Par Nabil D. – Le briefing à huis clos de Staffan de Mistura devant le Conseil de sécurité des Nations unies, ce 8 octobre 2026, a agi comme un révélateur des limites de la stratégie du fait accompli menée par le Maroc au Sahara Occidental. L’envoyé personnel du secrétaire général a dressé un constat sans appel : le processus politique a heurté «un mur». Derrière les célébrations médiatiques de Rabat concernant ses récents soutiens diplomatiques, la réalité du terrain et le droit international imposent un sérieux recadrage.
L’analyse de ce briefing, largement relayée par la presse internationale et régionale, met en lumière l’échec de la diplomatie marocaine à imposer son plan d’autonomie de 2007 comme une fatalité incontournable. L’émissaire de l’ONU a fermement rappelé qu’aucune formule d’autonomie ne peut être imposée au peuple sahraoui. En insistant sur le fait que l’avenir de ce territoire non autonome reste intrinsèquement lié au libre exercice du droit à l’autodétermination, l’ONU désavoue la tentative de Rabat d’effacer l’option référendaire.
Loin de valider le projet marocain tel quel, Staffan de Mistura a soumis un document d’une quarantaine de pages définissant les critères stricts d’une «véritable» autonomie. Pour l’ONU, celle-ci doit s’accompagner d’institutions dotées de prérogatives réelles et, surtout, de solides garanties internationales pour empêcher tout retour en arrière ou toute politique d’assimilation forcée par la puissance occupante. Cette exigence de surveillance internationale démontre le manque de confiance de la communauté internationale envers les promesses unilatérales de Rabat.
Alors que le Maroc tente systématiquement de faire porter la responsabilité du conflit à ses voisins, l’appel à la flexibilité lancé par l’envoyé onusien s’adresse directement aux deux parties, plaçant le colonisateur dans la position du coupable. Les récents rounds de discussions à Washington et Madrid ont échoué parce que la position marocaine reste rigide, refusant de négocier le fond du conflit. En conclusion, ce briefing rappelle au Maroc que la souveraineté ne se décrète pas par des déclarations unilatérales : sans le consentement libre du peuple sahraoui, l’occupation restera juridiquement illégitime et diplomatiquement contestée.
N. D.


