Par A. Boumezrag – Depuis des décennies, l’histoire des rapports franco-algériens oscille entre répétition et renouveau, entre souvenirs douloureux et défis contemporains. La France, prisonnière de ses récits anciens, radote. Elle s’emploie à commenter un monde qui a changé sans elle. L’Algérie, elle, a mûri. Elle observe, mesure, planifie et avance avec patience. Son atout n’est pas la précipitation, mais la maîtrise du temps et la capacité à transformer la mémoire en souveraineté tangible.
La mémoire de Novembre 1954 demeure vivante. Elle est le socle sur lequel l’Algérie a construit son Etat, consolidé sa légitimité et forgé son indépendance. Chaque décision, intérieure ou internationale, s’inscrit dans cette continuité historique. Mais aujourd’hui, la mémoire seule ne suffit plus. Elle doit devenir instrument de performance, vecteur de puissance et garantie de crédibilité. L’Algérie sait que ses succès futurs ne dépendront pas seulement de la légitimité historique, mais de sa capacité à la traduire en résultats concrets.
La France, en revanche, se répète. Elle revisite ses discours, revient sur ses analyses coloniales et revisite les mêmes débats diplomatiques, sans écouter l’évolution de l’Algérie et sans mesurer les nouvelles exigences du monde. Cette redondance illustre un retard dans la compréhension des mutations géopolitiques et économiques. Tandis que l’ancienne puissance radote, l’Algérie, elle, consolide ses acquis, négocie ses intérêts et renforce sa place régionale et internationale.
La souveraineté algérienne se mesure désormais à travers plusieurs prismes : économique, institutionnel, diplomatique et stratégique. L’efficacité de l’Etat, la diversification de l’économie, la maîtrise des ressources et la diplomatie active sont l’épreuve de la crédibilité nationale. La jeunesse algérienne, connectée et exigeante, juge la souveraineté à l’aune de ces performances : emploi, innovation, infrastructures et justice tangible. La patience devient alors une force, une stratégie de consolidation silencieuse mais implacable.
Dans ce contexte, la relation avec la France conserve sa complexité. Les liens historiques et économiques restent incontournables, mais ils ne dictent plus les priorités algériennes. La coopération se fait sur la base d’intérêts clairs et de respect mutuel. L’Algérie pratique désormais une diplomatie active, pragmatique et mesurée, capable d’allier mémoire et puissance, fidélité historique et vision stratégique. Chaque négociation, chaque partenariat, chaque accord devient un test de performance et de souveraineté.
Loin de la précipitation ou de la réaction émotionnelle, l’Algérie mise sur la patience comme instrument de puissance. Observer, calibrer, anticiper et agir au moment opportun. Voilà le principe directeur qui guide l’action publique. La souveraineté n’est plus seulement un héritage à protéger ; elle est un capital à faire fructifier. La patience devient alors le révélateur de la maturité et de la puissance réelle de l’Etat.
Le contraste avec la France ne réside pas seulement dans le temps. Il réside dans la posture. D’un côté, la répétition des erreurs et des discours historiques ; de l’autre, la maîtrise de l’action et la capacité à transformer l’expérience en influence. L’Algérie patiente, mais elle avance, sans rien oublier. Elle se tient prête à affirmer sa puissance, sans précipitation, avec la force tranquille de l’expérience. C’est là le véritable contraste avec la France : pendant que l’ancienne puissance radote, l’Algérie patiente et prépare sa performance.
Entre mémoire et puissance, il n’y a pas de compromis. La mémoire garde la souveraineté vivante. La puissance la rend crédible. La performance la valide. La France peut répéter ses discours, revenir sur ses analyses et ressasser ses erreurs, l’Algérie, elle, agit avec constance, méthode et vision. Le temps de l’Etat n’est pas celui de la répétition, mais celui de la construction durable, patiente et mesurable de souveraineté.
Ainsi, l’Algérie transforme ses acquis historiques en leviers contemporains, sa patience en moteur de puissance et son héritage en influence tangible. La souveraineté n’est plus un souvenir. Elle est mesurable, performante et affirmée. La mémoire intacte devient alors le socle de la souveraineté, la patience le vecteur de la puissance, et la performance la preuve que l’Algérie a mûri.
La France radote, l’Algérie patiente. Et quand elle agit enfin, le monde se demande depuis combien de temps elle avait prévu de le faire.
A. B.



La france reste prisonnière de son histoire car elle ne veut toujours pas assumer les nombreux crimes de son passé colonial. Derrière sa perte de mémoire, ses trahisons historiques. Elle n’est plus une grande puissance depuis belle lurette et refuse de voir la réalité en face. Elle ne semble pas vouloir changer d’attitude et se complait dans cette posture hypocrite. Le déni.
L’Algérie doit donc envisager son avenir loin de l’influence néfaste de cette france arrogante et donneuse de leçons devant l’Éternel. Elle est souveraine et choisit ses alliances stratégiques. Son histoire et sa mémoire intacte comme un défi.
Tahya El Djazaïr. 🇩🇿
Allah yarham chouhada.
« La france souffre de l’ablation de sa mémoire. Tout un peuple tente de survivre avec une mémoire atrophiée, qu’on ne transmet plus. »
Par philippe de villiers