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Clarté diplomatique et dossier du Sahara Occidental : leçons des envoyés américains

Une contribution de Mohamed Elbaikam(*) – Depuis plus de trois décennies, les Nations unies gèrent le différend du Sahara Occidental sans parvenir à un règlement politique définitif. Depuis le cessez-le-feu de 1991 et la création de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara Occidental (Minurso), en vertu de la résolution 690 (1991) du Conseil de sécurité, le cadre onusien est officiellement centré sur le principe de l’autodétermination. Toutefois, sa mise en œuvre est restée bloquée en raison de désaccords persistants sur le calendrier, les modalités et la portée d’une solution politique.

Deux périodes de ce processus diplomatique prolongé méritent une attention particulière : les mandats de James Baker (1997–2004) et de Christopher Ross (2009–2017) en tant qu’envoyés personnels du secrétaire général de l’ONU. Leurs expériences mettent en lumière les contraintes structurelles qui continuent de définir ce dossier.

James Baker : une séquence politique structurée

Les efforts de Baker ont abouti en 2003 au «Plan de paix pour l’autodétermination du peuple du Sahara Occidental » (document ONU S/2003/565). Ce plan proposait un régime d’autonomie transitoire suivi d’un référendum incluant plusieurs options, dont l’indépendance. La résolution 1495 (2003) du Conseil de sécurité a exprimé son soutien au plan en tant que «solution politique optimale».

Bien que le plan n’ait finalement pas obtenu l’adhésion complète de toutes les parties, il représentait l’une des tentatives les plus détaillées pour concrétiser le principe d’autodétermination dans un cadre politique structuré.

Des années après son mandat, Baker a publiquement réfléchi aux évolutions de la politique américaine. Dans une tribune publiée dans le Washington Post en décembre 2020, il a qualifié la reconnaissance par les Etats-Unis de la souveraineté marocaine sur le Sahara Occidental comme suit : «|…] Un recul stupéfiant par rapport aux principes du droit international et de la diplomatie que les Etats-Unis ont défendus et respectés pendant de nombreuses années […]. Cette décision précipitée, déguisée en diplomatie, contribuera à l’impasse actuelle dans la résolution du conflit de longue date entre le Maroc et le peuple du Sahara Occidental.»

Cette analyse, émanant d’un ancien secrétaire d’Etat ayant lui-même tenté de négocier un règlement, souligne l’importance de la cohérence entre l’action diplomatique et les cadres juridiques établis.

Christopher Ross : engagement de terrain et inclusion politique

Le mandat de Christopher Ross s’est déroulé dans un contexte marqué par des bouleversements régionaux et une évolution des dynamiques sécuritaires en Afrique du Nord et au Sahel. Les rapports des Nations unies durant son mandat ont documenté de multiples visites sur le territoire ainsi que des consultations avec des acteurs au-delà des délégations officielles, notamment des représentants de la société civile et des défenseurs des droits humains.

L’auteur [du présent texte, ndlr] faisait partie des acteurs de la société civile sahraouie ayant rencontré Ross lors de l’une de ses visites, ce qui illustre la volonté de l’envoyé d’engager un dialogue direct avec les voix locales. Cet engagement sur le terrain distinguait son approche d’une diplomatie de navette strictement centrée sur les capitales et visait à ancrer les négociations dans les réalités politiques et sociales du territoire.

Dans une analyse ultérieure publiée par Dialogue Initiatives, Ross a qualifié certaines évolutions au Conseil de sécurité comme «un pas en arrière malgré les affirmations de ses partisans». «Trop souvent, les analystes affirment qu’il appartient uniquement à l’Algérie et au Maroc de trouver une solution au-dessus de la tête du peuple du Sahara Occidental. Cela ne doit pas et ne peut pas se produire.»

Son insistance sur le rôle central du peuple sahraoui dans tout règlement négocié rejoint le langage répété des résolutions du Conseil de sécurité liant le règlement à l’autodétermination.

Paramètres juridiques internationaux et européens

Dans son avis consultatif de 1975, la Cour internationale de Justice a conclu que les liens historiques entre le Maroc et le territoire ne constituaient pas une souveraineté et ne remettaient pas en cause l’application du principe d’autodétermination.

Ces dernières années, la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) a rendu une série d’arrêts concernant les accords d’association, de pêche et de commerce entre l’UE et le Maroc. La Cour a affirmé que le Sahara Occidental constitue un «territoire distinct et séparé» du Maroc et que ces accords ne peuvent s’y appliquer sans le consentement de son peuple. Ces décisions, issues de recours liés à la représentation des intérêts sahraouis devant les juridictions européennes, ont ajouté une dimension judiciaire importante au profil international du conflit.

Au sein du système des Nations unies, le Sahara Occidental demeure inscrit sur la liste des territoires non autonomes.

Contexte sécuritaire et stabilité régionale

Les rapports publics des Nations unies et du département d’Etat américain ne désignent pas le Front Polisario comme une organisation terroriste, et les rapports annuels sur le terrorisme par pays n’identifient pas les structures politiques sahraouies comme une source de terrorisme transnational ou de réseaux criminels organisés. La documentation onusienne s’est principalement concentrée sur le suivi du cessez-le-feu, les conditions humanitaires et les négociations politiques plutôt que sur la lutte antiterroriste.

Contrairement à certains mouvements de libération devenus partie prenante de rivalités par procuration ou d’alignements idéologiques, le Front Polisario a continué à inscrire son action diplomatique dans la mise en œuvre de l’autodétermination dans le cadre des Nations unies. Les dirigeants sahraouis ont maintenu une ouverture au dialogue avec divers acteurs internationaux, y compris les Etats-Unis, sans redéfinir le conflit à travers des blocs géopolitiques externes.

Dans une région de plus en plus marquée par les pressions migratoires, les partenariats antiterroristes et la compétition entre grandes puissances, l’absence d’implication documentée à grande échelle d’acteurs politiques sahraouis dans des activités transnationales déstabilisatrices demeure un facteur contextuel pertinent pour les décideurs.

Leçons diplomatiques pour les Etats-Unis

Le bilan de Baker et Ross suggère que le Sahara Occidental n’est pas juridiquement indéfini ; il reste plutôt politiquement non résolu. Le renouvellement des mandats et la gestion de la stabilité peuvent prévenir une escalade, mais un règlement durable nécessite un alignement entre principes juridiques, séquençage diplomatique et faisabilité politique.

Pour les Etats-Unis, le dossier du Sahara Occidental continue de représenter un test d’équilibre entre partenariats stratégiques, stabilité régionale et engagements de longue date en faveur de l’autodétermination dans le cadre des Nations unies. L’expérience des anciens envoyés américains indique que les progrès dépendent moins d’un repositionnement rhétorique que d’une cohérence durable entre le droit, la diplomatie et un engagement politique structuré.

M. E.

Défenseur des droits humains et militant sahraoui indépendant

13 Commentaires

  1. Les états-unis sous l’ère de donald trump ont opéré un changement radical en terme de politique étrangère. On peut même dire qu’ils n’en ont plus vraiment. On ne comprend pas grand chose et ce qu’on arrive à comprendre est vraiment inquiétant. Ils n’ont que faire du droit international. Ils multiplient les crises et les conflits. Ils ont décidé de bouleverser l’ordre établi. Les états-unis sous l’ère de donald trump, c’est une vision fasciste du monde. L’axe washington – tel aviv. Et leurs toutous serviles.

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  2. On ne peut pas dire que la clarté diplomatique soit au rendez-vous depuis que donald trump est aux manettes. Le dossier du Sahara Occidental se trouve à l’ONU. Il s’agit d’un territoire non autonome. On ne peut pas résoudre un conflit sans consulter les premiers concernés : les populations sahraouis. Ils ne demandent qu’à s’exprimer. On ne peut pas leur retirer ce droit. Eux seuls doivent décider de leur avenir et de celui de leur territoire à travers la mise en place d’un référendum d’autodétermination sous l’égide des Nations unies. Le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Le respect du droit international ne doit pas être ignorer.

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  3. Vous savez le mieux à faire ?

    C’est de vendre des parcelles de terrain à ceux qui veulent construire au Sahara Occidental, ainsi, les Sahraouis pourraient construire leurs maisons.

    On commence par une nouvelle ville et on place les Sahraouis dans des appartements, maisons et l’affaire en sera finie. Puis, une grande Mairie, Préfecture et ainsi de suite avec une zone commerciale.

    De cette façon, chacun prendra ses responsabilités à l’ONU, ils seront devant le fait accompli mais il faut que les Sahraouis prennent es devants au lieu d’attendre.

    S’agissant du MAROC, il n’a aucun plan d’autonomie puisqu’en réalité, c’est un BARON DE LA DROGUE qui exporte son poison en toute impunité en Espagne, Belgique, Pays-Bas, SUD Algérien, France avec des ballots, des valises marocaines, barrettes de drogue par terre, mer en bateaux rapides où il faut sans arrêt surveiller ce Maroc comme le lait sur le feu.

    A défaut, le MAROC serait prêt à droguer toute la population d’un pays pour s’enrichir et ricaner de voir autant de drogués (handicapés).

    * Un drogué c’est un handicapé qui fera des méfaits toute sa vie pour avoir de la drogue, il ira voler, casser, brûler, il ne travaillera jamais, ce sera un glandouilleur improductif à la société civile, qui fera des allers et retour en prison (garde à vue, police, avocats, magistrats du Tribunal), il faudra sans arrêt le soigner (désintoxication), l’entretenir, lui versé des aides pour qu’il subvienne à ses besoins de la vie courante et deviendra une loque finie avec un cerveau qui deviendra à 35 ans comme celui d’un gamin de 12 ans.

    Voilà, le plan machiavélique du MAROC avec sa drogue (poison).

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  4. Vous savez le mieux à faire ?

    C’est de vendre des parcelles de terrain à ceux qui veulent construire au Sahara Occidental, ainsi, les Sahraouis pourraient construire leurs maisons.

    On commence par une nouvelle ville et on place les Sahraouis dans des appartements, maisons et l’affaire en sera finie. Puis, une grande Mairie, Préfecture et ainsi de suite avec une zone commerciale.

    De cette façon, chacun prendra ses responsabilités à l’ONU, ils seront devant le fait accompli mais il faut que les Sahraouis prennent les devants au lieu d’attendre.

    S’agissant du MAROC, il n’a aucun plan d’autonomie puisqu’en réalité, c’est un BARON DE LA DROGUE qui exporte son poison en toute impunité en Espagne, Belgique, Pays-Bas, SUD Algérien, France avec des ballots, des valises marocaines, barrettes de drogue par terre, mer en bateaux rapides où il faut sans arrêt surveiller ce Maroc comme le lait sur le feu.

    A défaut, le MAROC serait prêt à droguer toute la population d’un pays pour s’enrichir et ricaner de voir autant de drogués (handicapés).

    * Un drogué c’est un handicapé qui fera des méfaits toute sa vie pour avoir de la drogue, il ira voler, casser, brûler, il ne travaillera jamais, ce sera un glandouilleur improductif à la société civile, qui fera des allers et retour en prison (garde à vue, police, avocats, magistrats du Tribunal), il faudra sans arrêt le soigner (désintoxication), l’entretenir, lui versé des aides pour qu’il subvienne à ses besoins de la vie courante et deviendra une loque finie avec un cerveau qui deviendra à 35 ans comme celui d’un gamin de 12 ans.

    Voilà, le plan machiavélique du MAROC avec sa drogue (poison).

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  5. Je vais attendre quelques jours avant de me prononcer car Washington presse de toute part pour un arrangement qui bénéficieraient à Washington et à Rabat seulement.
    La balle est dans le camp d’Alger qui doit mesurer toute les conséquences d’un accord qui débouchera plus tard sur d’autre revendications territorial.
    Alger a de quoi tenir tête mais le fera t elle ?

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  6. En décembre 2020 John Bolton à déclaré « il serait pleinement justifié que le POLISARIO retourne sur le champ de bataille’.
    Voilà tout est dit.
    La victoire est au bout du fusil.
    FREE NAÂMA ASFARI
    FREE WESTERN SAHARA

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      • L’ALGERIE n’a qu’a prendre ces responsabilités elle n’a pas besoin d’avoir peur des USA ou de la France .
        Nous sommes prêt .

      • Les hommes sont en Occident
        Milan paris Barcelone..
        A faire des kermesses merguez et la sieste l aprem
        Les gosses et les vieillards sont sous les tentes au Sahara

  7. Bonjour
    Des documents de l’ONU de 2003 aux résolutions prisent , de BAKER a ROSS êtes vous NAIF?
    Le SAHARA EST UN ENJEU MAJEUR POUR L’OCCIDENT : porte d’entré sur l’Afrique grâce au Maroc , ressource minière inépuisable .
    Vous croyez qui vont lâcher .
    Depuis belle lurette l’ALGERIE n’a pas voulu agir c’est maintenant qu’elle agit alors allons plus loin et ayons des exigences fortes pour libérer le peuple Sahraoui .
    Couper les relations avec ce pays nuisible .

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  8. Trump et son équipe portent une attention grandissante au Maroc, un pays ami de la france et généreux envers les Juifs, qui sous la houlette du roi détiennent de magnifiques terrains constructibles, réhabilitant de vieilles demeures attrayantes, et surtout, ils se sont affirmés comme les principaux agriculteurs et exportateurs de … foin destiné au bétail français et européen.

    On constate de nombreux conflits persistants à l’échelle mondiale.Plusieurs pays hébergent des groupes séparatistes dont l’intensité de la violence peut grandement fluctuer. Alors que certains choisissent des stratégies politiques, d’autres se retrouvent impliqués dans des conflits armés. Ce niveau de violence diffère d’un pays à l’autre, que l’on parle de la Colombie, de la Thaïlande, de la Corse, de la Birmanie, de l’Éthiopie, de la Turquie, de la Nouvelle-Calédonie ou notamment du Maroc où ils ont subi des coups, des sanctions et ont été emprisonnés, voire assassinés… D’où vient cette nouvelle obsession de Trump pour le conflit du Sahara occidental, qui est resté en veille pendant plusieurs décennies? Ce Trump, un amateur également préoccupé par l’arrière-train des jeunes mineurs, n’aurait-il pas dû focaliser son attention sur les fesses du roi MimiSexe, observable dans chaque recoin de Paris? Ce serait déjà grandement plus astucieux, efficient et un progrès pour les Marocains indigents en détresse ainsi que pour les Rifiens fortement affectés, car la question du Sahara occidental dépasse largement les considérations de c*l.

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  9. Vous dites guerre de libération mené par le POLISARIO? Quelle guerre? On n’entend nul part par le monde , les échos des combats, même pas dans les médias amis telle que l’Algérie. Les médias algériens sont forcés de montrer en boucle de vieux reportage de répression marocaine au Sahara, pour que le Polisario ne tombe pas dans l’oubli dans la mémoire du citoyen algérien. Cette guerre est déclarée en 2020 mais jamais menée, pourquoi? La guerre menée 1975, elle était bien une guerre qui a poussé le monde à prendre conscience de l’existence d’un peuple occupé par un autre , en l’occurrence le Maroc.
    Ou bien le Polisario arrête de parader à Tindouf , en attendant la solde payée par l’Algérie et passe à des harcèlements quotidien sur le terrain et pourquoi pas des guérillas individuelles sur le territoire marocain même ,pour faire prendre conscience que le Sahara n’est pas marocain ,à ce peuple biberonné depuis l’enfance à la marocanité du sahara, ou bien se soumettre et faire allégeance au roi ,et l’ Algérie passera à autre chose car le problème saharaoui en plus du coût financier qu ‘il représente , il y a un autre problème encore plus crucial : les relations détestables avec les états amis du Maroc du faites de leur reconnaissance de la marocanité de sahara.
    Fraternité DZ

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