu la stratégie suicidaire d’une monarchie aux abois. Maintenir la population marocaine dans le mythe d’une puissance énergétique transcontinentale sert un seul et unique objectif : anesthésier les consciences, détourner l’attention des inégalités abyssales et camoufler la faillite socio-économique du royaume. Alors qu’une frange immense de la jeunesse et des classes laborieuses subit de plein fouet la pauvreté et l’inflation, le pouvoir royal préfère financer l’illusion de grandeurs géopolitiques fictives.

La mise au point sans ménagement du ministre nigérian résonne ainsi comme un camouflet historique. Elle rappelle une règle immuable de la realpolitik africaine : on ne bâtit pas le développement sur des mensonges d’Etat. Tandis que l’axe Alger-Abuja concrétise des infrastructures structurantes au service de l’intégration continentale, le Makhzen demeure prisonnier de ses propres mirages, condamnant son peuple à subsister de chimères.

A. S.

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