L’ancien Premier ministre israélien Ehud Olmert a lancé, ce jeudi 4 juin, une sévère mise en garde contre le gouvernement de Benyamin Netanyahou, qu’il accuse de chercher à manipuler les prochaines élections législatives israéliennes. Dans un entretien accordé à la radio israélienne 103 FM, l’ex-chef du gouvernement a dénoncé une dérive antidémocratique orchestrée par «une bande de voyous» dirigée par l’actuel Premier ministre.
Les déclarations d’Olmert interviennent au lendemain de l’élection par la Knesset de l’avocat Mikhaël Rapilo, proche de la famille Netanyahou, au poste de contrôleur de l’Etat. Soutenu par la coalition gouvernementale, Rapilo s’est imposé de justesse face à l’ancien juge de la Cour suprême Yossef Elron, candidat soutenu par l’opposition. Cette élection a suscité de vives critiques, plusieurs responsables politiques évoquant des risques de conflits d’intérêts et des pressions exercées sur les parlementaires.
Selon Ehud Olmert, le scrutin de mercredi constitue un avant-goût de ce qui va se produire lors des prochaines élections législatives. «Ce qui s’est passé hier est un aperçu de ce qui arrivera lors des élections à la Knesset», a-t-il affirmé. Il accuse le gouvernement d’avoir recours à «des mécanismes de chantage et de menaces» en violation de la loi.
L’ancien Premier ministre est allé plus loin en affirmant que le camp au pouvoir tente de «falsifier» et de «voler» les élections à venir. «Ils essaieront de faire dans les bureaux de vote ce qu’ils ont fait hier au sein de la Knesset, sous les caméras de télévision et devant le monde entier», a-t-il déclaré. Selon lui, certains responsables gouvernementaux cherchent à décourager des électeurs de se rendre aux urnes afin d’influencer les résultats du scrutin.
Alors que le mandat actuel de la Knesset doit prendre fin en octobre prochain, un projet de loi visant à dissoudre le Parlement pourrait conduire à des élections anticipées dans les prochains mois.
Interrogé également sur la situation au Liban, Ehud Olmert s’est montré favorable à une solution diplomatique. Il estime qu’un accord pourrait ouvrir la voie à des négociations de paix entre Israël et le Liban. Critiquant la politique sécuritaire actuelle, il a jugé que les opérations terrestres israéliennes dans le sud du Liban «n’apportent aucune valeur stratégique» et a accusé le gouvernement Netanyahou de privilégier la poursuite du conflit plutôt que la recherche d’une issue politique.
A. S.


