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Equilibre subtil

Par Mehenna H. – En l’espace de trois jours, l’Algérie a vu se succéder plusieurs hauts responsables étrangers, confirmant son retour au premier plan sur la scène internationale. Américains, Russes et Européens multiplient les visites, signe d’un intérêt stratégique croissant pour un pays pivot à la fois énergétique et sécuritaire.

Parmi les visites marquantes figure celle du vice-secrétaire d’Etat adjoint américain Christopher Landau, accompagné du commandant de l’Africom, le général d’armée Dagvin Anderson. Reçus par le président Abdelmadjid Tebboune, les responsables américains ont salué le rôle de l’Algérie comme «pilier de la stabilité régionale», notamment dans la lutte contre le terrorisme. Ils ont également exprimé leur volonté de renforcer la coopération bilatérale, en mettant en avant la complémentarité entre l’expertise américaine et l’expérience algérienne dans ce domaine.

Dans le même temps, des responsables russes, notamment dans le secteur des transports, ainsi que des représentants européens, à l’image de l’émissaire belge pour la sécurité énergétique, ont également effectué le déplacement à Alger. Tous convergent vers un même objectif : consolider leurs partenariats avec une puissance régionale dont l’importance ne cesse de croître.

Cette dynamique s’inscrit dans un contexte international profondément bouleversé. Depuis la guerre en Ukraine, les équilibres énergétiques mondiaux ont été redéfinis, poussant notamment les pays européens à diversifier leurs sources d’approvisionnement. L’Algérie, riche en gaz naturel et disposant d’infrastructures stratégiques vers l’Europe, s’est imposée comme une alternative crédible.

Les tensions récentes au Moyen-Orient, notamment autour de l’Iran, ont accentué cette tendance, renforçant la nécessité pour les grandes puissances de sécuriser leurs approvisionnements énergétiques. Dans ce contexte, Alger apparaît comme un partenaire fiable, bénéficiant d’une grande stabilité et d’une position géographique stratégique.

Mais au-delà de l’énergie, c’est aussi le rôle sécuritaire de l’Algérie qui attire l’attention. Forte d’une longue expérience dans la lutte contre le terrorisme, elle est aujourd’hui perçue comme un acteur clé dans la stabilisation du Sahel et de l’Afrique du Nord. Comme l’a souligné le général Anderson, la coopération dans ce domaine est appelée à se renforcer, d’autant que les menaces terroristes continuent de s’étendre à l’échelle mondiale.

Sur le plan économique, le groupe Sonatrach reste au cœur des convoitises, notamment dans les domaines du gaz, du raffinage et de la pétrochimie. Les autorités algériennes entendent tirer parti de cet intérêt pour attirer des investissements, favoriser le transfert de technologies et développer le contenu local.

Cette montée en puissance diplomatique démontre que l’Algérie s’impose comme un acteur incontournable, capable de dialoguer avec des puissances aux intérêts parfois divergents. Fidèle à sa tradition de non-alignement, elle parvient à maintenir un équilibre subtil entre ses partenaires.

M. H.

16 Commentaires

  1. « Cette dynamique s’inscrit dans un contexte international profondément bouleversé. Depuis la guerre en Ukraine, les équilibres énergétiques mondiaux ont été redéfinis, poussant notamment les pays européens à diversifier leurs sources d’approvisionnement. L’Algérie, riche en gaz naturel et disposant d’infrastructures stratégiques vers l’Europe, s’est imposée comme une alternative crédible. » souligne M. H..

    Méfions nous de cette histoire d' »alternative crédible » qui risque de nous faire perdre le cap vers la construction d’une économie autocentrée par opposition à une économie reposant, essentiellement sur le secteur des hydrocarbures dans laquelle le Grand Capital veut confiner l’Algérie, en particulier et toutes les économies pourvoyeuses d’hydrocarbures, en général.

    En termes crus, gardons la tête froide et ne succombons pas aux flatteries qui nous viennent des représentants, d’où qu’ils viennent, du Grand Capital dont les intérêts bien compris ne correspondent nullement avec les intérêts d’une Algérie anti-colonialiste, anti-impérialiste et …………… anti-sioniste.

    Moralité de l’histoire: il n’y en a aucune, à part que si le pouvoir algérien ne profite pas de la conjoncture actuelle pour imposer à ses « partenaires » SES conditions*, alors, nous risquons, à cause des flatteries remarquables que nous recevons des étrangers, d’être les …………………dindons de la farce.

    Wa el fahem yefhem.

    * le pouvoir algérien doit profiter de la conjoncture actuelle pour investir la rente générée par l’exportation des hydrocarbures dans les secteurs porteurs et déconstruire, graduellement l’économie de rente, système dominant du moment, pour faire émerger une économie basé sur le travail en tant qu’activité et valeur.

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    • D’accord entièrement avec Abou Stroff et Brahms : il n’y a que le TRAVAIL qui fera sortir l’Algérie et les Algériens de la rente pétrolière et rendra les consommateurs algériens acteurs car TRAVAILLEURS; Et j’ai déjà évoqué également, mais mes commentaires ont été censurés, le sort réservé à Khadaffi et en conséquence à la Lybie. Il n’y a que les vérités qui blessent. Mais elles peuvent aussi tuer !

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    • Absolument D accord les cours finiront bien par descendre et ON VERRA nos vrais Amis
      Tout flatteur vit au depends de celui qui l ecoute
      le principal sujet c est que faire des recettes en devises suplementaires engrengé par la hausse des cours du brent
      nous avons fait l experience deja et c est parti en KIWI BANANES et les poches de la ISSABA
      il faut arréter avec cette HISTOIRE d ALGERIE la mecque …
      le citoyen ALGERIEN n en a qua faire

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      • @Malek,

        Apparemment le chiffre 48,9% de locos Bousbiriens n’est plus fiable !

        By the way, où est ton roitelet Moh el Rondilla ?

    • « Si jamais un gouvernement bourgeois s’installait dans notre pays avec ses appareils et sa police, le paysan et l’ouvrier ne connaitraient que l’avilissement. Il va sans dire qu’une classe bourgeoise serait créée et serait pire que le colonialisme lui-même. » Mohamed Boukharouba

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      • le socialisme qui a favorisé la médiocrité et les escrocs je n’en veux pas la bourgeoisie n’a jamais existé en Algérie

      • Les médiocres et les escrocs n’ont pas besoin d’une idéologie particulière pour l’être. Il leur suffit simplement d’un système corrompu jusqu’à la moelle comme le bouteflikisme pour pousser et proliférer comme de la mauvaise herbe.

  2. Les EAU viennent de sortir de l’OPEP car en perte financière ?

    Les EAU veulent arroser de pétrole toute la planète pour se renflouer financièrement et ne veulent plus respecter les quotas de pétrole de l’OPEP.

    S’agissant de la présence américaine dans le secteur, n’oublions pas que Barack Obama a cassé la Libye avec Nicolas Sarkozy Nagy Bocsa faisant 250 000 morts.

    Par conséquent, l’Amérique veut jouer au pompier / pyromane.

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  3. 37 ans de fraude : jusqu’où s’étend une trahison hors norme ?

    Selon des médias algériens connus et fiables, dont je ne citerai pas les noms, un Bousbirien clandestin a vécu pendant plus de 37 ans au cœur de l’Algérie sous une fausse identité, se déplaçant librement avec des documents officiels falsifiés — carte d’identité, permis de conduire, passeport — comme si la fraude était devenue la norme.

    On ne fabrique pas une identité entière — et on ne la maintient pas pendant près de quarante ans — sans appuis solides, sans silences achetés, sans complicités actives et sans regards délibérément détournés. C’est une évidence. Derrière cette affaire, il n’y a pas un seul homme : il y a des relais, des responsables, des complices — et il y a eu une trahison.

    La vraie question n’est plus « comment », mais « qui ». Qui a validé ? Qui n’a pas contrôlé ? Qui a couvert ? Qui a trahi ?
    Et surtout : combien de Bousbiriens circulent librement sur notre territoire en se faisant passer pour des citoyens Algériens à l’aide de documents officiels falsifiés ? Combien d’autres fraudes prospèrent encore dans l’ombre — tolérées, protégées, organisées ?

    À la fin, il devient presque impossible de ne pas s’alarmer face aux implications réelles d’une telle situation, surtout lorsqu’on envisage ce qu’un Bousbirien clandestin, muni de faux documents, pourrait être capable d’accomplir. Jusqu’où des Bousbiriens usurpant l’identité de citoyens Algériens pourraient-ils accéder à des fonctions sensibles sans éveiller le moindre soupçon ? Et qui sait combien d’entre eux ont déjà réussi à infiltrer, dans la plus grande discrétion, des sphères bien plus influentes qu’on ne l’imagine ?

    Jusqu’où cette menace silencieuse peut-elle réellement s’étendre avant qu’il ne soit trop tard ? Et au-delà, quelles autres zones d’ombre restent encore à explorer pour saisir toute l’ampleur d’une trahison hors norme ?

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  4. À tous nos ennemis, terrés dans leurs trous, où qu’ils se planquent : l’Algérie, rempart éternel de la dignité, est le seul pays et la seule nation à être véritablement souveraine, ainsi que l’unique puissance militaire absolue en Afrique et dans le prétendu monde arabe. Que vous le supportiez ou non, vous allez l’avaler sans broncher — ou retourner vous écraser et pleurnicher chez ceux qui vous dictent votre misérable existence.

    C’est acté, gravé dans le marbre. Fin du débat.

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  5. L’équilibre subtil entre l’Algérie et ses partenaires. Maintenir notre positionnement historique dans le mouvement des non-alignés.

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  6. Leurs messages d après moi et au vue de leurs pedigré.
     » voilà ce que je vous propose cordialement soit vous vous exécuter ou bien on emploie un autre langage a vous de voir » se méfier de la bête blessé et acculé il en vas de leurs survie

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  7. L’idée que devrait gouverner toute action politique devrait être celle-ci : rendre possible l’édification d’une digue contre ce que l’on nomme aujourd’hui les contraintes externes qui pèsent naturellement pour les pays faibles que pour ceux qui sont forts.

    Nous n’avons pas le droit de dépenser notre énergie à mauvais escient. Gardons la précieusement et utilisons la pour le bien de notre pays.

    Fraternellement lhadi
    ([email protected])

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  8. L’Algérie doit tirer son épingle du jeu, sans énergie pas d’économie rien ne marche, l’Algerie est un pays jeune, elle doit faire le ménage chez elle, nettoyer ses universités, l’université et les centres de formations sont tres importants pour batir une economie et sortir une tres bonne elite en tout genre et ses institutions de la médiocrité et des escrocs de tout genre et n’oublions pas casser et eliminer les intégristes et des radicaux en tout genre, l4algerie est un pays jeune par sa population, il faut de l’activité et du travail pour faire vivre sa jeunesse et sa population, profiter de la situation pour produire localement en s’associant a des entreprises internationales, quand je dis travail pas des usines tournevis, une production locale avec des transferts de savoir faire, générer un savoir faire et des compétences algériennes l’énergie en Algérie est bon marché, les entreprises allemandes souffrent en ce moment du cout de l’énergie, il faut que les algériens comprennent tout ca, leur expliquer les choses, regarde aussi un pays comme la Norvège gros producteur d’énergie, les norvégiens ont investi leur argent dans la formation et la technologie, un étudiant norvégien est parmi les mieux et plus performants du monde, s’ouvrir aux autres ne veut pas dire se renier et n’ayons pas peur, l’Algérie va avoir bientôt 50 millions d’habitants

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  9. VISION STRATÉGIQUE POUR LA SORTIE DE L’ALGÉRIE DU SOUS-DÉVELOPPEMENT
    De la rente des hydrocarbures à la puissance industrielle et civilisationnelle

    PRÉAMBULE : L’Algérie à la croisée des chemins
    L’Algérie n’est pas un pays pauvre. C’est un pays dont la richesse dort sous ses pieds, brûle dans son ciel et coule sous ses sables. Le paradoxe algérien est saisissant : l’une des géologies les plus généreuses de la planète, un territoire grand comme 3,5 fois la France, une jeunesse nombreuse et instruite — et pourtant, une dépendance structurelle aux hydrocarbures qui représentent encore plus de 90 % des recettes en devises.
    Le verrou n’est pas économique. Il est doctrinal. L’Algérie a trop longtemps vendu sa matière brute et importé la transformation. Il s’agit désormais d’inverser cette logique de fond en comble.

    PREMIER PILIER — LA RÉVOLUTION MINIÈRE ET SIDÉRURGIQUE

    1. Gara Djebilet — Du minerai brut à la puissance sidérurgique africaine

    Le gisement de Gara Djebilet est classé deuxième mondial en termes de réserves, avec 3,5 milliards de tonnes dont 1,7 milliard exploitable, présentant une teneur en fer de près de 60 %. Ce n’est pas une mine. C’est un empire industriel qui attendait son heure.
    La ligne ferroviaire de 950 km reliant la mine à Béchar, puis à Oran, a été inaugurée le 1er février 2026, avec 24 trains minéraliers circulant quotidiennement. Le gisement devrait produire 4 millions de tonnes par an en phase de démarrage, puis tripler à 12 millions d’ici 2030, avant d’atteindre 50 millions de tonnes à terme.
    Mais la vraie bataille se joue en aval. Pour le journaliste économique Ihsane El Kadi, l’enjeu n’est pas une rentabilité minière immédiate, mais la capacité de l’Algérie à développer une filière sidérurgique avec un investissement dans la transformation. C’est dans cette transformation que se joue la principale richesse.
    La stratégie doit donc être : acier spécial → construction navale → matériaux ferroviaires → exportation de semi-produits vers l’Afrique subsaharienne. Le chercheur algéro-canadien Karim Zaghib a déjà identifié que la purification du minerai pourrait également alimenter les filières émergentes de l’industrie 5.0, notamment les technologies liées à l’énergie et au stockage, comme les batteries lithium-fer-phosphate.

    2. Le Phosphate — Celui qui détient les engrais détient le monde

    Le gisement de Jebel Onq couvre les provinces de Tébessa, Souk Ahras, Skikda et Annaba. Les réserves sont estimées à 2,8 milliards de tonnes de phosphate. Le projet vise à produire 10 millions de tonnes de matière première par an, 6 millions de tonnes de concentré de phosphate et environ 4 millions de tonnes d’engrais, pour un investissement d’environ 7 milliards de dollars, en partenariat avec des sociétés chinoises.

    Le président Tebboune a eu une formule visionnaire qu’il convient de graver en lettres d’or : « Ça devient le produit le plus stratégique au monde, plus que le gaz et le pétrole. Celui qui détient les engrais détient pratiquement un pouvoir de décision énorme. »

    L’Algérie doit donc impérativement refuser d’exporter son phosphate brut. La chaîne de valeur est claire : phosphate brut → acide phosphorique → engrais DAP et MAP → exportation vers l’Afrique, l’Asie du Sud, l’Amérique latine. Avec l’entrée en production de Tébessa, l’Algérie pourra couvrir toute la chaîne des engrais en passant par la transformation du phosphate en acide phosphorique, à forte valeur ajoutée.

    3. Le Zinc d’Amizour — La troisième réserve mondiale

    Le projet minier de Tala Hamza – Oued Amizour prévoit l’extraction de 2 millions de tonnes par an de zinc et de plomb, avec une production annuelle estimée à 170 000 tonnes de zinc et 30 000 tonnes de plomb, réalisé en partenariat avec l’entreprise australienne Terramin. Le zinc est indispensable à la galvanisation, aux batteries, à la construction. Là encore, la règle est absolue : aucune tonne ne quitte le sol algérien sans être transformée.

    4. Le Lithium et les Terres Rares du Hoggar — La prochaine frontière

    La présence du lithium a été confirmée dans la région du Hoggar. Le scientifique Karim Zaghib, chargé de piloter ce projet, préconise un plan stratégique d’accélération de la transformation du lithium et des métaux rares. Sa vision est de transformer en Algérie le lithium, le fer et le phosphate pour fabriquer les cellules de batteries et exporter les composants pour l’industrie mondiale. TSA
    L’enjeu est colossal : la batterie est le pétrole du XXIème siècle. Posséder le lithium et refuser de l’exporter brut, c’est se donner les moyens de fabriquer la transition énergétique mondiale — depuis Alger.

    5. L’Uranium — Une souveraineté énergétique totale

    Les réserves algériennes d’uranium estimées à 29 000 tonnes représentent une carte stratégique de premier ordre. L’objectif à terme : maîtriser le cycle nucléaire civil complet, de l’extraction à la production d’électricité propre, en passant par l’enrichissement. C’est la voie qu’ont empruntée le Brésil, l’Argentine et l’Afrique du Sud. L’Algérie a tous les atouts pour en faire autant.

    DEUXIÈME PILIER — LA RÉVOLUTION ÉNERGÉTIQUE

    6. Le Pétrole — Exporter la valeur, pas la ressource

    L’Algérie exporte environ 900 000 barils/jour d’un brut léger de qualité exceptionnelle — le Sahara Blend — apprécié sur les marchés mondiaux précisément parce qu’il est facile à raffiner. Or on le vend brut, comme si on exportait du coton pour importer des chemises.
    La doctrine doit changer radicalement : raffinage intégral en Algérie, puis exportation de carburants, de lubrifiants, de bitumes, de résines, de produits pétrochimiques à haute valeur ajoutée. Le complexe d’Arzew est le noyau de cette ambition — il doit être étendu, modernisé et connecté à toute la filière plastique et pétrochimique nationale.

    7. L’Hydrogène Vert et le Solaire — Vendre le soleil au monde

    L’Algérie jouit d’un potentiel solaire parmi les plus élevés de la planète. Avec plus de 3 000 heures d’ensoleillement par an sur la majorité de son territoire, elle dispose d’une caractéristique naturelle permettant de développer des projets d’énergie solaire à grande échelle.
    Des études scientifiques indiquent que les régions désertiques comme Tamanrasset et Adrar permettent d’atteindre des coûts de production d’hydrogène vert parmi les plus bas, en raison de leur taux d’ensoleillement exceptionnel.

    En janvier 2025, l’Algérie a signé à Rome, aux côtés de l’Italie, de l’Allemagne, de l’Autriche et de la Tunisie, une déclaration politique pour concrétiser le projet de pipeline SoutH2, ce corridor de 3 300 km destiné à transporter de l’hydrogène renouvelable de l’Afrique du Nord vers les grands pôles industriels européens, pouvant acheminer jusqu’à 40 % de l’objectif européen d’importation d’hydrogène.
    La vision : le Sahara doit devenir la plus grande centrale solaire du monde. L’Algérie vendra de l’électricité propre à l’Europe via câbles CCHT, et de l’hydrogène vert par pipeline. L’énergie solaire cessera d’être une curiosité et deviendra la première industrie du pays.

    8. L’Hélium et la Pétrochimie d’Arzew

    L’Algérie est l’un des rares pays au monde à posséder des réserves significatives d’hélium. Or l’hélium est irremplaçable dans l’IRM médical, la fusée spatiale, les semi-conducteurs et la cryogénie. Associé au développement de la filière plastique à Arzew — polyéthylène, polypropylène, PVC — et aux partenariats chinois en cours, le pôle d’Arzew peut devenir la capitale pétrochimique de la Méditerranée.

    TROISIÈME PILIER — LA RÉVOLUTION AGRICOLE ET ENVIRONNEMENTALE

    9. Le Blé sous pivots — De 6 à 15 millions de tonnes

    La production céréalière algérienne souffre d’un paradoxe géographique : elle est concentrée au nord, à la merci des aléas pluviométriques. La solution est techniquement disponible et économiquement rentable : généraliser l’irrigation sous pivots sur les Hauts Plateaux. Avec 2 millions d’hectares irrigués supplémentaires, l’objectif de 15 millions de tonnes de blé devient atteignable. En consacrant une partie à la production de pâtes de qualité mondiale, l’Algérie transforme son blé en diplomatie alimentaire.
    10. Le Barrage Vert — La plus grande forêt artificielle du monde

    Initié dans les années 1970, le Barrage Vert s’étend sur 3 millions d’hectares à travers les régions steppiques. Il doit être entièrement réactivé, densifié et transformé en véritable muraille verte contre la désertification. C’est aussi un actif carbone considérable, négociable sur les marchés internationaux du carbone, et un levier puissant contre les migrations climatiques.

    11. Les Grandes Serres et l’Agriculture du Sud

    Des projets de serres industrielles modernes, évoqués depuis des années, doivent être relancés avec transparence et rigueur. Couplés aux projets agricoles du Sud — valorisation des nappes albienne et continentale intercalaire — ils permettront une production maraîchère exportable vers l’Europe en hiver, quand les marchés du Vieux Continent sont en pénurie.

    12. La Vallée de la Soummam — Un trésor à protéger d’urgence

    Le projet japonais d’aménagement intégré de la Vallée de la Soummam, élaboré dans les années 1970-1974, anticipait la mise en valeur de l’un des couloirs agricoles les plus fertiles d’Afrique du Nord. Il est urgent d’exhumer ce dossier, de l’actualiser et surtout de décréter un moratoire strict sur toute construction dans les zones agricoles classées de la Soummam, avant que le béton n’achève ce que les décennies de laisser-aller ont commencé.

    QUATRIÈME PILIER — LE GRAND PROJET CIVILISATIONNEL

    13. La Mer Intérieure de Roudaire — Le Rêve du Commandant devenu enjeu climatique
    En 1874, le commandant français François Élie Roudaire eut une vision : inonder les chotts du sud tunisien et algérien pour créer une mer intérieure méditerranéenne. Jules Verne en rêva, Ferdinand de Lesseps tenta de le concrétiser. Le projet fut abandonné, jugé trop coûteux et politiquement complexe.
    Mais en 2026, ce projet prend une dimension nouvelle : face au réchauffement climatique, à la désertification et au déficit hydrique chronique, une mer intérieure dans la région des chotts Melrhir et Djerid représenterait un régulateur climatique régional, un réservoir de biodiversité, un levier touristique majeur et une source de pêche. Une étude de faisabilité moderne, intégrant les données hydrologiques, climatiques et géopolitiques actuelles, s’impose comme une priorité de recherche nationale. L’Algérie et la Tunisie, en partenariat, pourraient porter ce projet devant l’UNESCO et les institutions de financement climatique international.

    CINQUIÈME PILIER — LE CAPITAL HUMAIN : LA RICHESSE ULTIME

    14. Les Échecs dès le CP1 — Former une nation de stratèges

    Le projet le plus visionnaire de tous n’est pas industriel. Il est éducatif. Introduire les échecs comme discipline obligatoire dès la première année du primaire pour former des millions de jeunes Algériens à la pensée stratégique, à l’anticipation, à la rigueur et à la résilience.
    Des nations comme la Russie, l’Inde, Cuba et la Géorgie l’ont compris depuis des générations : un enfant qui joue aux échecs apprend à perdre, à analyser, à rebondir — c’est-à-dire exactement ce dont un État en développement a besoin pour produire des ingénieurs, des entrepreneurs et des décideurs de haut niveau.
    Le coût est dérisoire. Le dividende civilisationnel est inestimable.

    SYNTHÈSE STRATÉGIQUE — LES SEPT RÈGLES D’OR
    1. Zéro exportation de matière brute. Tout ce qui sort du sol algérien doit être transformé sur le sol algérien.
    2. La souveraineté industrielle avant les dividendes immédiats. Investir massivement aujourd’hui pour ne plus dépendre de personne demain.
    3. Les partenariats étrangers se méritent et se négocient. Pas de concession sans contrepartie industrielle, pas d’énergie sans transfert de technologie.
    4. Protéger les terres agricoles comme un bien sacré. Aucun hectare fertile ne doit être sacrifié au béton.
    5. La transition énergétique est une opportunité, pas une contrainte. Le Sahara est le plus grand gisement solaire de la planète — il faut le traiter comme tel.
    6. Former avant de produire. Aucune usine ne vaut sans les ingénieurs, les techniciens et les managers capables de la faire tourner.
    7. La mémoire des projets. Exhumer, actualiser et finaliser tous les grands projets abandonnés — Soummam, mer intérieure, barrage vert — plutôt que de réinventer perpétuellement la roue.

    L’Algérie n’a pas besoin de miracle. Elle a besoin de méthode, de mémoire et de courage stratégique. Tout le reste est déjà là — sous ses pieds, dans son ciel et dans sa jeunesse.

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  10. LE GAZ DE SCHISTE ALGÉRIEN
    Une richesse colossale à exploiter avec intelligence et souveraineté

    I. LES CHIFFRES RÉELS — AFFINER LE POTENTIEL
    L’Algérie possède la troisième plus grande réserve mondiale de gaz de schiste, estimée à près de 20 000 milliards de m³ exploitables — soit quatre fois plus que ses réserves de gaz conventionnel.
    Pour être précis sur le classement mondial, les réserves mondiales de gaz de schiste se répartissent ainsi : la Chine en tête avec 32 billions de m³, l’Argentine avec 23, puis l’Algérie avec 20 billions de m³, devant les États-Unis (19), le Canada (16) et le Mexique (15).
    Ces réserves sont réparties dans sept bassins géologiques : Mouydir, Ahnet, Berkine-Ghadames, Timimoun, Reggane, Illizi et Tindouf. Le bassin de Berkine-Ghadames est le plus grand, et le bassin d’Ahnat présente les formations les plus prometteuses.
    Un chiffre s’impose pour mesurer l’enjeu : les réserves conventionnelles de gaz algérien s’élèvent à 4 500 milliards de m³. Le gaz de schiste représente donc un potentiel quatre fois supérieur. C’est l’équivalent de plusieurs siècles de consommation nationale.

    II. LES OBSTACLES RÉELS — NE PAS LES NIER, LES RÉSOUDRE
    1. Le problème de l’eau — La contrainte principale
    C’est le nœud gordien. La fracturation hydraulique classique utilise d’importantes quantités d’eau, laquelle est une ressource rare dans la région du Sahara. Cette région abrite en outre la nappe de l’Albien, la plus grande réserve d’eau souterraine au monde — un trésor millénaire dont la contamination serait un crime écologique et civilisationnel irréparable.
    La fracturation hydraulique conventionnelle consomme entre 10 000 et 30 000 m³ d’eau par puits. Sur des centaines de puits, cela représente une ponction gigantesque sur des ressources non renouvelables dans un désert. Ce problème est réel, sérieux et non négociable. Mais il a des réponses technologiques.
    2. Les risques sismiques
    Les injections à haute pression dans le sous-sol peuvent induire de petits séismes. Cette réalité doit être prise en compte dans le choix des zones d’exploitation, en évitant les zones tectoniquement actives.
    3. L’acceptabilité sociale
    Les manifestations de 2015 à Ain Salah ont montré que les populations du Sud refusent d’être sacrifiées sur l’autel de l’énergie. Toute stratégie qui ignore cette réalité est condamnée à l’échec. La solution passe par le partage réel de la rente et la transparence environnementale totale.

    III. LES TECHNIQUES MODERNES — LES ALTERNATIVES ÉCOLOGIQUES EXISTENT

    Le débat est souvent présenté comme un choix binaire : fracturation hydraulique polluante ou renoncement total. C’est un faux dilemme. La science propose aujourd’hui des alternatives sérieuses.

    1. La Fracturation Exothermique Non Hydraulique (FENH) — La technique la plus propre
    Celle qui semble la plus propre, baptisée fracturation exothermique non hydraulique ou fracturation sèche, inventée pour les forages en région arctique où l’eau gèle trop rapidement, n’utilise ni eau, ni explosifs, ni acides, ni solvants, mais de l’hélium chaud.
    La perforation est pneumatique et non hydraulique. Elle recourt à des gaz chauds plutôt qu’à un liquide pour fracturer le schiste. L’hélium, en passant du stade liquide au stade gazeux, augmente son volume 700 fois, ce qui génère une pression suffisante pour fracturer la roche sans aucun produit chimique.

    L’ironie de l’histoire est sublime : l’Algérie possède d’importantes réserves d’hélium. Elle pourrait donc utiliser son propre hélium pour extraire son propre gaz de schiste — sans une goutte d’eau saharienne. C’est une souveraineté technologique à portée de main.

    L’ironie de l’histoire est sublime : l’Algérie possède d’importantes réserves d’hélium. Elle pourrait donc utiliser son propre hélium pour extraire son propre gaz de schiste — sans une goutte d’eau saharienne. C’est une souveraineté technologique à portée de main.

    2. La Fracturation au GPL (Gaz de Pétrole Liquéfié)
    Deux technologies permettent d’utiliser la fracturation au gaz de pétrole liquéfié (GPL) pour extraire les hydrocarbures non conventionnels sans utiliser d’eau. La compagnie canadienne GasFrac utilise du gaz de pétrole liquéfié en remplacement de l’eau. Cette technique élimine le risque de contamination des nappes phréatiques et supprime la problématique des eaux de retour chargées en produits toxiques.

    3. La Fracturation Pneumatique par Air Comprimé
    La fracturation pneumatique injecte de l’air comprimé dans la roche-mère pour la désintégrer par ondes de choc. Elle n’utilise pas de produits chimiques. Elle est adaptée aux formations géologiques peu profondes et à certaines configurations de bassins.
    4. La Fracturation Hydraulique Améliorée — Si elle reste incontournable
    Dans les zones où les techniques sèches ne sont pas encore opérationnelles à grande échelle, la fracturation hydraulique peut être considérablement améliorée sur le plan écologique par :

    Le remplacement des biocides chimiques par une stérilisation UV de l’eau injectée
    L’utilisation de biosurfactants non toxiques et biodégradables en lieu et place des surfactants chimiques
    La réutilisation à 100 % des eaux de retour par traitement sur site
    L’injection de CO₂ supercritique à la place de l’eau — une technique qui présente le double avantage d’extraire le gaz et de séquestrer du carbone dans le sous-sol

    5. Le Forage Horizontal Longue Portée — Maximiser en minimisant l’empreinte
    Le forage horizontal permet d’atteindre depuis un unique puits de surface une zone souterraine de plusieurs kilomètres de rayon. Cela signifie moins de têtes de puits, moins d’empreinte au sol, moins de routes, et donc une perturbation minimale des écosystèmes désertiques.

    IV. LA DOCTRINE STRATÉGIQUE — NOS CONDITIONS, PAS LES LEURS
    IV. LA DOCTRINE STRATÉGIQUE — NOS CONDITIONS, PAS LES LEURS

    L’Algérie doit s’appuyer sur un co-partenariat incluant la formation des Algériens et des clauses restrictives avec d’importantes pénalités en cas de non-respect de l’environnement. Ce sont surtout les États-Unis qui maîtrisent la technologie de fracturation hydraulique.
    ExxonMobil et Chevron ont entamé depuis 2024 un nouveau cycle de négociations avec les autorités algériennes pour obtenir des contrats d’exploration dans le gaz de schiste, notamment dans les bassins d’Ahnat et de Qourara.

    Face à ces géants, la position algérienne doit être intransigeante sur cinq points :
    1. Transfert de technologie obligatoire — Les Algériens forment les Algériens. Dans dix ans, aucun ingénieur étranger ne doit être indispensable.
    2. Priorité aux techniques sèches — Toute technique nécessitant une consommation massive d’eau de la nappe albienne est proscrite. La nappe albienne est un bien national intouchable.
    3. Fonds souverain environnemental — Un pourcentage de chaque mètre cube produit alimente un fonds de réhabilitation environnementale, géré de manière indépendante et transparente.
    4. Partage de rente avec le Sud — Les wilayas du Sahara perçoivent directement une redevance sur la production extraite de leur sous-sol. Ain Salah, Tamanrasset, Tindouf ne seront plus de simples territoires d’extraction.
    5. Transformation sur place — Le gaz extrait alimente d’abord des industries locales : production d’électricité, d’engrais azotés, d’ammoniac, de méthanol. Ce qui reste est exporté, pas l’inverse.

    V. LA VISION — UNE TRANSITION, PAS UNE MALÉDICTION

    Le gaz de schiste ne doit pas être traité comme une nouvelle rente qui perpétue la dépendance aux hydrocarbures. Il doit être conçu comme un pont de trente ans vers l’économie décarbonée.
    La logique est la suivante :

    Les revenus du gaz de schiste → financent le parc solaire, l’hydrogène vert et la filière batteries → qui permettent à l’Algérie de sortir définitivement des hydrocarbures → avant que les réserves ne s’épuisent d’elles-mêmes.

    C’est la différence entre la Norvège — qui a créé un fonds souverain de 1 600 milliards de dollars avec ses hydrocarbures pour préparer l’après-pétrole — et les pays qui ont distrait leur rente et se retrouvent aujourd’hui démunis.
    L’Algérie a 20 000 milliards de m³ de gaz de schiste sous ses pieds. Elle a le soleil le plus généreux du monde au-dessus de sa tête. Elle a une jeunesse nombreuse et instruite. Ce qu’il lui faut, c’est une doctrine d’État, de la rigueur technologique et une vision à cinquante ans.

    Le sous-sol algérien a été patient pendant des millions d’années. Il peut encore attendre que l’Algérie se dote des conditions optimales — technologiques, contractuelles et environnementales — pour l’exploiter comme il le mérite : avec intelligence, souveraineté et respect de la terre.

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