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Le Sahara Occidental et les illusions perdues du chimérique «Grand Maroc» !

Une contribution d’Ali Akika – Chaque désert a son vent protecteur, qui rappelle aux aventuriers de tout acabit que ce genre de territoire est habité et que les populations qui y nomadisent ont créé de brillantes civilisations. « Nos » aventuriers qui occupent le Sahara Occidental, en bons sédentaires venus du Nord, doivent savoir que le mur de sable derrière lequel ils se sont réfugiés n’est nullement une frontière infranchissable. L’histoire de l’Empire mongol de Gengis Khan a retenu que les légendaires cavaliers de son armée ont pu franchir allègrement la Grande Muraille de Chine. Et ce n’est pas le misérable mur de sable construit par Hassan II, qui imita les murs de la honte en Palestine, qui arrêtera les guerriers du désert sahraoui.

Ces derniers vont faire parler d’eux, maintenant que, après la bataille diplomatique au Conseil de sécurité de l’ONU, où l’Oncle Sam a tenté d’offrir au petit roi du Maroc le « casse du siècle », une autre bataille, celle d’une vraie guerre, va peut-être commencer. On verra alors une armée marocaine battre en retraite, laissant derrière elle des milliers de ses soldats prisonniers, ce qui obligea Hassan II à signer un cessez-le-feu le 6 septembre 1991. Mais avant de cerner l’échec du « casse du siècle » rêvé, qui explosa en plein vol sous le veto-missile de la Russie, il me faut revenir sur les actes politiques et militaires du petit roi, qui ressemblent étrangement à la pratique d’Israël en Palestine. J’ai déjà signalé l’exemple du mur de sable imité.

Continuons la liste du mimétisme « royal » : Israël fait appel à la Bible pour « légitimer » son occupation, et Hassan II sort d’un tiroir poussiéreux un acte d’allégeance tribal et féodal qui a fait rire les juges de la Cour internationale de justice. Et enfin, le Maroc et Israël ont Trump comme protecteur, lequel s’octroie le droit d’offrir le Sahara Occidental au petit roi M6 et veut s’accaparer Ormuz, territoire iranien, pour se faire rembourser les milliards que coûte sa guerre contre l’Iran, déclenchée sous l’incitation et au bénéfice d’Israël.

L’agitation stérile de la monarchie avant le veto-missile de la Russie

Dès l’invasion de Sakiet el Hamra*, colonie espagnole, la monarchie marocaine avait une seule obsession : hériter, à son profit, du territoire sahraoui inscrit à l’ONU comme territoire à décoloniser. Pour contourner l’obstacle du peuple sahraoui vivant sur son territoire, administré par l’Espagne, et menant la lutte pour son indépendance sous la direction du Polisario, Hassan II accusa ce dernier d’être « terroriste », une tarte à la crème agitée par tous les imbéciles de la terre à bout d’arguments. Échec ! Hassan sortit ensuite de sa besace un autre argument tout aussi idiot, selon lequel le Polisario est une émanation de l’Algérie. Re-échec !

L’Algérie bénéficiait du statut d’observateur pour des raisons évidentes : c’était un pays frontalier qui abritait sur son territoire une partie du peuple sahraoui réfugié. Ledit statut facilitait les obligations de l’ONU, chargée de l’aide humanitaire et de la protection politique des Sahraouis soumis à la répression marocaine. L’Algérie abandonna son « privilège » d’observateur et le Maroc se trouva seul face au Polisario. Toutes ces petites manœuvres à la petite semaine n’ont rien apporté. Israël, à l’affût de la moindre opportunité, s’empara de l’aubaine Trump, devenu le 45e et le 47e président des États-Unis. Après le recel de la perfide Angleterre, qui offrit une partie de la Palestine, voilà un second recel, cette fois opéré par Trump, qui offrit le Sahara Occidental au Maroc contre l’adhésion de celui-ci aux accords d’Abraham. Arrêtons là ces tractations de voyous qui ont débouché sur la situation actuelle, c’est-à-dire une impasse due à une diplomatie aussi indigente qu’arrogante.

Le veto russe a transformé une future « victoire » à la Pyrrhus en piège tombal !

Voyons pourquoi les cerveaux (moukhs) qui conseillent leur malik ont suggéré le départ de la force onusienne du Sahara Occidental. Ces moukhs n’ont pas fatigué leurs méninges : ils ont fait, encore et encore, comme Israël, qui a demandé le départ de la Finul du sud du Liban. Sans l’ONU et sans les journalistes, au Liban comme à Gaza, les armées « morales » peuvent s’adonner à leurs macabres tirs aux pigeons sur des êtres humains désarmés pour gagner leurs galons et briller dans les salons de pitreries. Sauf que l’Assemblée de l’ONU n’est pas composée des pitres des dîners en ville. Ce sont des diplomates aguerris qui ont vite débusqué le minable piège glissé dans la résolution américaine, en noyant un R majuscule « innocent » dans leur demande de retrait de la force onusienne. Et ce R signifie référendum.

Ainsi, dans la même phrase, ce R majuscule couvrait aussi bien le retrait des forces onusiennes que le référendum (du peuple sahraoui). Et, plus désarmant encore, il y a les lamentations du représentant américain, qui regretta que la Russie ait rendu irrecevable sa résolution pour un simple « R ». Maintenant que les lecteurs d’AP savent que des délégués de certains pays ont transformé l’ONU en cour de récréation d’une école primaire, essayons de voir les effets de ce piège dévoilé par la Russie et manqué par ceux qu’aveuglait leur arrogance.

Retour et recours à l’arme suprême de la politique

On connaît la définition du concept de guerre de Karl Clausewitz : « La guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens. » On sait aussi que le Polisario a signé un cessez-le-feu en septembre 1991. Le Polisario a donc patienté 35 ans, en attendant que les « gardiens » du droit international ramènent à la raison une monarchie qui a troqué sa souveraineté contre des miettes de petits gains diplomatiques, constitués par des reconnaissances bidon de la « marocanité » du Sahara par un Trump, suivi de quelques pays occidentaux. Avec le veto-missile russe, le roi est nu face à l’unique représentant du peuple sahraoui.

Le roi a cru qu’avec le retrait de la troupe onusienne, il pourrait maintenir son ordre de terreur, loin des regards de l’ONU et de la presse internationale. Ce minable piège s’est retourné contre lui, car le peuple sahraoui a toutes les bonnes raisons du droit international de son côté, et surtout la nécessité de vivre indépendant chez lui. Les réactions du Polisario sont claires : « Nous avons joué le jeu diplomatique », dit-il (personnellement, je préfère utiliser l’expression de « cirque onusien »). « Nous allons passer à l’exercice de notre droit à la résistance », inscrit noir sur blanc dans la Charte de l’ONU.

Les nouvelles données politiques et militaires

Il faut retenir une date, celle du cessez-le-feu signé en septembre 1991. Celui-ci est mort et enterré en novembre 2020, quand la monarchie l’a violé en annexant une bande de territoire frontalier sahraoui avec la Mauritanie. Ainsi, le Polisario n’est plus tenu par un cessez-le-feu violé par le Maroc. Les données politiques actuelles nous renseignent sur les soutiens sur la scène internationale. Sauf que la nature a horreur du vide, et celui-ci ne peut être rempli par la paralysie diplomatique onusienne. Reste le facteur militaire ! Le Maroc occupe 80 % du territoire sahraoui. Je laisse de côté le rapport comptable des forces militaires entre les deux armées belligérantes pour m’intéresser aux atouts stratégiques des Sahraouis.

La mobilisation et le soutien de tout le peuple sahraoui, à l’instar de tout peuple qui aspire à vivre libre.

La nouvelle stratégie, fruit d’une lutte depuis l’invasion du Maghzen

Dès le départ des Espagnols, le Front Polisario a mené une guerre de harcèlement et de mouvement circonscrite au territoire sahraoui. Cette capacité tactique de mouvement lui a permis de casser l’alliance maroco-mauritanienne en réussissant un assaut direct contre la capitale mauritanienne, qui porta ses fruits. La Mauritanie quitta la partie du Sahara qu’elle occupait, vite envahie par le Maroc. Le Polisario continua la guerre de mouvement, qui épuisa l’armée d’occupation, et Hassan signa le cessez-le-feu de 1991.

Aujourd’hui, le champ de bataille n’est pas constitué des 80 % occupés par le Maroc et des 20 % libérés par le Polisario. Si le Maroc compte faire sa guerre derrière son mur de sable pour bombarder sans crainte les territoires libérés, il se goure naïvement. Attaqué et son territoire occupé, le peuple sahraoui est en droit d’attaquer le territoire légal et historique de l’ennemi. De cette possibilité d’étendre l’espace de guerre, conforme au droit international, le Polisario ne va pas se priver, d’autant qu’il a les moyens tactiques de mener une guerre de mouvement et de porter stratégiquement la guerre chez l’ennemi.

Les guerres en Ukraine et en Iran ont ouvert d’autres horizons stratégiques grâce à l’arrivée des drones sur les champs de bataille. L’exemple du Hezbollah au Liban, dans sa guerre actuelle, a montré l’impuissance de l’armée ennemie face à l’utilisation intelligente des drones, faciles à cacher et à transporter…

Conclusion

Le Maroc a usé ses cartouches dans cette usine qu’est devenue l’ONU, dont les ateliers fourmillent de lobbys étatiques et de grandes sociétés internationales. Le Maroc est l’un des bénéficiaires de ces alliés prêts à revoir leurs copies si la guerre remplace les palabres dans les salons de cette honorable organisation. L’exemple de l’Iran nous le montre. Les effets de la guerre en Ukraine et surtout au Moyen-Orient ont changé les données sur le terrain et distribué des atouts entre les belligérants.

Car une guerre aux portes de l’Europe est impensable et insupportable pour ce continent en paix depuis 1945, comme on se plaît à le dire. Une guerre qui se déroule aussi dans un Sahel composé de pays qui ont l’intention de ne plus servir de champ de bataille livré aux appétits de grandes puissances, souvent ex-colonisatrices. Une Afrique dont certains États, qui ont les moyens de contrer d’autres États à l’étroit dans leurs maigres frontières, veulent jouer les proxys au service de l’Oncle Sam et des rêveurs d’un « grand Israël ».
Bref, si le Maroc ne retient pas les leçons de ses fuites en avant et du piège qu’il s’est fabriqué à

l’ONU, il va se retrouver à résoudre l’équation suivante : faire la guerre ou abandonner son rêve du « grand » Maroc, encore une pâle et imbécile imitation du « grand Israël ». Guerre ou retour au bercail : quel que soit le choix de M6, le Polisario a l’arme au pied et, à n’en pas douter, il sera gagnant dans la future et probable guerre qui va se préparer au lendemain du fiasco onusien de la monarchie M6.

A. A.

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