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Le putsch avorté du Niger : comment la France a tenté un «scénario soudanais» à nos frontières

Par Abdelkader S. – Les autorités nigériennes accusent directement la France et son président Emmanuel Macron d’avoir orchestré la tentative de coup d’Etat avortée survenue à Niamey. A travers la télévision publique et les déclarations officielles, le gouvernement du président de transition Abdourahamane Tiani présente cette tentative comme une opération de déstabilisation soutenue depuis l’étranger, dans un contexte de rupture profonde entre le Niger et la France.

Selon les autorités nigériennes, le mouvement a impliqué un groupe de militaires de la base 100, située à proximité de l’aéroport international Diori-Hamani de Niamey. Plusieurs dizaines de militaires arrêtés ont été montrés à la télévision officielle.

Dans un reportage spécial, la télévision publique accuse explicitement la France et Emmanuel Macron d’avoir organisé le putsch. Niamey affirme également que les informations diffusées sur les réseaux sociaux pendant les événements participaient à une opération de guerre psychologique destinée à semer la confusion et à déstabiliser le pays.

Les autorités nigériennes inscrivent cette tentative dans une confrontation plus large avec les anciennes puissances occidentales présentes dans le pays. Depuis la prise de pouvoir du CNSP, Niamey a exigé le départ des forces françaises et fermé plusieurs bases militaires étrangères. La base aérienne 201 d’Agadez, importante installation américaine consacrée aux drones, ainsi que la base 101 de Niamey, auparavant occupée par les forces françaises, figurent parmi les infrastructures concernées.

Le contrôle des ressources en uranium constitue un point majeur de la rupture avec la France. Le Niger a entrepris de reprendre le contrôle des activités du groupe français Orano, notamment sur le site d’Imouraren et à la mine de Somair, dans le nord du pays. Les autorités nigériennes rappellent l’importance historique de Cominak dans l’approvisionnement en uranium du parc nucléaire français.

Niamey affirme par ailleurs disposer d’un précédent permettant d’inscrire la tentative de coup d’Etat dans une stratégie française plus vaste. Après deux attaques meurtrières attribuées à Daech contre l’aéroport de Niamey, en janvier et en juin, Abdourahamane Tiani avait déjà accusé la France et Emmanuel Macron de financer, armer, soutenir et entraîner des groupes terroristes dans des camps liés aux services de renseignement français au Bénin voisin.

Les médias nigériens évoquent ainsi une tentative visant à exploiter les éventuelles tensions entre la garde présidentielle et l’état-major de l’armée, afin de provoquer un «scénario soudanais». Pour les autorités, cette opération s’inscrit dans une volonté de faire échouer le processus de rupture avec la France et d’empêcher le Niger de réorienter ses partenariats économiques et stratégiques vers d’autres puissances et les pays voisins.

A. S.

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