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​Le flûteur de Vaucanson

​Par Mrizek Sahraoui – Comme il était prévisible, la décision du président Tebboune d’envoyer une unité de l’ANP au Niger a fait réagir les éditorialistes des grands médias français, ces pontifes donneurs de leçons à la planète entière, qui croient détenir le monopole de la vérité universelle et du magistère journalistique.

A peine l’événement connu, c’est le branle-bas général pour le commenter et livrer des réactions dictées non pas par des analyses objectives basées sur des éléments factuels, mais sur des lectures à l’emporte-pièce, dénuées de toute rigueur et d’expertise professionnelle. Toujours les mêmes réflexes et les mêmes prises de position récurrentes tenues à chaque fois que l’Algérie fait acte de souveraineté.

​Les médias n’ont pas été les seuls à entrer dans le cirque Franconi. Xavier Driencourt, l’ancien ambassadeur de France à Alger, allant de tribunes en plateaux télé, s’est lui aussi empressé d’y aller de sa garrulité déversée, ce mardi 27 octobre, dans les colonnes du Figaro, le journal de la droite extrême. 

​De l’obsession à la pathologie, il n’y a qu’un pas. Un pas qu’a allègrement franchi l’ancien diplomate, devenu au fil du temps le flûteur de Vaucanson. Joueur de flûte qui, à mesure qu’il vieillit, perd le sens des réalités et s’enferme dans une monomanie contre l’Algérie et ses institutions, où le complotisme et le délire le disputent au ressentiment et à la haine viscérale.

​Depuis longtemps, le conseiller de la cheffe du parti d’extrême-droite n’est plus dans le respect des codes diplomatiques régissant les relations internationales. Il est de plus en plus ce célèbre automate du XVIIIe siècle immortalisé par Jacques de Vaucanson : une mécanique bien rodée, soufflant à n’en plus finir dans la même flûte, tout en produisant toujours la même mélodie monocorde et désaccordée. A cette différence près que le chef-d’œuvre de Vaucanson imitait le vivant avec art, alors que la partition du vieux diplomate aigri et revanchard, réduite à psittaciser les poncifs chers aux nostalgiques de l’Algérie française, ne reproduit que le néant d’un esprit sclérosé.

​Alors que le pays est fracturé, divisé en deux camps ennemis qui se regardent en chiens de faïence, au moment même où l’unité de la nation menace de rompre, et que la France n’a jamais été aussi soumise à des puissances étrangères, en l’occurrence les Etats-Unis et l’Etat hébreu, pendant ce temps donc, la caste politico-médiatique kakistocratique préfère détourner les regards pour mieux cacher les échecs cuisants d’un régime finissant que Xavier Driencourt peine à voir. 

Une diversion coupable qui sert à camoufler les dégâts causés par les deux mandats chaotiques du président sortant et à masquer l’absence totale de visibilité sur sa succession. Mais, parmi toute cette élite de pacotille, qui parle encore des vrais sujets ? Qui s’émeut du déclassement de la France sur la scène internationale ? Du pouvoir d’achat en berne ? Du chômage qui remonte ? De la dette astronomique qui s’alourdit ? Des galères quotidiennes du peuple et de la flambée des violences, y compris institutionnelle ? 

Personne, car tout ce système en bloc n’a jamais su faire autre chose que brandir une prétendue menace de l’islam et des étrangers, tout en passant un temps fou à dénigrer, ressasser la même haine recuite de l’Algérie.

M. S.

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