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Un militaire américain révèle la véritable raison de l’invasion de Ceuta par 70 000 Marocains

Par Abdelkader S. – La crise migratoire qui a frappé Ceuta prend une dimension géopolitique nouvelle. Dans un article publié le 12 août 2026, le quotidien espagnol El Mundo rapporte le témoignage de militaires américains stationnés à la base navale de Rota, dans le sud de l’Espagne, selon lesquels le Maroc a utilisé l’arrivée massive de migrants comme un moyen de mesurer la capacité de réaction espagnole face à une éventuelle crise sécuritaire.

Selon El Mundo, l’un de ces militaires, présenté sous le pseudonyme de «Marcus», estime que «le Maroc a utilisé la migration pour évaluer comment l’Espagne réagirait face à une invasion».

La crise de Ceuta est d’une ampleur exceptionnelle. Plus de 70 000 Marocains fuyant la misère ont tenté de rejoindre Ceuta lors de cette arrivée massive, provoquant une situation humanitaire et sécuritaire particulièrement tendue. Au moins 140 personnes ont perdu la vie, selon les informations rapportées dans la presse espagnole.

L’article souligne également le rapprochement entre Washington et Rabat, notamment dans les domaines militaire et diplomatique, tandis que les relations entre les Etats-Unis et l’Espagne sont actuellement plus tendues. La présence américaine à Rota constitue, dans ce contexte, un élément stratégique important pour Washington.

Les Etats-Unis entretiennent, en effet, une relation étroite avec le Maroc, notamment à travers d’importants contrats d’armement, tandis que les relations entre Washington et le gouvernement de Pedro Sanchez sont décrites par le militaire américain comme étant à leur plus bas niveau. Ce dernier affirme même que le problème n’est pas l’Espagne en tant que partenaire, mais Pedro Sanchez.

Cette attention américaine portée à Ceuta et Melilla apparaît aussi dans les travaux du Congrès américain. El Mundo rappelle qu’en avril, le Comité des crédits de la Chambre des représentants avait mentionné dans un rapport accompagnant le budget du département d’Etat que les deux villes, administrées par l’Espagne, faisaient toujours l’objet de revendications historiques de la part du Maroc. Le rapport appelait même le secrétaire d’Etat américain à favoriser un engagement diplomatique entre Madrid et Rabat sur le «futur statut» de Ceuta et Melilla.

Alors que des spéculations ont circulé sur un éventuel déplacement de la base de Rota vers le Maroc, le militaire américain juge cette hypothèse peu crédible. Selon lui, une telle opération serait trop complexe à réaliser avant la fin du mandat de Donald Trump. Il estime surtout que les déclarations allant dans ce sens pourraient constituer un «bluff», destiné à faire pression sur l’Espagne et plus largement sur l’Europe.

Pour le militaire américain, la crise migratoire ne constitue donc pas un épisode isolé. Elle s’inscrit dans un rapport de force plus large autour de Ceuta et Melilla, de la relation entre Madrid et Rabat et de la place stratégique de l’Espagne dans le dispositif militaire américain en Méditerranée. A Rota, où sont stationnées d’importantes forces américaines, ces tensions sont observées de très près.

A. S.

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