Par Kamel M. – Donald Trump a vendu la mèche en se vantant ouvertement d’avoir joué un rôle décisif dans l’accession au pouvoir du président syrien Ahmed Al-Charaa. Lors d’une intervention publique en marge du G7, le président américain a déclaré sans détour : «C’est moi qui l’ai mis là», affirmant avoir travaillé en coordination avec plusieurs dirigeants étrangers, dont le président turc Recep Tayyip Erdogan, pour favoriser son arrivée à la tête de la Syrie.
Plus spectaculaire encore, Donald Trump a révélé avoir chargé le dirigeant syrien d’une mission de premier plan contre le Hezbollah libanais. Selon ses propos, Damas serait mieux placé qu’Israël pour affaiblir l’organisation chiite soutenue par l’Iran. «J’ai suggéré que la Syrie s’occupe du Hezbollah», a-t-il déclaré, ajoutant qu’il pensait que les autorités syriennes «feraient un meilleur travail».
Ces déclarations laissent entrevoir une vision stratégique dans laquelle les nouvelles forces armées syriennes issues d’Al-Qaïda seraient appelées à affronter le Hezbollah, permettant ainsi aux Etats-Unis et à Israël de poursuivre leur confrontation avec le mouvement de résistance libanais sans engagement militaire direct. Les propos de Trump suggèrent l’émergence d’une guerre par procuration, menée par les hommes d’Al-Joulani contre l’un des principaux alliés régionaux de Téhéran.
Le président américain a d’ailleurs salué l’action du nouveau pouvoir syrien, estimant que son dirigeant avait accompli un «travail formidable» et qu’il avait réussi à «unifier le pays». Trump a également affirmé que le président syrien avait exécuté toutes les demandes qui lui avaient été adressées.
Parallèlement, Donald Trump a adressé plusieurs critiques à Israël concernant ses opérations militaires au Liban. Evoquant une attaque sur Beyrouth survenue peu avant la conclusion d’un accord avec l’Iran, il a expliqué qu’il n’avait «pas aimé» cette opération. Pour lui, la guerre contre le Hezbollah ne devrait pas se traduire par des bombardements prolongés dans des zones densément peuplées. Il a estimé qu’Israël devait agir plus rapidement et de manière plus ciblée, tout en insistant sur le fait que la Syrie allait désormais assumer cette tâche.
Enfin, fidèle à son discours habituel, Donald Trump a présenté les Etats-Unis comme le principal garant de la sécurité d’Israël. Il a affirmé qu’en l’absence de son action et du soutien américain, l’Etat hébreu aurait pu être «effacé de la carte».
K. M.



