Algeriepatriotique : Quel diagnostic faites-vous de la situation en France actuellement ?
Abdallah Zekri : Ce chaos auquel nous assistons aujourd’hui était totalement prévisible. Depuis plusieurs années, nous alertons sur la déconnexion profonde des élites dirigeantes. Le pouvoir politique s’est obstinément concentré sur des futilités, des débats stériles et des faux problèmes sociétaux, souvent montés de toutes pièces pour saturer l’espace médiatique. Pendant que les plateaux de télévision s’écharpaient sur des polémiques dérisoires, la France réelle sombrait à vue d’œil. Les services publics s’effondrent, la précarité progresse, le lien social se délite et une colère sourde s’est installée dans les territoires. Ce que nous vivons aujourd’hui n’est pas un accident de parcours, c’est le résultat direct d’une faillite démocratique et d’un aveuglement volontaire des gouvernants face aux urgences du pays.
Face à cette colère, des violences urbaines ont éclaté. Jusqu’où peuvent aller les émeutes actuelles selon vous ?
J’aimerais profondément être optimiste et vous dire que le calme va revenir rapidement, mais la lucidité m’impose de constater que tous les signaux sont au rouge. Les tensions ont atteint un point de non-retour. Tout indique que d’autres secteurs, d’autres territoires géographiques et d’autres pans entiers de la société, jusqu’ici silencieux, vont suivre le mouvement. La crise n’est plus sectorielle, elle devient systémique. Lorsque l’autorité de l’Etat est contestée à ce point et que le dialogue social est rompu, l’embrasement peut toucher des corporations professionnelles, le monde étudiant ou les zones rurales délaissées. Cette convergence des colères rendra la situation encore plus problématique et ingérable pour le pouvoir exécutif.
Les élections présidentielles auront lieu dans quelques mois. Croyez-vous qu’un rendez-vous démocratique d’une telle importance pourra être tenu dans ces circonstances si dégradées ?
Je ne pense pas que les élections seront compromises ou reportées, tant elles revêtent une importance que j’allais qualifier de vitale, presque existentielle, pour l’avenir de la France. Le pays a un besoin impérieux de ce rendez-vous pour tenter de retrouver une légitimité politique. En revanche, le véritable danger réside dans l’impact de ce contexte sur les urnes. Ce climat délétère, fait de peur, de colère et de désordre, agit comme un puissant catalyseur électoral. Il risque de faire parvenir l’extrême-droite au pouvoir beaucoup plus tôt qu’on ne l’eût pensé. L’histoire nous enseigne que le chaos profite toujours aux discours autoritaires et simplistes. La tentation du vote refuge vers des solutions radicales n’a jamais été aussi forte qu’en ce moment.
Au cœur de ces débats politiques houleux, la question de l’identité revient sans cesse. Comment la communauté musulmane vit-elle cette situation de crise globale ?
Malheureusement, les musulmans de France sont, une fois de plus, les premières victimes collatérales des tiraillements féroces qui marquent la vie politique française. Dans la course à l’échalote idéologique que se livrent les différents partis, la fustigation de l’islam et des musulmans sert de marchepied cynique pour séduire un électorat inquiet et parvenir au pouvoir. On a transformé une composante entière de la nation en victime expiatoire de tous les maux de la société : chômage, insécurité, perte d’identité. Le résultat de cette rhétorique permanente est dramatique : la communauté musulmane se sent de plus en plus ciblée, stigmatisée et profondément mal à l’aise dans son propre pays, alors qu’elle ne demande qu’à vivre sa foi dans la paix et le respect des lois de la République.
Justement, comment la communauté musulmane peut-elle agir pour se défendre et préserver sa dignité, faute de pouvoir changer le cours de ces événements macro-politiques ?
La clé de la survie et de la dignité réside dans l’unité. La communauté musulmane doit impérativement rester soudée. Elle ne doit en aucun cas céder à la division et à la discorde, qui sont pourtant voulues, théorisées et planifiées par certains cercles politiques et médiatiques. Ces officines trouvent dans le morcellement des musulmans le moyen idéal de les affaiblir, de les discréditer et de les cantonner de force dans une posture de réaction défensive permanente. L’objectif de nos adversaires est de nous enfermer dans une sorte de fatalisme psychologique qui nous inhibe complètement et nous pousse à l’isolement. Pour se défendre, il faut opposer à cette stratégie de la division une solidarité sans faille, une excellence citoyenne et un refus absolu des provocations.
Vous vous en êtes pris plus d’une fois, publiquement, au recteur de la Grande Mosquée de Paris. Que lui reprochez-vous exactement dans ce contexte ?
Je lui reproche justement de faire partie, par ses postures et ses allégeances politiques, de ces cercles qui, consciemment ou inconsciemment, divisent les musulmans de France au lieu de les rassembler. La Grande Mosquée de Paris possède une responsabilité historique, spirituelle et morale immense. Or, la gouvernance actuelle est en train de transformer ce lieu de culte emblématique, qui fut jadis un minaret protecteur, un phare et un repère fraternel pour tous les musulmans sans distinction, en un simple instrument d’influence politique et de soumission institutionnelle. En s’alignant systématiquement sur l’agenda du pouvoir politique au détriment des intérêts et de la dignité des fidèles de terrain, le recteur participe à la fragmentation de notre communauté. Nous avons besoin de leaders courageux et indépendants, pas de diplomates de salon qui valident le discours dominant qui nous marginalise.
Vous parlez de débats stériles et de stigmatisation. Quel rôle attribuez-vous aux médias d’information dans l’exacerbation de ce climat de chaos et de division ?
Les grands médias portent une responsabilité écrasante dans la situation actuelle. Au lieu de remplir leur rôle de contre-pouvoir et d’informateurs impartiaux, de nombreuses chaînes d’information en continu et grands titres de presse se sont transformés en tribunaux d’opinion. Pour faire de l’audience et capter l’attention par l’émotion brute, ils privilégient systématiquement le spectaculaire, la conflictualité et la caricature. Les plateaux de télévision invitent à longueur de journée des polémistes professionnels dont le seul fonds de commerce est d’attiser les haines. En focalisant l’attention sur des sujets identitaires obsessionnels de manière totalement disproportionnée, les médias ont validé et amplifié l’agenda de l’extrême-droite. Ils ont ainsi anesthésié le débat intellectuel sérieux et empêché l’émergence d’une véritable réflexion sur les fractures économiques et sociales du pays.
Si le diagnostic est sombre et le risque d’implosion réel, quelles seraient, selon vous, les premières mesures urgentes à prendre pour amorcer une sortie de crise ?
Pour sortir de cette impasse, il faut un choc d’honnêteté et de justice. La toute première étape, indispensable, est le rétablissement d’un dialogue authentique entre le pouvoir et le peuple, ce qui exige de rompre définitivement avec le mépris vertical qui caractérise la gouvernance actuelle. Sur le plan économique et social, il est urgent de décréter un plan d’urgence national pour les services publics : hôpitaux, écoles et transports, en particulier dans les territoires abandonnés, qu’il s’agisse des banlieues populaires ou de la ruralité périphérique. C’est par la justice sociale que l’on recrée du lien national. Enfin, sur le plan républicain, l’Etat doit cesser d’instrumentaliser la laïcité à des fins de tri politique. Il doit redevenir le garant impartial de la sécurité et de la liberté de culte de tous ses citoyens, sans double standard.
Pour en revenir à la communauté musulmane, face à ces blocages institutionnels et médiatiques, quelles formes concrètes de mobilisation citoyenne préconisez-vous à l’approche des échéances électorales ?
La mobilisation doit sortir du cadre purement réactif ou émotionnel pour devenir stratégique, structurée et résolument politique au sens noble du terme. Les musulmans de France doivent investir massivement le champ civique. Cela commence par une inscription systématique sur les listes électorales et une participation massive aux scrutins : l’abstention est le luxe de ceux qui ne subissent pas les conséquences des politiques menées. Il s’agit ensuite de soutenir et de faire émerger des structures associatives, des cercles de réflexion et des médias indépendants capables de porter une voix alternative et de défendre nos droits de manière professionnelle et rationnelle. Nous devons également nouer des alliances avec toutes les forces vives de ce pays – syndicats, mouvements sociaux, intellectuels humanistes – qui partagent le combat pour la justice, l’égalité et la dignité humaine. C’est par cette convergence citoyenne que nous cesserons d’être un simple sujet de débat pour devenir des acteurs incontournables de l’avenir de la France.
Interview réalisée à Nîmes par Saliha Fayez



il est temps que l’esprit harraga s’éteigne .La france aujourdui est un foutoir .50 ans pour retrouver son rang si elle le peut .la misère chez soi est plus facile à supporter qu’à l’étranger.
les deux cousins sionistes en photo, deux journalistes cretins à la solde Natanyhaou , voila ce nous offre CNEWS tous les jours ou BFMTV ,voir LCI ou FRANCE INFOS
DES JOURNALISTES ( photo le mépris en miroir ) A LA SOLDE DU RN ET DU SIONISME , bon le RN on sait qui est Bardélla maintenant Jordan est bien un anti-sémite peut-être ou sûrement , bref si cela doit peter en France ,on ne sera pas des lâches pour fuir ,ni des moutons pour être amener dans des camps de concentrations ,dans le respect de la république nous resterons bien entendu