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Vers une plainte internationale : l’Algérie pourrait poursuivre le Maroc pour la pollution du fleuve Oued Mouileh

Selon des informations rapportées par des médias nationaux, l’Algérie s’apprête à engager des poursuites judiciaires contre le régime marocain. Cette démarche fait suite aux recommandations issues du récent Colloque international sur les cours d’eau transfrontaliers, tenu dans la wilaya de Tlemcen. Les autorités reprochent au Maroc son obstination à polluer délibérément l’Oued Mouileh, un fleuve transfrontalier situé à proximité de la ligne de démarcation entre les deux pays, plongeant ainsi l’avenir de près de deux millions d’habitants dans l’incertitude.

Lors de cet événement, des experts et chercheurs africains ont souligné le caractère exceptionnel et alarmant de la situation de l’Oued Mouileh. Bien que l’Afrique compte de nombreux cours d’eau transfrontaliers, la quasi-totalité d’entre eux préservent un écoulement naturel et propre. En revanche, les analyses en laboratoire menées sur les eaux de l’Oued Mouileh ont révélé une réalité préoccupante : la concentration en métaux lourds et en produits chimiques y dépasse jusqu’à 400 fois les normes internationales recommandées. Cette détérioration continue s’explique par l’intensification continue des activités industrielles irrespectueuses de l’environnement dans la ville marocaine d’Oujda.

Le dossier technique s’appuie notamment sur l’expertise de Mustapha Kamel Mihoubi, ancien ministre des Ressources en eau et professeur à l’Ecole supérieure de l’hydraulique. Ce dernier explique le mécanisme de cette crise écologique : les eaux du barrage de Mouileh prennent source à Sidi Abed, du côté algérien, où elles se caractérisent par une pureté et une qualité optimales, mesurées par des stations de contrôle de flux. C’est lors de leur passage au Maroc, puis de leur retour sur le territoire algérien, que ces eaux réapparaissent massivement polluées.

Au-delà de la catastrophe écologique, cette situation freine le développement local et enfreint directement le droit humain à l’eau. Certes, l’Algérie dispose des infrastructures nécessaires pour traiter et purifier ces flux, mais le déversement continu de substances toxiques rend les solutions d’épuration de moins en moins viables.

Face à ce constat, les spécialistes rappellent que l’accès à l’eau est sanctuarisé par la résolution 62/249 du droit international depuis 2010, ainsi que par l’Objectif de développement durable (ODD) n°6 de l’Agenda 2030 des Nations unies, qui prône une gestion intégrée des ressources hydriques.

Le Maroc se trouve désormais dans l’obligation légale de respecter ces conventions internationales sous peine de lourdes sanctions juridiques.

K. M.

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