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Charognage marocain

Par Amar Belani – Il fallait une bassesse peu commune pour faire du malheur algérien un instrument de propagande. Il fallait surtout avoir renoncé à toute décence pour transformer la mort, le deuil et la souffrance en matière à jubilation éditoriale. Le360 marocain s’y complaît avec une aisance qui en dit long sur la nature de son entreprise.

Quand une rédaction guette le malheur d’autrui pour s’en nourrir, elle cesse de faire du journalisme. Elle pratique le charognage. Elle fouille les décombres, recense les morts et les aligne dans ses colonnes pour nourrir une propagande aussi grossière que prévisible.

Le procédé frappe surtout par son indignité morale. Aucun événement n’y échappe. Une catastrophe frappe l’Algérie, et la mécanique s’enclenche aussitôt. Les victimes deviennent des accessoires. Le deuil devient un prétexte. La mort devient une marchandise éditoriale.

Il faut une réelle indigence morale pour voir dans la détresse d’un peuple une occasion de triomphalisme. Il faut surtout une obsession tenace pour confondre information et règlement de comptes. Mais lorsqu’on œuvre depuis les coulisses du pouvoir, l’indécence finit peut-être par se prendre pour une ligne éditoriale.

Le360 ne se contente pas de relater un drame. Il l’exploite. Il le déforme. Il le salit. Il cherche à convertir chaque deuil algérien en munition politique, une propagande qui n’honore ni ceux qui la commandent ni ceux qui l’exécutent.

Le problème, à ce stade, n’est plus seulement l’hostilité affichée envers l’Algérie. C’est la bassesse avec laquelle elle s’exprime : une hostilité qui se nourrit du malheur, prospère sur les tragédies et se réjouit devant les cercueils.

Quand la propagande tombe aussi bas, elle devient charognage médiatique.

Le360 y est visiblement dans son élément naturel. La fange.

A. B.

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