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Les Franco-Algériens concernés : Israël dicte à Air France le planning des pilotes musulmans

De Paris, Saliha Fayez – Une directive sécuritaire émise par les autorités israéliennes s’immisce dans la gestion interne de la compagnie aérienne Air France. Selon des révélations documentées par le journal Mediapart, le ministère des Transports israélien impose désormais le filtrage des personnels navigants selon leur nationalité. Une mesure technique en apparence, mais qui se traduit concrètement par l’éviction de personnels binationaux, notamment les pilotes franco-algériens et franco-tunisiens, des lignes desservant Tel-Aviv.

La direction d’Air France a choisi de relayer cette consigne stricte à travers une note interne, interdisant aux navigants possédant l’une des nationalités ciblées de survoler ou d’atterrir sur le territoire israélien. Si la compagnie justifie cette décision par l’obligation légale de se conformer aux règles d’entrée des pays souverains qu’elle dessert, la pilule ne passe pas auprès des syndicats et des personnels concernés. Pour ces professionnels de l’aviation, nés en France et détenteurs d’un passeport français, le fait d’être écartés d’une rotation en raison de leur seconde nationalité s’apparente à une discrimination institutionnalisée, directement adoubée par l’employeur français.

Cette ingérence ne constitue pas un cas isolé, mais s’inscrit dans le prolongement direct d’un précédent impliquant la compagnie émiratie Flydubai, qui avait déjà dû plier face à des exigences similaires de l’appareil sécuritaire israélien. Cette capitulation d’Air France crée un antécédent redoutable, ouvrant la voie à ce que d’autres compagnies occidentales ou alignées sur les intérêts géopolitiques d’Israël adoptent prochainement le même protocole de filtrage au détriment de leurs propres salariés binationaux.

Au-delà du droit du travail, cette affaire relance en France le débat hautement sensible sur le niveau d’influence des exigences géopolitiques israéliennes sur les structures économiques et étatiques françaises. L’application immédiate et sans réserve de cette consigne par le pavillon national français illustre une forme de vulnérabilité, voire de complaisance, des autorités françaises face aux doctrines de sécurité d’un Etat tiers.

Ce cas de figure fait écho au rôle de l’institution communautaire qu’est le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) dans l’espace public français. Cette organisation exerce, en effet, un lobbying intensif auprès des décideurs politiques pour aligner la diplomatie française sur les positions du régime nazi de Tel-Aviv. Si le CRIF se définit comme le porte-parole politique de la communauté juive de France luttant contre l’antisémitisme, ses interventions régulières sur la politique étrangère française au Proche-Orient continuent révèlent cependant son immixtion avérée dans les arbitrages de l’Etat français complètement inféodé au très nuisible lobby sioniste.

Alors que les pilotes franco-algériens se retrouvent au cœur d’une bataille pour le respect de l’égalité républicaine au sein de leur entreprise, cette crise met en lumière la porosité croissante entre les impératifs géopolitiques extérieurs et le fonctionnement interne des grandes entreprises stratégiques françaises.

S. F.

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