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Quand l’officier de la DGSE Driencourt distribue les galons et les treillis à Algeriepatriotique

Par M. Aït Amara – Dans les annales déjà bien fournies de la diplomatie imaginative, Xavier Driencourt fait encore parler de lui. Ce prétendu diplomate, dont les activités relèvent davantage du renseignement que des usages feutrés des salons internationaux, a trouvé une méthode révolutionnaire pour tenter de discréditer Algeriepatriotique, sa bête noire qui l’irrite profondément, en distribuant des treillis, des grades et des fonctions militaires à ses journalistes.

L’idée, il faut le reconnaître, possède une certaine originalité. Incapable de répondre aux analyses, enquêtes et critiques que notre site lui adresse avec une régularité métronomique, notre faux diplomate a conclu que le meilleur moyen de s’en débarrasser consistait à transformer par décret imaginaire des reporters en colonels, des chroniqueurs en commandants et des rédacteurs en chefs d’état-major.

Le problème, c’est que l’opération produit exactement l’effet inverse de celui recherché.

En effet, Algeriepatriotique appartient à un pays dont l’histoire nationale s’est forgée dans une lutte armée acharnée contre la domination coloniale. Une indépendance conquise au prix de sacrifices considérables et qui demeure une source de fierté collective. Or, cette indépendance paraît être restée coincée en travers de la gorge de notre personnage, nostalgique assumé d’une époque où certains peuples étaient censés obéir sans discuter à la puissance coloniale à laquelle il s’identifie.

A l’entendre, toute voix qui refuse cette vision du monde devient immédiatement suspecte. Toute critique du colonialisme serait de la propagande. Toute défense de la souveraineté nationale constituerait une manœuvre militaire. Et tout journaliste qui ose rappeler quelques vérités historiques devrait nécessairement porter un uniforme caché sous sa veste.

Cette logique présente toutefois une faiblesse majeure : lorsque le sieur Driencourt attribue aux civils que nous sommes des qualités militaires pour nous discréditer, il finit par nous rendre hommage.

Car si nous autres journalistes ne sommes évidemment pas des militaires, nous décrire comme tels revient malgré lui à reconnaître notre discipline intellectuelle, notre attachement à notre pays et notre détermination à défendre nos valeurs nationales face aux tentatives de réécriture de l’histoire.

En voulant nous caricaturer en soldats, notre faux diplomate semble donc nous décerner involontairement une médaille symbolique. Il confirme, sans le vouloir, notre caractère viscéralement attaché à la terre de nos triomphants et héroïques martyrs qui l’agace tant.

Au fond, toute cette affaire ressemble à un étrange aveu. Si quelques articles suffisent à provoquer autant d’agitation chez Xavier Driencourt et ses sosies idéologiques, c’est qu’ils touchent juste. Et lorsqu’un nostalgique du colonialisme commence à voir des généraux derrière chaque journaliste et des Kalachnikov derrière chaque stylo, c’est souvent le signe que la bataille des idées lui échappe.

Quant aux treillis et aux galons imaginaires, ils resteront probablement ce qu’ils ont toujours été : des accessoires de théâtre dans une comédie où le principal personnage confond obstinément le journalisme avec une armée parce qu’il n’a toujours pas accepté que l’histoire ait tourné la page.

M. A.-A.

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