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Le Makhzen revendique Ceuta et Melilla : les Espagnols stupéfaits par le «culot» de Rabat

Par Kahina B.-H. – Soutenu par ses parrains israélien et américain, le régime de Rabat franchit un nouveau cap dans ses provocations visant l’Espagne voisine. En revendiquant officiellement la souveraineté sur les enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla, le Maroc provoque une véritable tempête médiatique et politique de l’autre côté de la Méditerranée.

Jusqu’ici, la diplomatie marocaine avançait ses pions avec prudence. Mais le vent a tourné. Adoubé par le soutien affiché de Trump et Netanyahou, le Maroc ne retient plus ses ambitions expansionnistes. C’est le ministre marocain de la Justice qui a allumé la mèche lors d’une interview accordée à la chaîne saoudienne Asharq News.

Le ministre de Mohammed VI a déclaré sans détour que le royaume alaouite aspirait à intégrer les deux villes autonomes espagnoles. «Nous continuons à revendiquer nos territoires. C’est une question qui est sur la table. Chaque fois que nous rencontrons les Espagnols, nous soulevons le problème», a-t-il affirmé, marquant ainsi un tournant historique, car contrairement à ce qu’avance le ministre pour normaliser sa déclaration, le Maroc n’avait jamais, jusqu’alors, émis ce souhait de manière aussi frontale par la voix d’un officiel de ce rang.

La déclaration du ministre de la Justice a eu l’effet d’une bombe dans le paysage médiatique et politique espagnol. L’information a immédiatement fait le tour de la toile, suscitant une vive indignation. En Espagne, les observateurs et l’opinion publique se montrent profondément stupéfaits par le «culot» et l’audace du régime de Rabat, qui n’hésite plus à bousculer un partenaire européen majeur.

Cette offensive verbale éclaire d’un jour nouveau les événements de la fin juillet. Selon la presse espagnole, l’arrivée massive et soudaine de plus de 72 000 migrants marocains à Ceuta et Melilla prend désormais tout son sens politique.

Parmi les thèses avancées par les analystes, celle d’une manœuvre orchestrée par Rabat se précise. L’objectif inavoué de royaume voyou du Maroc est de créer une crise humanitaire majeure pour démontrer que le statu quo territorial concernant Ceuta et Melilla est intenable. En effrayant l’Espagne et ses partenaires européens avec cette gigantesque marée humaine hors de contrôle, le Maroc semble vouloir pousser l’Europe à bout pour l’amener à négocier l’avenir des deux enclaves.

Les médias espagnols soulignent que cette offensive médiatique s’appuie sur un travail de fond mené par les lobbys marocains à l’international. L’objectif affiché est de reproduire le scénario du Sahara Occidental, celui d’obtenir un soutien décisif des Etats-Unis pour faire plier Madrid.

Grâce à un lobbying tous azimuts, qui grève les caisses d’un pays largement en faillite, le Maroc a réussi à convaincre des figures influentes de la mouvance pro-Trump (MAGA), comme l’analyste américain Michael Rubin. En mars, ce dernier a publiquement demandé à Donald Trump de reconnaître Ceuta et Melilla comme des «territoires marocains occupés», en s’appuyant sur l’argument qu’il s’agit des derniers vestiges coloniaux espagnols en Afrique, contraires aux principes de décolonisation de l’ONU.

Et pourtant, historiquement parlant, Ceuta et Melilla n’ont jamais été marocaines. L’Espagne y est présente depuis 1497 et 1580, tandis que l’Etat marocain moderne n’existe que depuis 1956. Pour les juristes espagnols, le constat est sans appel : «Il est absurde de revendiquer un territoire sur lequel on n’a jamais exercé la moindre souveraineté.»

En jouant sur la pression migratoire et en activant ses soutiens à Washington-Tel-Aviv, Rabat espère forcer la main de Madrid et de l’Europe. Seulement, la réalité implacable de l’histoire et du droit rappelle que Ceuta et Melilla restent des territoires espagnols de plein droit, face auxquels les manœuvres de Rabat se heurteront à une impasse.

K. B.-H.

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