Le blocus du détroit d’Ormuz révèle aujourd’hui bien davantage qu’une simple crise maritime ou énergétique. Il met en lumière une fracture géopolitique profonde entre les puissances qui imposent les règles internationales selon leurs intérêts et celles qui subissent les conséquences de ces rapports de force. Dans cette confrontation qui oppose l’Iran aux Etats-Unis et à Israël, les monarchies arabes du Golfe apparaissent plus vulnérables que jamais, coincées entre dépendance stratégique, fragilité économique et incapacité à peser réellement sur les décisions qui déterminent pourtant leur propre sécurité.
L’approche adoptée par Washington dans ses négociations avec Téhéran alimente cette inquiétude croissante. Derrière les discours diplomatiques sur la stabilité régionale et la sécurité de la navigation maritime, de nombreux observateurs du Golfe voient surtout la poursuite d’une politique américaine fondée sur la gestion permanente des tensions au Moyen-Orient. L’objectif n’est plus de résoudre les crises, mais de les maintenir dans un état de tension contrôlée permettant aux Etats-Unis de préserver leur influence stratégique, leur présence militaire et leur rôle d’arbitre incontournable dans la région.
Dans cette logique, le détroit d’Ormuz devient un instrument central de pression géopolitique. Cette route maritime, par laquelle transite une part essentielle du pétrole mondial, représente pour l’Iran un levier stratégique majeur. Téhéran sait qu’aucune puissance occidentale ne peut ignorer durablement une menace sur les flux énergétiques mondiaux. La question d’Ormuz dépasse donc désormais le simple cadre sécuritaire et est devenue un moyen pour l’Iran d’imposer un rapport de force face à Washington et à ses alliés.
Mais ce bras de fer irano-américain, s’il sert certaines stratégies internationales, a un coût extrêmement lourd pour les Etats du Golfe. Les attaques de missiles, les tensions militaires récurrentes, la hausse des coûts d’assurance maritime, la vulnérabilité des infrastructures pétrolières et les turbulences économiques régionales frappent directement les monarchies arabes. Ce sont elles qui paient le prix immédiat de l’escalade, alors même qu’elles restent largement exclues des véritables centres de décision.
De plus en plus de voix au Moyen-Orient considèrent désormais que les Etats-Unis ne garantissent plus réellement la sécurité de leurs partenaires régionaux. Le soutien inconditionnel apporté à Israël apparaît, pour beaucoup, comme la priorité absolue de Washington, reléguant les intérêts arabes au second plan. Cette perception nourrit un désenchantement profond à l’égard de la protection militaire américaine.
Les événements récents ont également révélé les limites de la dépendance sécuritaire des monarchies du Golfe envers les bases militaires américaines installées sur leur territoire. Présentées pendant des décennies comme des garanties de stabilité, ces installations apparaissent aujourd’hui comme des cibles potentielles dans toute confrontation régionale majeure. Ce qui était censé protéger les Etats du Golfe devient paradoxalement un facteur de risque supplémentaire.
Face à cette réalité, une question stratégique s’impose aux dirigeants arabes : peuvent-ils continuer à déléguer leur sécurité à une puissance étrangère dont les priorités ne coïncident plus nécessairement avec les leurs ? Pour certains analystes régionaux, le moment est venu pour les Etats arabes de repenser entièrement leur doctrine de sécurité, de réduire leur dépendance militaire extérieure et de construire une politique régionale plus autonome.
L’enjeu dépasse largement la seule relation avec Washington. Il touche à la crédibilité politique des dirigeants arabes eux-mêmes. Car si les Etats du Golfe continuent à accepter des équilibres imposés de l’extérieur sans défendre leurs propres intérêts stratégiques, ils devront tôt ou tard faire face à une interrogation grandissante sur leur capacité réelle à mener une politique indépendante dans une région en pleine recomposition.
Le détroit d’Ormuz n’est donc plus seulement un point de passage énergétique vital., mais est devenu le symbole du basculement géopolitique majeur d’un Moyen-Orient où les alliances traditionnelles vacillent, où la confiance envers les anciennes puissances protectrices s’érode, et où les Etats arabes sont désormais confrontés à la nécessité historique de redéfinir eux-mêmes leur avenir stratégique.
K. M.




« …le moment est venu pour les Etats arabes de repenser entièrement leur doctrine de sécurité, de réduire leur dépendance militaire extérieure et de construire une politique régionale plus autonome. » Vraiment ?
C’est prêter trop d’intelligence et de perspicacité aux bédoins émasculés de la bédouinerie, dont le premier reflexe pour le plus craintif d’entre eux, les EAU en l’occurence, a été de se réfugier et de se lover sous la « couverture » pseudo sécurisante de leurs parrains et protecteurs de la soldatesque nazi-sioniste qu’ils reçoivent en catimini dans les alcôves de leurs paradis artificiels !
Malheureusement pour eux, ces états sont trop engagés dans leur collusion contre-nature avec l’Empire et son annexe de Tel Aviv et sont désormais condamnés à « s’enfoncer » davantage dans le piège sioniste où ils se sont allègrement enferrés. Tzaguet aâlihom !!!
Avec quels leviers les monarchies du Golfe peuvent-elles redéfinir leur avenir stratégique en dehors du cadre américain dans lequel elles sont intégrées depuis des décennies ?
En termes très directs, ces États exportent principalement du pétrole et certains produits dérivés, comme les engrais utilisés dans l’agriculture. En revanche, ils importent l’essentiel de leurs besoins stratégiques : 90% de leur alimentation, ainsi que la quasi-totalité de leurs technologies avancées et de leurs équipements militaires.
Sur le plan intérieur, ce sont des systèmes politiques fragiles, structurés autour d’équilibres tribaux et dynastiques. Leur légitimité repose largement sur la stabilité économique, le nationalisme et sur une légitimation religieuse qui permet un contrôle social quasi absolu. Ce modèle a longtemps assuré la stabilité, mais il comporte aussi ses limites : dépendance à la rente, faible autonomie technologique, difficulté à produire un écosystème scientifique indépendant, et frein relatif à l’émergence d’une société civile pleinement dynamique. Ces pays disposent de ressources considérables, mais peinent encore à transformer cette richesse en puissance intellectuelle, industrielle et stratégique autonome.
Lorsque les États-Unis ont imposé leur domination après la Seconde Guerre mondiale, plusieurs alliés périphériques — comme le Japon, la Corée du Sud ou l’Australie — ont été placés sous leur protection stratégique. Les monarchies du Golfe ont suivi une trajectoire comparable : sécurité militaire contre alignement géopolitique et énergétique. Pendant longtemps, ce pacte semblait indiscutable.
Aujourd’hui, la situation évolue. Les États-Unis restent la première puissance mondiale, mais leur stratégie devient plus transactionnelle et centrée sur leurs propres priorités : rivalité avec la Chine, protection de leurs intérêts économiques et soutien à leur allié historique, Israël. Cette évolution nourrit un sentiment d’incertitude chez les monarchies du Golfe, qui découvrent les limites de leur dépendance stratégique.
Le problème fondamental est que ces États ont construit leur sécurité sur une protection extérieure plutôt que sur une autonomie réelle. Or, bâtir une puissance durable exige davantage qu’une richesse financière : il faut une base industrielle, une souveraineté technologique, une capacité de recherche, une cohésion politique et une société capable d’innovation.
C’est là que se joue l’avenir du Golfe. Les véritables leviers stratégiques ne sont pas uniquement militaires ou financiers. Ils résident dans :
la diversification économique réelle ;
l’investissement massif dans la recherche et l’éducation ;
la création d’industries technologiques autonomes ;
le développement d’une agriculture et d’une sécurité alimentaire plus résilientes ;
et surtout l’émergence d’institutions capables de produire une stabilité politique durable au-delà de la rente pétrolière.
Le tunnel qui mène à la lumière semble être très long.
L’Iran constitue aujourd’hui un point central de la rivalité entre grandes puissances pour ne pas dire un terrain de jeu. Téhéran dispose d’une profondeur historique, démographique et militaire importante, mais reste pris dans un affrontement entre Washington, Moscou et Pékin qui dépasse largement ses capacités. Selon l’évolution de ce rapport de force, l’équilibre du Moyen-Orient pourrait être profondément redessiné.
Si les États-Unis maintiennent leur domination régionale, les monarchies du Golfe resteront probablement dans leur sphère de sécurité. Mais si Washington réduit progressivement sa présence ou réorganise son engagement au Moyen-Orient, un autre scénario pourrait émerger : celui d’un transfert partiel du centre de gravité stratégique régional vers Israël.
Dans cette hypothèse, Israël ne serait plus seulement un allié privilégié des États-Unis, mais deviendrait progressivement un pilier sécuritaire régional, en récupérant une partie de l’architecture militaire, technologique et du renseignement mise en place par Washington. Les accords de normalisation récents ont déjà ouvert cette dynamique : coopération sécuritaire, défense antimissile, cybersécurité, renseignement et intégration économique.
Pour certains observateurs, les monarchies du Golfe pourraient alors passer d’une dépendance directe envers les États-Unis à une dépendance indirecte structurée autour d’un axe américano-israélien, voire d’un leadership israélien régional dans certains domaines stratégiques. Cette perspective reste controversée, mais elle souligne les ambitions militaires de puissance et territoriale de l’Etat d’Israel, celle de voir Israël devenir, à terme, la principale puissance militaire et technologique du Moyen-Orient.
Dans ce contexte, plusieurs analystes considèrent que l’Iran, après la Syrie et le Liban avant lui, est devenu l’un des principaux terrains de confrontation géopolitique mondiale. Et certains vont plus loin en estimant que, si l’équilibre régional bascule durablement, d’autres puissances régionales comme la Turquie pourraient à leur tour entrer dans une phase de tension accrue avec Israël ou avec le bloc occidental.
Au fond, la grande fragilité des monarchies du Golfe réside dans le fait que leur puissance financière et leur pouvoir de nuisance dans la région dépendent largement d’un système mondial dominé par les grands centres financiers occidentaux. Leur richesse est immense mais la structure étatique et sociale extrêmement fragile, car elle reste profondément intégrée à des structures économiques et militaires qu’elles ne contrôlent pas entièrement.
La question essentielle est donc la suivante : peuvent-elles transformer leur richesse en véritable souveraineté stratégique avant que le monde de l’après-pétrole et des rivalités multipolaires ne s’impose totalement ?
Je pense qu il faut relativiser nous ne sommes plus en 1970
Les pays et régimes du Golf ont diversifié leur économie de beaucoup ils ont investi dans le solaire l agriculture le tourisme le spatial les nouvelles technologies numériques…
Donald Trump a allumé la mèche pour que cela s’embrasse entre les iraniens et les Etats du Golfe Persique puis il va se retirer pour les laisser s’entretuer afin que le baril de pétrole grimpe en flèche pour régler ses dettes abyssales.
De plus, ces idiots de bédouins donnent plein d’argent aux américains en signant des contrats d’armement en pagaille par peur d’être destitué pensant que l’Amérique va assurer leur sécurité.
Donald Trump a senti le fromage et va s’amuser avec eux comme au Yoyo.
Les états du golfe ne font que subir une situation à laquelle ils ont largement contribuée. Leurs alliances stratégiques avec l’oncle sam n’étant en fait qu’une soumission. Eux qui pensaient que leur sécurité était assurée se retrouvent finalement encore plus fragilisés. C’est l’histoire de l’arroseur arrosé.
Ils ont osé les bédouins . Commande d armement américains a hauteur de dizaine de milliards ou bien racket … armement qui leurs a etait d aucune utilité face a l iran sans oublié le mépris us anvers les bédouins au détriment de l entité sioniste. . Ils finiront sur la paille tout leurs avoir en dollars leurs seront confisqué ainsi que leurs palais climatisé pour finir dans des tentes de nomade avec les ânes pour leur tenir compagnie…
En vérité c est ni le nucléaire dont l uranium enrichi qui les emmerde au plus au point mais bien le détroit d Ormuz qui est et reste l arme absolue de l Iran. C est l équivalent d une bombe nucléaire iranienne, on peut le voir aussi comme ça, non ? Mangez vous autres bédouins et plus en attendant car ça touche tout un pan de l économie mondiale . Sacrée arme pour l’Iran ce détroit d Ormuz !
Ces états illégitimes dans des milliers d’années n’existeront plus à cause de l édification du Grand Israël …
L acte terroriste à -Santiago aux ussion fut réalisé par : les mêmes ….
Ils ont leurs Plans et
Allah a ses propres Plans Soubhanahou wa TAALA
Ils ne choisissent pas n importe quel emplacement ou ville par hasard
San Diego est au delà d une ville ,porte une lecture spirituelle :
Le nom vient de Didace d’Alcalá.
“San” = sanctification, élévation
“Diego” = figure humble, simplicité, service,
En résumé
Il s agit de la transformation de l’humain ordinaire en être spirituellement éveillé par la simplicité et l’humilité.
Les vrais : -Ils- qui ont incité les jeunes à …..
ont donc choisi un lieu spirituel structuré comme étant le : centre Islamique pour leurs attaque .
Sans compter que Diego : contient le chiffre 33 …..
Nous avons de faibles connaissances et l immense Connaissance est à Allah Soubhanahou Wa TAALA
Le tout sécuritaire est né de la doctrine Carter, levier de la politique de l’administration Reagan dans la région avec la création de la Force de déploiement rapide (FDR). Elle est apparue dans la région en même temps que la création du CCG, en pleine guerre par proxy Iran/Irak et les bouleversements en Iran et en Afghanistan. Le prétexte séculaire ou ethnique avait le vent en poupe dans les années 80. Et Les monarchies salafo-wahaabites, qui s’étaient joints à l’occident pour surarmer Saddam, l’avaient aussi financé.
Ces monarchies qu’on nous présentait comme une fédération, absolutistes en réalité, étaient dans une espèce de maccarthysme islamique pour éradiquer les pays post coloniaux soutiens des Palestiniens et propager leur doctrine pour convertir les musulmans maghrébins et autres kémalistes des pays occidentaux (Occident qui soutiennent ces monarchies d’ailleurs.)
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Ces monarchies n’avaient donc rien à envier à l’Iran quant à l’extrémisme religieux. Selon Akram Belkaid dans une pige datant de 2016, une émission des « Frères musulmans » passaient en boucle aux EAU. Funny !!
Ces monarchies ne sont rien d’autres que des colonies occidentales qui s’arrangent de l’extrémisme religieux qui n’a absolument pas eu le succès escompté en Occident d’ailleurs.
Pour mémoire, ces monarchies sont le résultat de Sykes-Picot ! La double traitrise des tribus arabes envers l’Empire Ottoman puis de la GB/FR envers ces mêmes tribus. Au fil du temps, elles ont intégré la dimension coloniale dans leur histoire, au point de devenir elles-mêmes outils de l’impérialisme. Ce que fait MBZ au Soudan, Yémen, Sahel, Syrie, Libye n’est rien d’autre que la pale copie du Maroc de Lyautey avec l’annexion du Sahara occidental par exemple.
Quant au tout sécuritaire, basé sur la « nocivité de l’Iran » dans les années 80, il était supposé empêcher l’Iran de se développer et devenir une puissance régionale indépendante et favoriser les pétrodollars (matières premières diverses, envergure territoriale, accès à l’eau, situation géostratégique en Asie etc…). A l’époque, on parlait de l’épuisement du pétrole des monarchies à l’horizon de 2030/2040… Les US talonné par son déclin ne peut pas prendre le risque de provoquer une 3ème guerre mondiale. Ils n’en ont pas les moyens et crééent de guerres par proxy pour se maintenir militairement et économiquement dans la région. Comme en Ukraine.
La convoitise du détroit d’Ormuz ne date pas d’aujourd’hui. Saddam en 1981 avait entrepris d’attaquer des pétroliers s’approvisionnant à l’île de Kharg pour pousser ses alliés à intervenir mais reagan avait refusé au risque d’une invasion qui couterait cher en logistique et en contingeant militaire.
Le monde a vite enterré cette histoire pour enclencher la phase suivante, attaquer l’Irak en 1991, soit trois après la fin de la guerre Iran/Irak en 1988. Que faut-il de plus à ces monarchies pour comprendre la place qui leur est réservée dans « le grand échiquier » de Brzezinski ? (L’Iran y est citée 180 fois, l’Arabie-3 fois, Emirats-1 fois).😂