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Albares recadre sévèrement Bourita : quand le gouvernement de Sanchez hausse enfin le ton !

Par Amar Belani – C’est une première. José Manuel Albares, le ministre espagnol des Affaires étrangères, pourtant réputé proche de la France et du Maroc, a rejeté, d’un revers de main, les explications farfelues données par son homologue marocain.

Ce dernier avait tenté une pirouette rhétorique, affirmant avec aplomb que les déclarations de ministres marocains sur Ceuta et Melilla s’inscrivaient dans une simple «conjoncture électorale» et ne traduisaient en rien la position officielle du royaume.

Il avait précisé que ces prises de parole émanaient de responsables s’exprimant en leur qualité de représentants de partis politiques, et non au titre de leurs fonctions au sein du gouvernement. 

Pour une fois, le ministre espagnol a fait preuve de fermeté en jugeant que ces déclarations sont «totalement inacceptables» et «préjudiciables aux relations bilatérales», qu’elles soient ou non liées à la campagne électorale du 23 septembre.

Il a également précisé, au grand dam de son collègue marocain, que «Ceuta et Melilla sont espagnoles et que nous ne discutons pas et ne discuterons jamais de notre intégrité territoriale.»

Au sujet des passages de migrants vers Ceuta fin juillet, Albares a précisé que son homologue marocain l’a assuré que le Maroc «n’était pas à l’origine de ces événements» et que les autorités marocaines avaient déployé les moyens nécessaires pour endiguer cet afflux.

Officiellement, le gouvernement Sanchez s’en tient donc à cette version qui ne tient pas la route. Mais en coulisses, plusieurs observateurs dont des responsables de police estiment que le gouvernement espagnol peut établir une implication active des autorités marocaines dans cet afflux sans pour autant vouloir le formuler publiquement. 

La raison tiendrait à la volonté de Madrid d’éviter une nouvelle crise ouverte avec un voisin belliqueux disposant de leviers de pression considérables – flux migratoires, coopération antiterroriste, lutte contre le narcotrafic – que le régime de Rabat pourrait actionner, encore une fois, sans aucun état d’âme.

A. B.

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