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L’ancien ambassadeur Amar Belani déjoue les manœuvres du proche conseiller de Ben Zayed

Par Mohamed K. – Après l’annonce par l’Algérie de sa décision de rompre les relations diplomatiques avec les Emirats arabes unis, Anwar Gargash, conseiller politique de Mohammed Ben Zayed, a réagi en mettant en avant la nécessité d’une diplomatie fondée sur la «raison», la «communication» et la «clarté des intérêts», ajoutant que les relations ne pouvaient être «l’otage d’une crispation interne ou d’une incapacité à expliquer les intérêts et à définir les priorités».

Cette réaction n’a pas tardé à susciter une réponse de l’ancien ambassadeur d’Algérie à Bruxelles. Dans une déclaration à Algeriepatriotique, Amar Belani a remis le responsable émirati à sa place, retournant notamment contre Abou Dhabi les accusations d’opacité formulées à l’encontre de l’Algérie.

Belani commence par s’étonner de voir Anwar Gargash invoquer la «clarté» et dénoncer les «énigmes à décrypter», estimant que cette posture est particulièrement audacieuse de la part des Emirats. «Parler de clarté et dénoncer les énigmes à décrypter est un exercice d’audace venant de celui dont le pays n’a jamais assumé publiquement ni son soutien au MAK, mouvement séparatiste classé terroriste, ni la protection offerte à des fugitifs de la justice algérienne, ni sa coopération militaire active avec l’axe Tel-Aviv-Rabat dont les visées anti-algériennes sont un secret de polichinelle.»

L’ancien ambassadeur poursuit en contestant directement l’idée selon laquelle l’opacité serait du côté algérien. Sa formule est sans détour : «L’opacité, en l’espèce, n’est pas du côté d’Alger, elle a un nom et une adresse, et ce nom est Abou Dhabi.»

Pour Belani, la déclaration du conseiller du président émirati est surtout révélatrice par ce qu’elle ne dit pas. Il reproche notamment à Anwar Gargash de ne faire aucune référence aux agissements du régime émirati sur plusieurs théâtres de crise.

«Le propos de ce monsieur est surtout révélateur par ce qu’il tait soigneusement. Pas un mot sur les agissements de cet Etat pyromane et prédateur, qui prospère sur le chaos partout où il fourre son nez, au Yémen, au Soudan, en RDC, au Somaliland, et ailleurs encore. Un Etat qui a fait de l’instabilité des autres son modèle économique n’est décidément pas bien placé pour donner des leçons de méthode diplomatique», tacle l’ancien secrétaire général du ministère des Affaires étrangères.

En évoquant un «Etat pyromane et prédateur», Amar Belani rappelle à juste titre le rôle régional néfaste des Emirats arabes unis et leur implication dans différents conflits et foyers de tension. Il estime par ailleurs que la réaction de Gargash constitue davantage une esquive qu’une réponse aux griefs soulevés par l’Algérie. «En vérité, cette pirouette rhétorique n’est rien d’autre que l’aveu classique de celui qui n’a aucune réponse sur le fond, et le sait», affirme-t-il.

Amar Belani revient également sur la référence d’Anwar Gargash à «la raison et la clarté des intérêts». Là encore, l’ancien diplomate rejette la leçon de méthode diplomatique délivrée par Abou Dhabi et renvoie les Emirats à leurs propres choix et alliances. «Quant à la leçon sur la raison et la clarté des intérêts, qu’Abou Dhabi la garde pour ses partenaires des accords d’Abraham», conseille-t-il. Et d’ajouter : «L’Algérie, elle, n’a pas besoin qu’on lui explique ce que sont ses intérêts. Elle vient de démontrer qu’elle sait exactement comment les défendre et avec qui cesser de faire semblant.»

Cette dernière phrase résume la position défendue par l’Algérie. Loin de constituer une décision dictée par la confusion ou l’absence de vision, la rupture diplomatique décidée par Alger est au contraire l’expression d’une politique assumée de défense ses intérêts nationaux bien compris.

M. K.

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