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La vanité à crédit

Par Karim B. – Un proverbe algérien rappelle avec une cruelle simplicité que «celui qui s’habille avec l’argent des autres est nu». Il dit la vérité des apparences, la fragilité des façades trop brillantes pour être honnêtes. Cet adage s’applique avec une pertinence troublante au Maroc officiel, qui a choisi l’endettement comme costume de gala, espérant masquer ainsi les déchirures sociales qui traversent le pays.

A coups de milliards empruntés, le pouvoir marocain a multiplié les projets spectaculaires, notamment la construction de stades rutilants, destinés à occuper une opinion publique épuisée. Pendant que les caméras se braquent sur le béton flambant neuf et les pelouses impeccables, une autre réalité, bien moins photogénique, s’impose loin des tribunes. Dans la région d’Al-Haouz, meurtrie par un terrible séisme, des familles continuent de survivre dans des tentes de fortune, exposées au froid, à l’oubli et à l’indifférence. Le drame n’est plus désormais naturel mais politique, tant l’abandon prolonge la catastrophe.

Ce contraste révèle une stratégie devenue classique, celle qui consiste à décorer la vitrine pour mieux dissimuler les fissures. Mais la vitrine elle-même se lézarde. Le Maroc que l’on exhibe est un Maroc aux abois, contraint d’hypothéquer son avenir pour préserver le leurre d’une prospérité immédiate. La dette enfle, les inégalités persistent, et la promesse d’un développement partagé se perd dans le bruit des inaugurations.

La fête, déjà artificielle, a fini par être gâchée. L’échec cuisant en finale face au Sénégal est venu rappeler que le sport, aussi mobilisateur soit-il, ne suffit pas à cimenter durablement un récit national lorsqu’il est construit sur du sable. Une défaite de plus, et le vernis craque. Que reste-t-il alors au régime de Rabat pour entretenir le mirage d’un royaume florissant ?

Face à une population de plus en plus exaspérée, qui voit son quotidien se dégrader pendant que l’Etat s’endette pour des symboles, la fuite en avant financière apparaît comme la dernière ressource. Mais vivre à crédit n’est pas gouverner. On peut retarder l’échéance, pas l’éviter. Et lorsque l’habit tombe, la nudité du Makhzen devient évidente, exposant au grand jour les limites d’un modèle fondé sur la vanité et le trompe-l’œil plutôt que sur la justice sociale et la dignité.

K. B.

10 Commentaires

  1. La vanité à crédit, souhaitant la bienvenue
    Au royaume des chimères, monarchie corrompue
    La situation tendue, le discours convenu
    Un, ça chie par la plume; deux, par la bouche qui pue
    Le coaching, l’apparence, l’imposture mise à nu
    Esprits vils, pensées crasses, le travail des tepus

    « C’est l’envie du mur qui donne l’envie au bouc de se gratter. » (Proverbe Algérien)

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    • Petite correction : c’était pas la bonne atmosphère.

      « C’est la vue du mur qui donne au bouc l’envie de se gratter. » (Proverbe Algérien)

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  2. On a du mal à imaginer le DÉSASTRE pour les Voyoux du makhzen!
    La CAN leur avait été PROMISE
    Le Bruit , les Magouilles , les Enveloppes, les 💵 liasses de billets , le chantage , étaient la GARANTIE
    Tout ça…
    pour ça !
    ÉCHEC SPORTIF
    Zéro Retour sur Investissement
    et Plus de DETTES

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  3. C’est tout un narratif, toute une stratégie qui tombe à l’eau, quel est leur plan B ?
    En ont-ils un de prévu, rien est moins sûre si on considère que leur arrogance belliqueuse est à la mesure de la certitude qu’ils avaient de leur victoire.
    Le makhzen en a fait un objectif d’accomplissement sociétal – ce qui est absurde à mon sens – en assurant à sa population que le Maroc serait gagnant et bénéficierait de retombées économiques importantes ainsi que d’un prestige utile à un soft-power mais c’est exactement le contraire qui s’est produit. Une justice divine s’est elle manifesté.

    Cette CAN est certainement un échec financier mais surtout l’image du Maroc a été fortement terni aux yeux de tous les Africains et même en France où les matchs ont été retransmis sur la chaîne française m6 ce qui a donné l’occasion à tout ce beau monde de réaliser la perfidie et le bellicisme pathologique tant irrationnel de ce pseudo royaume, le véritable visage de ce voyou de narco état.
    Mais le plus important c’est que le reste de khawatistes Algériens qui subsistait aujourd’hui n’est plus, tous ont pu constater ce qu’est le makhzen et que ce makhzen malveillant à l’endroit des Algériens et de l’Algérie en particulier est une réalité.
    Abderraouf belkacemi est un cas qui matérialise aux yeux de tous cette haine, tout le monde connaît à présent son nom et sa mésaventure tant absurde qu’injuste au Maroc.
    En cela c’est une grande victoire pour l’Algérie et les Algériens car l’ennemi est clairement identifié et sans ambiguïtés aucunes. Ce qui renforce notre cohésion sociale de plus belle et ce non seulement entre Algériens mais carrément entre Africains. Le Maroc se retrouve cornérisé – sa place naturelle – du fait de ses seules agissements.

    Aujourd’hui nous avons tous connaissance des assassinats des journalistes Mohamed Soumaré (journaliste sportif malien )et Audry Ibohn Njoh (journaliste camerounais) en l’espace de deux jours. Paix à leurs âmes.

    Tout au long de cette CAN l’image du Maroc n’a fait que de se ternir de plus en plus, c’est là le fruit de leur investissement de 2 Milliards de dollars américains.

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    • « À vaincre sans péril, on triomphe sans gloire »
      Ils ont cru au fait accompli et a la Victoire🏆 par l’Injustice , la Triche les calculs , le Chantage et les Magouilles.
      Dieu les a récompensé par la DÉFAITE , La HONTE et le DÉSHONNEUR

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  4. Le peuple n’a que ce qu’il mérite lorsqu’il ne fait pas la diffence entre des lanternes et des vessies. Le peuple marocain doit certainement aimer la misère et les colons Alaouites . Hassan 2 ne disait-il pas ?  » affame ton chien et il te suivra partout  » à un journaliste français lors d’une interview consacrée à Hassan 2 sur la chaîne 2 française. Pour les Alaouites sionistes venus du Hedjaz saoudien d’où ils ont été chassés, le peuple marocain n’est qu’une meute de chiens que le psychopathe Moulay Ismäil s’est fait un plaisir à soumettre dans la sueur, les larmes et le sang au 17e siècle.
    Depuis la méthode n’ a pas changé de père en fils et il ne faut surtout pas qu’elle change car le peuple marocain masochiste
    aime la misisère et la maltraitance à travers lesquelles il se sent exister et que sa vie à un sens. La preuve est que depuis 360 ans ce peuple méprisable est fidèle et adorateur de ses maitres Alaouite qui le dénigrent, humilient, torturent, affament, dépouillent et vendent au plus offrant. Qu’il en soit ainsi ad vitam aeternam. Bien à vous.

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  5. Le Maroc a laissé passer l’occasion d’être consacré champion d’Afrique. Ce matin, dans les rues de la capitale, les regards étaient lourds, presque interrogateurs. Il n’y aura pas eu ce temps suspendu qu’offre une victoire, ces quelques jours où l’illusion permet d’oublier la réalité. Car la facture, elle, devra être payée — et sans délai.

    Les Marocains étaient prêts, une fois encore, à se serrer la ceinture. Mais il fallait le sacre pour rendre la diète supportable. Rien n’est gratuit : chaque ambition nationale a un coût. Plus inquiétant encore, le doute s’installe. Les grandes infrastructures promises, censées sortir de terre à marche forcée, accumuleraient selon plusieurs témoignages des retards considérables.

    À tel point que certaines instances internationales pourraient être amenées à trancher avant l’été afin d’évaluer si le royaume est réellement capable de respecter les échéances annoncées.

    Dans la rue comme sur les réseaux sociaux, le Marocain ordinaire — souvent marqué par une lecture superstitieuse des événements — commence à s’interroger. Trop de revers, trop d’accidents politiques et symboliques, trop de situations qui tournent au fiasco depuis quelques années.

    Hier encore, certains ont tenté de conjurer la déception en se rassurant par un argument de fortune : la pluie serait tombée abondamment sur le Maroc — allusion à peine dissimulée à l’Algérie, elle aussi confrontée au stress hydrique. Une consolation fragile, révélatrice de la pauvreté du récit mobilisé pour digérer l’échec.

    Depuis quelque temps, une impression persiste : celle d’un pays qui trébuche, parfois par ses propres choix. Les bonnes nouvelles se font rares, et l’optimisme officiel peine à masquer une réalité plus austère.

    Je ne suis pas superstitieux. Mais je crois à une cohérence morale de l’Histoire — appelez-la karma ou simple retour des choses. Nous savons désormais que des armes israéliennes ayant transité par les ports marocains ont tué. Oui, tué des enfants. Et cette collaboration assumée avec une entreprise de destruction à Gaza n’est pas sans conséquence. L’Histoire, tôt ou tard, présente toujours l’addition.

    La situation marocaine finira peut-être par devenir un sujet de philosophie politique, posant une question centrale :

    **toutes les victoires méritent-elles d’être remportées, lorsque leur prix dépasse ce qu’une nation peut moralement assumer ?**

    *La vanité à crédit* n’est donc pas qu’un titre.
    C’est une grille de lecture.

    Elle dit la tentation de paraître puissant avant de l’être réellement.
    Elle décrit ces succès contractés à crédit — financier, diplomatique ou éthique — qui donnent l’illusion de la grandeur tout en fragilisant les fondations.

    Car ce que l’on construit sans légitimité ne s’écroule pas dans le bruit, mais dans le doute.
    Et quand la vanité est financée à crédit, ce n’est jamais la gloire qui rembourse — c’est le peuple.

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  6. Y a aucun problèmes
    Le Marroki devrait juste oublier ses Fantasmes et se cantonner à ses Activités ancestrales
    1. Obéir a ses Sultans proxénètes
    2. Servir l’étranger
    et
    3. Divertir le visiteur
    .

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