Le Centre d’études africaines (CEA) de l’Université de La Laguna (ULL), aux Canaries, a adressé une lettre au recteur Francisco J. García Rodriguez pour exprimer son «plus profond rejet» de la récente visite institutionnelle effectuée dans les territoires occupés du Sahara Occidental. Les signataires critiquent également le communiqué officiel publié par l’université, intitulé «L’ULL explore de nouvelles pistes de coopération académique avec des institutions universitaires du sud du Maroc».
Selon les membres du CEA, une université publique ne peut, au nom de la coopération académique, contribuer à légitimer l’occupation illégale du Sahara Occidental. Ils reprochent notamment à l’ULL d’avoir désigné les villes visitées comme appartenant au Maroc et d’avoir évoqué des «régions marocaines», estimant que cette terminologie est contraire au droit international.
Dans leur argumentaire, les auteurs rappellent que le Sahara Occidental demeure inscrit par les Nations unies sur la liste des territoires non autonomes et que la Cour internationale de Justice a conclu, dès 1975, qu’il n’existait pas de lien de souveraineté territoriale entre le Maroc et ce territoire. Ils soulignent également que le droit international impose aux Etats et aux institutions publiques de ne pas reconnaître une situation résultant de l’emploi de la force.
La lettre fait également référence à la jurisprudence de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE). Les signataires rappellent que les décisions rendues le 4 octobre 2024 confirment que le Sahara Occidental est un territoire distinct du Maroc et que tout accord concernant ce territoire doit recueillir le consentement du peuple sahraoui. «Toute coopération académique avec des établissements marocains implantés au Sahara Occidental devrait donc respecter ce principe», insistent les signataires.
Le CEA dénonce aussi l’exploitation médiatique de cette visite par plusieurs médias du Makhzen, qui l’ont présentée comme une victoire diplomatique renforçant la position de Rabat sur le dossier du Sahara Occidental.
Les signataires demandent au rectorat de rectifier son communiqué, de réaffirmer son attachement au droit international et aux résolutions des Nations unies, ainsi que de suspendre tout projet de coopération avec des établissements marocains situés dans le territoire occupé tant que le consentement du peuple sahraoui n’aura pas été obtenu.
M. K.


