Une contribution d’Ali Akika – Le futur échec politique annoncé des Américains en Iran a son origine dans la faute politique d’avoir voulu suivre l’aveuglement d’Israël dans la croyance messianique de son projet biblique et dans le culte barbare de la force. L’aide apportée à Israël par les Etats-Unis découle des affinités entretenues par les sionistes américains qui se conjuguent aux intérêts politiques et géostratégiques de l’Oncle Sam au Moyen-Orient. On le savait, mais avec la guerre en Iran, il est évident qu’Israël et les Etats-Unis, après le 7 octobre 2023, avaient accéléré le projet de mettre le feu au Moyen-Orient. Israël, dans le but de régler son obsédante question du «nucléaire» iranien et de se rapprocher du «rêve du Grand Israël». Israël, sous Netanyahou, après avoir semé la mort et la ruine à Gaza, alimenté par sa gloutonne et hystérique aventure de conquête et de rapine, se lança à l’assaut des verrous libanais et syrien. Avec l’évolution de la situation actuelle dans tout le Moyen-Orient, cet élargissement de territoire risque de se transformer pour eux en cimetière des «rêves» ; nous verrons plus loin que la résistance libanaise est en train de renouer avec son exploit de 2006, un douloureux souvenir pour Israël qui a fait dire au chef d’état-major que l’armée d’Israël est sur le point de s’effondrer.
Quant aux Etats-Unis qui avaient planifié leur «victoire» en Iran, ils sont pris dans leur propre piège et dans leur habituelle arrogance qui leur fait sous-estimer l’ennemi. Nous verrons dans ce texte que la guerre n’est pas seulement une affaire de quantité d’armes, mais surtout une confrontation de forces politiques reposant sur une conscience historique d’un pays, facteur qui participe aux capacités de résistance d’un peuple et ce, sous la direction d’une intelligence stratégique du pouvoir politique.
Le champ de bataille et ses surprises
Israël et les Etats-Unis, imbus de leur image, se voyaient en vainqueurs, mais rapidement ils se sont rendu compte que cultiver des illusions ne se transforme pas en résultats concrets. Après 40 jours de guerre, les réalités du conflit surgissant sur leur chemin les ont forcés à décréter unilatéralement un cessez-le-feu. Pour atténuer l’aveu de leurs désillusions, ils firent courir la rumeur selon laquelle l’Iran s’était préparé pendant 20, 30, 40 ans. Non, messieurs, ce ne sont pas vos calculs d’épicier qu’il faut interroger, mais l’histoire d’un peuple qui s’est armé de courage, d’intelligence historique et de sagesse stratégique. L’Occident découvrit trop tard les moyens de contrer les effets des atouts des Iraniens qui ont réussi la construction d’une profondeur stratégique dans le sous-sol de leur immense territoire pour servir d’abri aux industries et aux centres de commandement.
Les autres surprises se situent hors du champ de l’armement et de la stratégie. Le monde, ahuri, découvre que la plus grande armée de la plus grande puissance industrielle est à court de bombes et de missiles nécessitant des mois pour reconstituer les stocks. Et qui plus est, la logistique conjuguée au coût de l’armement a rendu l’Oncle Sam incapable de rivaliser économiquement avec une arme peu coûteuse et impossible à arrêter : les drones. Il y a une explication à ce déséquilibre, avion contre drone, dont le secret se niche dans la sobriété de l’économie et dans l’art de la guerre qui donnent la priorité à l’homme plutôt qu’à l’amoncellement d’armements transformés en ferraille dans les bases américaines installées dans les pays féodaux du Golfe.
Et dernière surprise, qui n’en est pas une en vérité : l’aviation américano-israélienne, «maîtresse» du ciel, n’a pas beaucoup servi pour ouvrir la voie à la bonne et vieille guerre terrestre qui laboure les champs de bataille et où les agresseurs connaissent en général le sort que leur réservent les défenseurs de la terre natale. L’histoire est témoin de cette vérité depuis l’immensité neigeuse de Stalingrad jusqu’aux montagnes d’Algérie, en passant par les rizières du Vietnam. Après le ciel et la terre, voilà la mer avec son détroit d’Ormuz qui ferme l’entrée à l’ennemi en l’épuisant, tout en protégeant l’Iran, sans doute nourri de la sagesse de l’oiseau mythique de « La Conférence des oiseaux », chef-d’œuvre de la littérature persane…
Toutes les surprises énoncées ci-dessus vont modifier, à l’issue de la guerre, la carte géopolitique de la région, qui se soldera par la mise à nu de ces protégés qui ont misé sur les nouveaux cavaliers de l’Apocalypse. Ainsi, les conquêtes de territoires par Israël destinées à constituer des profondeurs géostratégiques de cet État risquent fort d’être un piège dont les contours ont été dessinés à Gaza et qui prennent de l’ampleur au Sud-Liban où la résistance est en train de rééditer l’exploit de 2006. Quant à la Syrie, outre le peuple syrien qui n’a pas dit son dernier mot, Israël, rêvant à son fantasme du Grand Israël, va se fracasser contre la Turquie dont les rêves d’empire reposent sur une histoire et qui a l’avantage de ne pas être étrangère à la région. Cependant, au regard des nouveaux rapports de force engendrés par les succès de l’Iran, la Turquie oubliera ses rêves d’empire pour se contenter d’une influence politique et de parts de marché économique pour sa jeune industrie.
L’Iran montre l’exemple pour solder le bilan des pirates des temps modernes
Il y a un secret à l’origine de la résistance, qui est déjà en soi une aventure héroïque de l’Iran sous embargo depuis 47 ans. Cela surprend ceux qui ignorent tout de ce pays, et leur handicap est aggravé par leurs préjugés qui alimentent leur arrogance. La résistance de ce pays est due à son rapport au temps, d’où découle sa conscience historique qui s’est enrichie de sa grande histoire, des guerres opposant deux géants de l’Antiquité, la Grèce et la Perse, sans oublier le mythe fondateur de sa culture, «Le Livre des Rois», monument de la littérature.
En revanche, la notion du temps chez leurs ennemis, notamment les Américains, est tout le contraire : elle repose sur deux béquilles, l’argent et le culte de la force. En dépit de la débauche d’argent dépensé et de la puissance supposée illimitée, ces deux atouts n’ont pas mis Trump à l’abri d’un piège dans une guerre qu’il a osé définir comme une petite excursion. Avec toutes ses postures et déclarations fracassantes et changeantes, le président américain est en train de s’apercevoir que l’Iran ne rentre pas dans son logiciel, le fameux pragmatisme américain. Car il a face à lui un pays habité par un peuple qui sait que nul autre que lui n’est l’acteur de sa propre libération, certainement pas les boursicoteurs dont les yeux ne quittent jamais les tableaux de la Bourse de New York qui joue au yo-yo rythmé par le «time is money» (le temps, c’est de l’argent).
L’Iran a fait du temps un allié pour se frayer un chemin pareil à un fleuve qui libère son lit des encombrements afin de faciliter l’écoulement de ses eaux. Le peuple iranien semble avoir fait siennes les paroles de deux grandes intelligences, Spinoza et Einstein. Le premier écrivait : «L’homme maîtrise l’espace, mais il est impuissant devant le temps», et du second on prête cette phrase : «Le temps est la seule prison de laquelle on ne peut s’échapper.» Et les familiers de l’art de la guerre de Sun Tzu ne peuvent que faire confiance à la boussole du temps pour conduire la guerre.
A l’évidence, la Bourse de Wall Street n’est pas d’un grand secours pour Trump, car elle le pousse plutôt à cesser une guerre qu’il ne peut gagner. En dépit de ses fanfaronnades sur son armée, « la meilleure » du monde, il a bien été obligé de faire rebrousser chemin à ses navires de guerre deux jours après avoir instauré le blocus du détroit d’Ormuz qu’il voulait forcer. Son ami Netanyahou, inquiet de se retrouver seul sur le champ de bataille, crie à qui veut l’entendre qu’il mobilise toute son aviation et que la guerre n’est pas finie. Une bravade à deux sous que seule la cohorte des médias étrangers relaie pour ne pas désespérer Passy et Neuilly-sur-Seine.
Ainsi, les atouts de l’Iran, hérités de l’histoire, à savoir un empire qui a fait face à des invasions, une conscience historique construite sur les fondations d’une grande civilisation et le raffinement d’une grande culture, lui ont fait tourner le dos à cette prétention de sortir de la prison du temps, selon la métaphore d’Einstein. Pour toutes ces raisons, l’Iran est en passe de servir d’exemple à des Etats qui veulent et peuvent s’affranchir de la domination directe ou indirecte de l’indélicat gendarme du monde pour qui la politique du gros bâton a le noyau dur chaque jour rongé par les mites.
Et ce qui est remarquable avec l’exemple de l’Iran, déjà expérimenté et confirmé par la Chine, c’est que les pays peuvent sortir des fléaux et autres accidents de l’histoire en passant une sorte de pacte où les connaissances scientifiques d’aujourd’hui, sous les lumières d’un passé revisité et intelligemment interprété, obligeront les pirates des temps modernes à se soumettre aux nouvelles réalités qui surgissent et mettront au rebut les stupides règles politiques du deux poids, deux mesures.
Conclusion : la guerre d’agression contre l’Iran est en train de rendre caduques les certitudes d’un monde scruté par le philosophe italien Gramsci. La guerre en Iran est en train de lever le voile sur les secrets de l’histoire engluée ici et là sous la chape de médiocres idéologies. L’Iran renvoie l’image d’un rendez-vous entre la géographie et l’histoire, farouches protectrices qui empêchent l’envahisseur venu de la mer de rejouer, comme jadis, les aventures cyniques de la politique de la canonnière…
Bref, l’Iran, qui a affronté dans son histoire la Rome antique et la Grèce, patrie d’Alexandre le Grand, participe, et de quelle manière, à la remise au centre de l’histoire des peuples souverains, acteurs de leur destin. Notre époque est en train de se débarrasser, ici et là, de son Néron qui, pour se prouver qu’il est encore l’incarnation du pouvoir et de la grandeur, mit le feu à la capitale de son empire. Pour l’heure, la grandeur est du côté des résistances en Palestine et au Liban. Et ce sont le déclin et le clair-obscur de Gramsci qui constituent l’horizon du vieux monde.
A. A.



Bravo à l’Iran 🇮🇷 pays Perse millénaires descendants du grand Roi Perse Xerxès et Darius condoléances au familles iraniennes 🙏🙏
@Rouachi
Excellent commentaire.
Donald Trump a oublié que les perses étaient instruits.
La plupart des dirigeants iraniens maitrisent 3 à 04 langues étrangères (écrit et parlé), ils ont des Doctorats à foisson en mathématiques, en sciences, en chimie.
L’Amérique est forte en l’air car c’est très facile de balancer des bombes en hauteur mais ne vient jamais au sol car elle sait à l’avance que son armée prendrait une dérouillée monumentale.
Donald Trump pensait en finir en 03 à 06 semaines comme avec le Vénézuela sur les conseils de BIBI qui faisait des allers en retour à la Maison blanche.
Ne trouvant pas de solution, l’Amérique dépouille les bédouins de la bédouinerie, exemple, les Émirats arabes unis du Cheik Al Nayane l’un des plus proches alliés de Washington au Moyen-Orient, ont exprimé à plusieurs reprises leur intérêt pour l’achat des avions furtifs F-35.
Début novembre, le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, a officiellement annoncé la vente aux Emirats arabes unis d’armement de dernière génération pour un montant total de 23 milliards de dollars (19,4 milliards d’euros), dont 50 chasseurs furtifs F-35.
L’Arabie saoudite va commander des équipements militaires américains pour 142 milliards de dollars.
L’Arabie saoudite va acheter près de 300 chars américains dans le cadre d’un accord de défense, renforçant son engagement d’investissement à hauteur de 1 billion de dollars.
Des chasseurs F-35 à plusieurs milliards de dollars moins bien que ceux d’Israël : l’étonnant contrat entre Trump et l’Arabie saoudite. À l’occasion de la visite du prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane à la Maison Blanche, Donald Trump a approuvé une « vente d’armement majeur », qui inclut des avions de chasse F-35. Mais ces derniers seront moins sophistiqués que prévu.
Mis bout à bout cela fait des sommes considérables et maintenant vous voyez de vos propres yeux que tous les voyages facturés aux musulmans allant à la Mecque financent le matériel de guerre américain qui ensuite tuent des innocents en Syrie, Liban, Iran, Irak, Libye, Palestine.
L’Amérique récupère le cash sur les tirelires financières des bédouins et renforce Israël donnant ce que vous voyez tous les jours à la télévision.
Si vous voulez que la Palestine se libère du joug d’Israël et prenne son indépendance, il faut que tous les musulmans arrêtent les voyages à la Mecque afin de couper la finance à ces bédouins maléfiques.
A défaut, vous verrez toujours ces massacres à la télévision et un jour, ces mêmes bédouins pourraient même décider à attaquer votre propre pays.
Je vous le dis, avec votre argent, vous avez un pouvoir considérable, ne donnez plus votre argent à ces bédouins de la bédouinerie, ils ne valent rien.
Gardez vos 10 000 €, mettez les dans vos pays respectifs, il y a de meilleurs causes.
10 000 € multiplié par 1 million de musulman = 10 000 000 000 € (ce pouvoir de l’argent est énorme, ainsi, vous enlèverez tout cet argent à ces bédouins maléfiques), vous laissant le loisir de financer une belle cause dans votre pays.
A l’inverse, aucun bédouin, ne financera quelque chose, chez vous.
Les états-unis de donald trump qui jouent la montre non pas pour gagner mais pour se dégager du bourbier dans lequel ils se sont laissés entraîner. La première puissance mondiale qui jouent les larbins du régime criminel de tel aviv. Le leadership d’un loser qui a fait du suivisme sa stratégie. L’art de faire la guerre en idiot utile.
L entité se veut elle seule comme puissance dominatrice et nucléaire au moyen Orient pour le projet Grand Israël…
Ce pourquoi les Sions tentent le tout pour le tout de prohiber toutes nuclearisations de nations subalternes ,
Or , les Plans sont à Allah
Merci Mister ALI pour cette analyse, comme toujours très heureux de lire tes articles.
Merci compatriote pour vos mots encourageant qui donnent envie de continuer à participer à la désintoxication de l’atmosphère due à la machine des mensonges des sectes fermées aux leçons de l’histoire. Bon courage!
Sauver le système frauduleux du pétro-dollar est vital pour les usa et israel , et tous les pays qui cesseront de commercer en dollar subiront la même foudre que Saddam Hussein , Kadhafi , Maduro , Cuba , la Corée du nord et L’Iran, l’Iran à bien résisté mais il faut bien se mettre à l’évidence que la puissance de feu occidentale qui est entrain de se mettre en place en mer d’Oman et dans les monarchies arabes du golfe va détruire une grande partie de l’Iran et des monarchies arabes traitres , Si l’Iran tombe , cela voudrais dire que la Russie serait complétement encerclés militairement par des bases us en mer Caspienne et que la Chine pourrait perdre ses approvisionnements en pétrole Iranien et son influence au moyen orient , à présent la question est de savoir si la Chine et la Russie vont laisser leur allié stratégique Iranien se faire démembrer sans tirer une seule balle ?