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Guerre en Iran : Trump, le pape Léon XIV, deux Américains, deux visions du monde

Une contribution d’Ali Akika – Trump a inventé un «art» de la négociation, résumé en une phrase : «J’ai la force, tu obéis, tu as le choix entre l’enfer ou la capitulation.» Ce genre de phrase a été adressé à un vieux pays comme l’Iran. Même quand Trump dialogue à distance avec le pape Léon XIV, sa phrase est du même acabit et son «élégance» est celle de certains des César de la Rome antique.

Comme le hasard n’existe pas en histoire, il n’est pas exagéré de penser que le monde s’est «offert» deux Américains : Trump à la tête de l’Etat le plus puissant du monde, et le pape Léon XIV, chef du plus petit Etat du monde mais dont la puissance se mesure en termes de pouvoir spirituel réel conjugué au politique, certes symbolique mais qui compte. Pour Trump, c’est la paix par la force, c’est-à-dire la guerre ; le pape, lui, défend uniquement la guerre juste.

C’est pourquoi il s’appuie sur cette notion de son père spirituel, saint Augustin, pour condamner les massacres de Gaza et s’opposer à la guerre contre l’Iran. On a là deux visions du monde aux antipodes l’une de l’autre. L’un fait la guerre au nom d’une supposée «menace» nucléaire de l’Iran pour masquer le caractère impérialiste de cette guerre. Le pape, dont la mission est de parler de paix, ne peut que refuser une agression d’un pays par un autre, au nom de principes datant de la Rome antique que saint Augustin, évêque d’Hippone (actuelle Annaba), a portés haut dans son œuvre philosophique et théologique magistrale, notamment La Cité de Dieu.

Une guerre se gagne par la justesse de sa cause

Comment les escadrilles des faucons de la propagande osent-elles prétendre gagner une guerre avec leur verbiage en espérant faire taire l’opinion internationale et surtout neutraliser d’autres pays qui sont potentiellement sur la liste des gêneurs du gendarme du monde ?

Ledit gendarme et ses perroquets ont tenté de faire croire que la Russie et la Chine hésiteraient à venir en aide à l’Iran, un pays clé pour leur sécurité et leurs relations économiques. Penauds, mais sans le courage de reconnaître que leur vision du monde a du plomb dans l’aile, nos perroquets reconnaissent maintenant que ces deux pays aident l’Iran, mais pour aussitôt minimiser l’admirable résistance en sous-entendant que celle-ci est due aux Russes et aux Chinois et non aux Iraniens eux-mêmes.

Ce n’est pas étonnant, car leur comportement renseigne sur leur limite à appréhender les dynamiques de l’histoire quand on a été bercé par un monde aujourd’hui en déclin. Les massacres en Palestine, au Liban, un début de guerre en Iran commencé par la tuerie de jeunes filles dans leur école n’ébranlent pas leur éthique du journalisme censée rapporter des faits au plus près du réel sans le voiler de mensonges nourris de préjugés.

En écrivant ces lignes, je ne mets pas tous les journalistes dans le même sac, car j’ai évidemment en tête beaucoup de noms, prestigieux combattants de leur métier. Je pense à John Reed et Jack London (1), tous deux Américains, qui symbolisent la beauté du journalisme et sa capacité à décrire l’histoire en train de se dérouler.

Rappelons à nos perroquets que le président américain actuel, qu’on nous présente comme un showman (homme de spectacle), est en train de perdre deux guerres : celle de son agression militaire et celle de l’info-intox du bavardage-spectacle. Les mêmes petits soldats de la guerre de l’info ne prennent pas la peine de prendre du recul devant l’énormité de la parole de Trump.

Ainsi : «Nous avons gagné en Iran et ce n’est plus le même régime, on n’a pas avec qui négocier, ils sont divisés.» Aussitôt dit, on assista à la course à l’échalote parmi la faune des «experts» pour dénicher le nouvel homme fort du soi-disant nouveau régime iranien, ouvrant la voie à la fin de la guerre, et patati et patata.

Sauf que tout ça est une construction de la propagande du même tonneau que «l’aide» promise par Trump à un «peuple» fantasmé pour un soulèvement populaire non moins fantasmé par des services de renseignement étrangers, plutôt spécialistes de coups d’Etat comme en 1953 contre Mossadegh, qui eut la «mauvaise idée» de nationaliser le pétrole de son pays.

Tous ces calculs et fantasmes confirment que nos petits soldats de l’intox ne comprennent pas grand-chose à ce pays. Rappelons aux mal informés que, depuis 1979, l’Iran a connu neuf présidents élus, depuis Bani Sadr (1980) jusqu’à aujourd’hui avec Massoud Pezeshkian (2). Tous ces présidents reflètent un rapport de force interne à la société, mais au sujet des menaces extérieures, c’est le patriotisme qui leur sert de muraille de protection. Les millions de manifestants dans les rues du pays étaient une réponse à la menace de Trump de bombarder les infrastructures vitales du pays. Comme j’ai réalisé un film sur l’Iran, ces manifestations ne m’en ont point étonné, car j’avais remarqué l’attachement des Iraniens à leur pays et leur fierté d’appartenir à une grande civilisation.

La guerre de l’info fait partie de l’arsenal des guerres, hier comme aujourd’hui. Et nos «experts» succombent à leur péché mignon aussi bien dans la guerre du feu et de l’acier sur le champ de bataille que dans celle des studios des médias. Il est temps pour les propagandistes qu’ils sachent que la guerre asymétrique n’est plus ce qu’ils croient. Celle-ci était une assurance pour l’Occident qui leur «garantissait» une fin «heureuse» de la guerre grâce à la supériorité de leurs armes et à la domination du récit propagandiste de la société du spectacle. Ce temps est révolu.

L’Iran est en train de démontrer que la possession d’armes sophistiquées, dans une stratégie de défense, suffit à stopper un agresseur croulant sous ses armes multiples et diverses. La guerre moderne menée par un pays envahi et disposant d’armes modernes est en train de renverser la notion d’asymétrie. C’est le pays agresseur, l’attaquant, qui souffre de cette asymétrie. La raison : l’agresseur ne peut se soustraire aux contraintes de la guerre injuste qu’il mène. L’ère de l’idéologie de la paix par la force mécanique est mise en échec, car dans la guerre défensive, on est chez soi et on a toutes les raisons de calmer l’instinct de conquête.

Avec la guerre moderne, le monde découvre la notion de guerre juste, qui va tenir en respect de plus en plus les guerres d’agression et leurs cortèges de crimes.

Avec Trump, la guerre de l’info bat son plein

On a déjà vu des chefs d’Etat participer à la guerre de l’info dans l’exercice de leurs fonctions. Mais avec Trump, on a l’impression qu’il a fait de la désinformation son arme favorite. Mais il a beau être un bon acteur de spectacle, il lui arrive de tomber dans des pièges.

Ainsi, la guerre contre l’Iran, commencée le 28 février 2026, a été préparée à la Maison-Blanche quelques semaines auparavant. Lors d’une réunion, Netanyahou a tendu un piège à Trump. Ce dernier, sachant que la guerre contre l’Iran de juin 2025 n’avait pas été une «victoire» qu’il avait prétendu avoir emportée, est revenu à la charge auprès de son allié américain Trump pour «finir» le travail et en finir avec l’Iran.

Il faut savoir que Netanyahou, comme Trump, s’est vanté d’avoir les Américains dans la poche, capable de leur vendre des vessies pour des lanternes. Si l’on ajoute que ces deux alliés ont des liens politiques solides et des objectifs stratégiques communs au Moyen-Orient, il a été facile de convaincre Trump.

Netanyahou, au cours de la réunion dont les secrets discutés vont s’étaler dans la presse une fois la guerre commencée et la victoire non garantie, avait assuré son ami que le Mossad avait un plan de décapitation de l’Etat iranien et de son guide suprême, Ali Khamenei. Trump, en donnant son accord, a dû penser que ça valait le coup de tenter pareille aventure. Netanyahou résoudrait l’angoisse d’Israël en se débarrassant du nucléaire iranien. Quant à Trump, dans son soliloque, il pensait au pétrole iranien qui allait s’ajouter à celui du Venezuela.

Netanyahou rentra chez lui avec comme cadeau la guerre qu’il allait mener avec Trump. Trump, avec sa fierté d’être à la tête d’un Etat champion dans tous les domaines, allait voir sa cote de popularité augmenter et peut-être se débarrasser des casseroles comme celle de l’affaire Epstein.

Hélas, trois mois plus tard, une fuite à propos de la rencontre à la Maison-Blanche eut lieu. Le secret de la réunion à la Maison-Blanche faisait la une du New York Times et le monde fut informé que la guerre contre l’Iran risquait de se transformer en un caillou dans la chaussure de Trump, surtout en cas de défaite gisant dans les eaux du détroit d’Ormuz.

En guise de conclusion

La guerre contre l’Iran a commencé dans une atmosphère hystérique avec la certitude de la «victoire», une sorte de remake du film «Règlement de comptes à OK Corral» dans le golfe Persique. Mais très vite, Trump révéla son impatience et sa frustration de voir la guerre durer et surtout la «victoire» s’éloigner. Trump, qui se moquait de ses adversaires ou ennemis qu’il traitait de tigres en papier, se voit reprocher son impatience et son incapacité à mener une guerre longue.

Pour sa défense, le président américain, étalant ses «connaissances» de l’art de la guerre, emprunta à Mao Zedong des notions et concepts comme «tigre en papier», déjà cité, mais aussi «la guerre populaire prolongée» – Trump préféra la formule «guerre longue», sans doute sur les conseils de ses assistants lui expliquant que la guerre populaire prolongée implique le soutien du peuple et la patience stratégique.

On est donc loin de la vision du monde qui intègre la notion de guerre juste, qui rejette catégoriquement les guerres d’agression, car la paix véritable est l’œuvre d’un pays agressé qui s’appuie sur le peuple.

A l’évidence, la paix pour Trump est celle qui est imposée par l’agression, que l’on retrouve dans le concept de «la paix par la force», lequel renvoie à la préhistoire et aux lois de la jungle où ne survivaient que les carnassiers qui se partageaient leur butin de chasse.

A. A.

1)John Reed, écrivain et journaliste, auteur de Dix jours qui ébranlèrent le monde, sur la révolution d’Octobre russe de 1917. Jack London, écrivain et journaliste d’origine modeste, qui a écrit et défendu le monde d’où il vient.

2) J’ai réalisé un film «Paroles et pouvoir en Iran». Paroles au pluriel, car la société était traversée par une diversité d’opinions, mais au sommet de l’Etat, il y a le guide de la Révolution symbolisant l’unicité du pouvoir dans la mosaïque ethnique et religieuse du pays. Pour l’heure, aucun dirigeant n’a démissionné, mais un Charlot de l’info s’est précipité pour annoncer la démission du président du Parlement qui dirigeait les pourparlers d’Islamabad. Ce n’est pas le cas des Etats-Unis où les démissions sont nombreuses, qui ont «échappé» aux vigilants experts de fake news.

7 Commentaires

  1. Le résident clownesque de la Maison Blanche vit sa vie à l’envers alors qu’il en est à son crépuscule. Dommage que le ridicule ne le tue pas. Ça épargnerait un nombre considérable de vies beaucoup plus intéressantes que celle de ce frappadingue.

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  2. A mon sens (qui ne diffère pas beaucoup du votre) je dirais deux américain reflétant la carotte et le bâton.

    Toutefois je n’irai pas jusqu’à proclamé la victoire de l’Iran (comme le crois ou le proclament certains) car la guerre n’est pas encore terminer, même si l’Iran a effectivement démontrer une résilience remarquable grâce au patriotisme de son peuple.

    En effet, la Russie et la Chine ont certainement aidé les iraniens, ne serai ce que dans le ciblage de précision, à l’instar des occidentaux qui le font avec l’Ukraine. Mais il ne faut pas oublier aussi de préciser que l’entité terroriste sioniste n’est rien du tout face à l’Iran, sans l’appui logistique et militaire des usa, ainsi que de l’OTAN (entre autres).

    Si je ne craignait pas de booster l’ego démesurer de Trump, je lui aurai laissé un message de remerciement sur sa plateforme préférer. Parce que c’est grâce à sa stupidité que satanyahoo a réussie à l’embarquer dans cette -connerie épique- en usant de la carte chantage Epstein, et de son soutient indéfectible à sa croisade dans/pour le Groenland et le reste.

    Comme l’a si bien dit Pablo Picasso, l’art est un mensonge qui nous fait saisir la vérité.

    Dans le film Eyes white shot (les yeux grand fermé) Stanley Kubrick qui est mort peu après, a osé montré les coulisses que beaucoup craignent de murmurer. Tout comme George Orwell dans son célèbre roman 1984, qui avait ses entrés dans les clubs très select. Les deux nous ont peint une réalité sous forme de fiction, jusqu’à ce que le temps a fini par levé le voile sur une réalité réelle et plus horrible, dont on a pas encore fait le tour, et qui s’appelle désormais l’ile d’Epstein.

    Appréhendé l’histoire et les faits à partir d’une perspective dogmatique religieuse, idéologique, ou autre contribue grandement à nous empêcher de voir l’ensemble du tableau, tout en tendant une perche à ceux dont on veut exposé les méfaits.

    Donc, outre les aspects politique économique et géostratégique (souvent mis au devant), il existe bel et bien d’autres aspects aussi réel que les préciter pour comprendre l’histoire et les faits qui l’on fait, et qui la font.

    À titre d’exemple, si vous regarder bien la nouvelle -Salle de Baal- que Trump s’acharne a construire elle a pratiquement la même architecture du temple que l’entité terroriste sioniste compte bâtir sur les ruines du dôme du rocher en Palestine occupé.

    Que peut bien signifier cette obsession maladive pour le symbolisme chez des gens sensé être pragmatique et foncièrement avide de pouvoir mais surtout de profit financier en apparence?

    Je dis ca je dis rien

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    • Le président étatsunien est peut-être tout simplement un initié. Quelqu’un de versé dans les pratiques occultes. Un adepte du satanisme qui instrumentalise la religion chrétienne. Ça expliquerait beaucoup de choses. Son blasphème envers la figure du Christ le fils de Marie (Paix Et Salut d’Allah soient sur eux) et ses attaques contre le Pape Léon XIV ne sont pas anodines. Il fait tout le contraire de ce qu’il avait annoncé en tant que candidat à ses fervents partisans. Or on sait tous que le diable se cache dans les détails et que l’inversion des valeurs est sa marque de fabrique.

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  3. Mr Donald Trump a plein de dettes (40 000 milliards de dollars de dettes).

    Les intérêts sont de 1000 milliards de dollars chaque année.

    Comment rembourser de telles sommes, seule solution création de conflit au Moyen Orient pour y capter le cash.

    Actuellement, le baril de pétrole est à 125 dollars (une aubaine) donc pour se rembourser de sa guerre, il va faire trainer le blocus jusqu’à fin juin 2026.

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  4. TAXE et TAXE pour payer des dettes très très lourdes !

    Etats-Unis : Trump se dit « ravi » d’appliquer « la semaine prochaine » une surtaxe de 25 % aux voitures importées depuis l’UE.

    L’Europe va couler sous l’effet de la dette de tous ces états européens

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