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Une députée espagnole recadre vivement Albares sur la question du Sahara Occidental

Par Nabil D. – Le débat sur le Sahara Occidental a ravivé les fractures latentes au sein du gouvernement espagnol de coalition. Comme le rapporte El Independiente, la députée de Sumar, Tesh Sidi, née dans les camps de réfugiés sahraouis à Tindouf, a adressé un sévère rappel à l’ordre au ministre des Affaires étrangères, José Manuel Albares, venu exposer la position de l’Espagne sur ce dossier sensible.

Dès les premières minutes, Sidi a souligné la portée symbolique de l’échange : «La mémoire a de belles surprises, comme celle d’aujourd’hui : qu’une Sahraouie vous interpelle directement après le tournant opéré par Pedro Sanchez en 2022. La mémoire nous rappelle l’importance de la justice.»
Une allusion directe au soutien affiché par le gouvernement socialiste au plan d’autonomie proposé par le Maroc, un virage diplomatique qui continue de susciter de vives critiques en Espagne.

La députée a ensuite reproché à Albares de passer sous silence le terme «autodétermination», pourtant central dans la position défendue par le PSOE jusqu’en 2019. Selon elle, «le conflit du Sahara Occidental est l’exemple le plus clair, dans toutes les universités espagnoles, pour parler de colonisation, de droits humains et de cohérence juridique».

Elle a rappelé que l’engagement en faveur de l’autodétermination figurait noir sur blanc dans le programme socialiste de 2019 : «Ces mots vous disent quelque chose ? Ils proviennent exactement du programme électoral du Parti socialiste en 2019.»

Posant la question qui fâche, Sidi a interrogé le ministre sur le changement de position du gouvernement : «Qu’est-ce qui a changé entre 2019 et 2022 ? Vos camarades se la posent. On se la pose dans chaque municipalité socialiste. Les familles qui accueillent des enfants sahraouis se la posent aussi.»

Elle a ensuite dénoncé le déséquilibre flagrant dans l’intervention d’Albares : «Cela vous paraît cohérent de parler plus d’une heure et demie de l’Ukraine et de la Palestine, et de mentionner à peine le Sahara Occidental ?» Une critique qui s’inscrit dans le reproche plus général adressé au gouvernement d’appliquer un «droit international sélectif».

Tesh Sidi a aussi évoqué les intérêts économiques en jeu, fustigeant l’ampleur des investissements prévus avec le Maroc : «Vous parlez de 22 milliards d’euros avec Rabat. Ne pensez-vous pas qu’une partie de cet argent, souvent volé aux Sahraouis, pourrait être investie dans les camps de réfugiés ?»
Elle a par ailleurs rappelé l’«ingérence étrangère sans précédent» qu’a constituée le limogeage en 2021 d’une ministre à la demande du Maroc.

En conclusion, Sidi a exhorté l’exécutif à ne pas «hypothéquer la politique extérieure de l’Espagne à un seul pays du Maghreb», rappelant que le programme socialiste évoquait également l’Algérie, la Mauritanie et le dialogue avec le Front Polisario.

Selon El Independiente, son intervention a ravivé un débat majeur, celui de la cohérence de la diplomatie espagnole et de sa responsabilité historique envers le peuple sahraoui.

N. D.

1 Commentaires

  1. pedro sanchez, secrétaire général du psoe et président du gouvernement d’espagne, a trahi son parti et ses électeurs en faisant volte-face sur la question sahraouie et en faisant fi du terme d’autodétermination.
    Le peuple du Sahara Occidental a le droit de disposer de lui-même.

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