Par M. Aït Amara – L’affaire de la diffusion d’une carte tronquée de l’Algérie par une chaîne de télévision publique tunisienne ne peut être considérée comme un simple détail technique. Lorsqu’il s’agit de la représentation territoriale d’un Etat, particulièrement s’agissant d’un pays où les questions de souveraineté occupent une place centrale, une telle «erreur» soulève inévitablement des interrogations.
Cette affaire intervient dans un contexte où certaines figures politiques tunisiennes ont, par le passé, multiplié les déclarations suscitant l’irritation en Algérie. Au premier rang desquelles l’ancien président Moncef Marzouki, dont plusieurs prises de position ont été largement commentées par Algeriepatriotique, en raison de son discours excessivement critique envers l’Algérie et en décalage avec l’esprit de solidarité historique qui a longtemps caractérisé les relations entre les deux peuples.
Les déclarations de Moncef Marzouki, agent marocain, relatives au rôle supposé des autorités algériennes durant les événements de 2011 en Tunisie ont notamment provoqué de vives réactions. Pour beaucoup d’Algériens, ces propos ont constitué une remise en cause injuste d’un pays qui a toujours soutenu la stabilité de la Tunisie et entretenu avec elle des relations privilégiées fondées sur l’histoire, la géographie et des intérêts stratégiques communs.
C’est pourquoi l’incident de la carte ne peut être analysé isolément. Il s’inscrit dans un climat où certaines voix cherchent régulièrement à remettre en question des équilibres régionaux patiemment construits. Il est, en effet, légitime de s’interroger sur l’influence que peuvent exercer certaines orientations idéologiques hostiles à l’Algérie et manipulées par le Makhzen au sein de divers espaces médiatiques et politiques en Tunisie.
L’essentiel demeure toutefois ailleurs. L’Algérie n’a pas besoin de polémiques artificielles pour affirmer sa place dans la région. Son poids géopolitique, son rôle dans la sécurité régionale et son attachement constant au principe de souveraineté des Etats constituent des réalités que nul incident médiatique ne saurait effacer.
La véritable question est donc celle de la responsabilité. Les Algériens sont en droit d’attendre des explications claires lorsqu’un symbole aussi fondamental que l’intégrité territoriale de leur pays est traité avec une telle désinvolture. Les Tunisiens, eux aussi, sont en droit d’exiger de leurs médias publics le professionnalisme et la rigueur que requiert leur mission.
L’amitié entre l’Algérie et la Tunisie mérite mieux que les approximations, les provocations ou les ambiguïtés. Elle mérite le respect mutuel, la franchise et la vigilance face à tout ce qui pourrait fragiliser une relation stratégique essentielle pour l’avenir du Maghreb.
M. A.-A.


