De Rome, Mourad Rouighi – L’Algérie, pilier de la diversification énergétique italienne avec 20 milliards de mètres cubes de gaz en 2025. La presse, unanime, a repris cette donnée destinée à se stabiliser à moyen et à long termes. L’Italie renforce donc résolument sa sécurité énergétique en misant sur l’Algérie, qui a fourni en 2025 plus d’un tiers de son gaz, entre gazoduc et GNL.
En six ans, les importations de gaz algérien ont progressé de 67%, passant de 12 à plus de 20 milliards de mètres cubes en 2025, 30 % des volumes acheminés en Italie par gazoduc. A cela s’ajoutent 2,1 milliards de mètres cubes de GNL – plus de 45 cargaisons, soit 20% du total arrivé en Italie l’an dernier –, portant le total à 36% du gaz injecté dans le réseau italien.
Par ailleurs, rien qu’en janvier, 1,8 milliard de mètres cubes supplémentaires sont arrivés au point d’entrée de Mazara del Vallo, dans la province de Trapani, confirmant ainsi la position de l’Algérie comme principal fournisseur de gaz par gazoduc.
Par le passé, le gaz naturel provenait du Nord, principalement de Russie. Cependant, à la suite du début de l’opération militaire spéciale russe en Ukraine, en 2022, et du début de la crise énergétique, les plus gros volumes sont venus du Sud, non seulement d’Algérie, mais aussi de Libye (qui, en 2025, représentait 2% des approvisionnements) et surtout du gazoduc TAP, élément du Corridor gazier sud, entré en service en 2020 et transportant le gaz du gisement offshore azerbaïdjanais de Shah Deniz, en mer Caspienne, vers l’Europe.
L’Algérie, avec laquelle Eni entretient une relation de longue date, notamment grâce à son activité diversifiée et très dynamique sur les marchés des énergies renouvelables, constitue une source importante de gaz.
Le prochain lancement du gazoduc africain, qui acheminera le gaz nigérian via le Niger et qui intéresse nombre de pays européens, à commencer par l’Italie, renforcera ultérieurement ce statut de l’Algérie. Un statut que le groupe italien Eni a, dès l’indépendance, accompagné et qui en fait aujourd’hui la première entreprise internationale du pays, avec un portefeuille d’activités de développement allant de l’exploration à l’exploitation et aux investissements.
Ce portefeuille a été renforcé ces dernières années par de nouvelles acquisitions stratégiques. Grâce à d’importants investissements et à des succès en matière de choix et de coopération avec Sonatrach, ces acquisitions ont confirmé le rôle crucial d’Eni. En effet, rien qu’en 2025, la société a importé 11 milliards de mètres cubes de gaz d’Algérie via des contrats d’achat existants avec Sonatrach – actuellement en cours de renégociation – par gazoduc et en GNL.
Un partenariat très solide, donc, comme l’a récemment souligné le président Abdelmadjid Tebboune en accueillant la présidente du Conseil italien, Giorgia Meloni, réaffirmant à cette occasion la volonté des deux pays d’honorer leurs engagements respectifs dans le cadre du partenariat stratégique lancé en 2019.
De ce fait, aucune surprise n’est venue ralentir la locomotive algéro-italienne. Bien au contraire.
M. R.




L’axe Alger-Rome qui se consolide. On espère pour un partenariat gagnant-gagnant.
Bonjour
Bienvenue l’Italie , votre technologie nous interresse et votre savoir faire dans tout les domaine : urbanisme , textile , mécanique , aéronautique ,naval , etc….
Seriez vous présent ?
Economie de transport pour l’Italie, le détroit d’Ormuz est payant maintenant ?
Chaque bateau qui passe dans ce détroit d’Ormuz doit s’acquitter d’une taxe de
02 millions de dollars par bâteau. A défaut, il ne passera pas.
La monnaie, le yuan chinois est réclamé.
Le choix de l’Italie d’acheter du gaz d’Algérie est le meilleur. C’est du gagnant / gagnant et cela évite des coûts de transport exorbitant sachant qu’un méthanier qui part des USA demande 300 000 € par jour et ce, depuis la guerre au Moyen Orient donc au final, le coût est exorbitant pour le consommateur italien.
A partir du Moyen Orient, même chose, le coût des assurance a grimpé en flèche, calcul du risque donc plein de taxes à l’arrivée.
Que l’Algérie continue sa politique d’ouverture vers d’autres pays ne peut être que gagnant gagnant.
Pas si unanime que ça
Les inquiétudes de la presse et des experts Italiens
Si l’Algérie est saluée comme un partenaire « fiable », plusieurs journaux et analystes pointent des risques stratégiques :
Montel News
Asymétrie de la relation : L’Italie se retrouve « extrêmement dépendante » d’un fournisseur unique pour une part majeure de son mix énergétique.
Limites de production : Des experts notent que l’Algérie consomme la moitié de sa propre production et pourrait peiner à augmenter ses exportations à long terme sans nouveaux investissements massifs.
Retard de la transition : Des critiques, relayées notamment par le Financial Times, reprochent au gouvernement italien de renforcer sa dépendance aux énergies fossiles plutôt que d’accélérer la transition verte, contrairement à des voisins comme l’Espagne.
Agenzia Nova
Merci Pour tes conseils sur l’Algerie et l’Italie.
Occupes toi plutôt du Sultanat du Morrakoch
Oui L’Italie a étendue la durée d’exploitation de centrales a Charbon comme le Sultanat des proxénètes de rabat qui produit 25% de son électricité dans la centrale a Charbon de Safi.
….Quand au modèle de “transition verte” de l’Espagne qui exporte du Gaz au Maroc , c’est une blague ?
Bonjour
Comme disaient les anciens…si tous les pays arabes s’unissent et coupent pétrole et gaz… Gaza sera libre en 24 h sans déverser une cartouche. A bon entendeur.
« La presse italienne unanime : l’Algérie s’impose comme un pilier de la sécurité énergétique » titre M. R..
J’espère que les dirigeants algériens ne se contenteront pas uniquement, de diriger un « pilier de la sécurité énergétique » de ………………… l’Europe (rôle qu’assigne la dynamique du capital financier mondial, fraction dominante du moment du capital mondial* à toutes les économies pourvoyeuses d’hydrocarbures) mais utiliseront la rente générée par l’exportation des hydrocarbures pour accélérer la diversification de l’économie domestique en investissant la dite rente dans les créneaux porteurs du XXIème siècle (l’IA, la cybersécurité, l’industrie 4.0, et la biotechnologie, entre autres).
En termes crus si nous continuons à nous spécialiser dans l’exportation des hydrocarbures** pour répondre aux conditions de l’accumulation du capital mondial, nous ne ferons que participer, malgré les apparences (en termes de mode de consommation) à notre propre arriération et notre marginalisation (en termes de contribution à l’essor de l’humanité).
Moralité de l’histoire: il n’y en a aucune, à part que, si la coopération avec l’Italie, ou une quelconque puissance économique, ne débouche pas sur une transformation radicale de l’économie algérienne, i. e. sa métamorphose d’une économie rentière en une économie de production, alors, autant donner les « clés de la maison » aux puissances impérialistes et nous contenter de tourner en rond « En Attendant Godot »***.
Wa el fahem yefhem.
* Je rappelle que l’impérialisme est la manifestation ultime de la logique de fonctionnement du Grand Capital représenté au niveau politique par les grandes puissances du moment, i.e. les puissances vers lesquelles nous exportons nos hydrocarbures, lesquels permettent de décongeler le capital au moindre coût.
** j’avance qu’il n’y a aucune fierté à exhiber si nous acceptons la division internationale du travail qui nous réduit à un ounboub d’hydrocarbures sans robinet d’arrêt.
*** Voir la pièce en deux actes de Samuel Beckett, publiée en 1952 à Paris