Par Ali Farid Belkadi – « Honte à qui me trompe une fois ; honte à moi si l’on me trompe deux fois. » (Proverbe).
La fidélité mise à l’épreuve du pouvoir
L’histoire politique du Maghreb ne peut être ramenée à une succession mécanique de fidélités et de trahisons, car les États, les dynasties, les tribus, les confédérations et les mouvements de résistance ont toujours évolué dans des systèmes d’alliances complexes dont les configurations changeaient avec les rapports de force. Il existe néanmoins des moments où le terme de trahison cesse d’être une simple qualification morale pour devenir une catégorie historique nécessaire, parce que l’événement lui-même procède d’une confiance rompue, d’un engagement renié ou d’une solidarité sacrifiée au bénéfice d’un pouvoir qui estime sa conservation plus importante que la parole donnée.
Le destin de Jugurtha livré aux Romains par Bocchus constitue l’un des exemples antiques les plus saisissants de cette mécanique ; l’isolement progressif de l’émir Abdelkader après la défaite marocaine d’Isly en fournit, au XIXe siècle, une nouvelle manifestation dans un contexte colonial radicalement différent ; le détournement français, le 22 octobre 1956, de l’avion transportant cinq dirigeants de la Révolution algérienne montre ensuite comment une puissance coloniale pouvait violer directement la protection accordée par Mohammed V à ses hôtes ; enfin, les révélations d’anciens responsables israéliens sur les écoutes du sommet arabe de Casablanca de 1965, puis la normalisation officielle engagée sous Mohammed VI avec Israël en contrepartie d’une avancée américaine majeure sur le Sahara occidental, replacent cette interrogation au cœur de l’histoire contemporaine.
La thèse proposée ici ne repose sur aucune idée de fatalité nationale et n’a aucun besoin de recourir à une prétendue disposition héréditaire des populations ou des dynasties. Ce qui traverse les siècles n’est pas un caractère biologique, mais une question politique universelle : jusqu’où un souverain est-il disposé à maintenir une alliance lorsque celle-ci commence à menacer son propre pouvoir ? Les réponses diffèrent selon les hommes et les époques, mais certaines structures favorisent la répétition de choix analogues. Une monarchie ancienne apprend à survivre ; elle accumule une mémoire des défaites, des invasions, des rivalités intérieures et des retournements internationaux ; elle conserve des pratiques administratives et diplomatiques ; elle transmet une conception du territoire, de la dynastie et de l’ordre politique. Cette continuité institutionnelle permet de comprendre pourquoi des dirigeants séparés par plusieurs générations peuvent privilégier de manière comparable la sauvegarde du centre lorsqu’une solidarité extérieure devient trop coûteuse.
Le Maroc offre un terrain particulièrement fécond à cette interrogation parce que l’État et la dynastie s’y trouvent historiquement liés par une représentation de la souveraineté qui dépasse largement la monarchie constitutionnelle européenne contemporaine. Le roi n’est pas seulement chef de l’État ; il est également Commandeur des croyants, détenteur d’une légitimité chérifienne et centre symbolique d’un système politique dans lequel le Makhzen a longtemps articulé administration, fiscalité, autorité territoriale, redistribution des faveurs et fidélités personnelles. Cette superposition de fonctions produit une remarquable stabilité, mais elle rend également plus aiguë la question de la responsabilité du souverain lorsque ses décisions paraissent entrer en contradiction avec les solidarités religieuses, arabes ou maghrébines dont son titre et sa diplomatie peuvent simultanément se réclamer. L’enjeu est donc de comprendre comment la raison d’État transforme une fidélité proclamée en variable politique et comment la préservation du royaume, telle que le pouvoir la définit, peut finir par absorber toutes les autres obligations.
Bocchus : le marché de la trahison
Le récit de l’historien Salluste fournit un point de départ particulièrement puissant parce qu’il décrit sans ambiguïté le passage de l’alliance au piège. Bocchus Ier (dit l’Ancien) a régné sur la Maurétanie d’environ 110 à 80 av. J.-C. Allié puis ennemi de Rome, il a capturé et livré son gendre, le roi numide Jugurtha, aux Romains en 105 av. J.-C., s’assurant ainsi la faveur de Rome et étendant son territoire.
Bocchus n’est pas initialement un adversaire de Jugurtha ; les deux souverains sont liés par des relations politiques et familiales, et Bocchus participe à la guerre contre Rome. Lorsque les représentants romains comprennent qu’ils peuvent obtenir de lui ce qu’une longue campagne militaire ne leur a pas encore permis d’obtenir, ils déplacent la guerre du champ de bataille vers la diplomatie. Le véritable objectif n’est plus seulement de battre Jugurtha, mais de convaincre son allié occidental que la continuation de cette fidélité lui coûtera davantage que sa rupture. Rome ne cherche pas nécessairement à conquérir immédiatement la Maurétanie : elle propose une transaction dans laquelle Bocchus peut fournir Jugurtha tandis que Rome peut offrir son amitié, reconnaître la sécurité du royaume maure et favoriser ses ambitions territoriales.
La gravité de l’épisode tient aux modalités mêmes de la capture. Jugurtha ne tombe pas au terme d’une bataille décisive qui aurait consacré militairement la victoire romaine ; il est attiré dans une négociation et livré. La confiance indispensable à toute rencontre diplomatique devient l’instrument de son arrestation, tandis que l’alliance censée lui fournir une protection devient précisément le moyen par lequel Rome met fin à sa résistance. Le choix de Bocchus est pourtant politiquement rationnel : le souverain sait que Rome possède des ressources que Jugurtha ne peut indéfiniment épuiser et qu’une guerre prolongée peut finir par attirer la puissance romaine sur son propre territoire. Continuer à soutenir Jugurtha signifie accepter une incertitude croissante, tandis que le livrer ouvre la possibilité d’une stabilisation favorable ; la trahison intervient donc non malgré la raison d’État, mais à cause d’elle.
Cette constatation permet de dépasser le jugement moral sans l’abolir. Le fait qu’un acte soit rationnel pour celui qui l’accomplit ne le rend pas moins destructeur pour celui qui en subit les conséquences. Bocchus peut se considérer comme un souverain prudent ayant sauvé son royaume, tandis que Jugurtha peut voir dans le même acte la violation d’une alliance et d’une confiance ; ces deux lectures représentent les deux faces du même événement. L’épisode révèle en outre une méthode durable de domination impériale : une grande puissance peut obtenir davantage en transformant les souverains périphériques en auxiliaires ponctuels de sa stratégie qu’en administrant directement tous les territoires qui entourent son adversaire. La victoire impériale consiste alors à réorganiser les fidélités de l’espace avant même de le conquérir.
Abdelkader : quand la solidarité devient dangereuse pour le trône
L’émir Abdelkader, né le 6 septembre 1808, El Guetna, en Algérie. Décédé le 26 mai 1883 (âge 74 ans) à Damas, en Syrie, ne pouvait conduire durablement la guerre contre la conquête française en restant enfermé dans les limites mouvantes de l’Algérie colonisée. Son système politique et militaire reposait sur la mobilité, la capacité à reconstituer les forces, l’organisation des tribus, l’approvisionnement et l’existence de territoires permettant de se retirer momentanément sous la pression avant de reprendre l’offensive. L’espace marocain était donc d’une importance considérable, d’autant que la frontière occidentale de l’Algérie ne possédait pas encore la rigidité administrative et militaire que la colonisation allait progressivement lui imposer. Le sultan Abd al-Rahman soutint d’abord la résistance algérienne, ce qui interdit de transformer rétrospectivement toute la politique marocaine en hostilité précoce envers Abdelkader ; les solidarités religieuses, les liens entre tribus, la circulation des hommes et la perception de la conquête française comme menace régionale rendaient ce soutien à la fois compréhensible et populaire.
La France comprit cependant que l’émir resterait extrêmement difficile à réduire tant que le Maroc lui fournirait un arrière stratégique. La pression exercée sur le sultan augmenta jusqu’à la confrontation militaire ouverte de 1844, lorsque les bombardements de Tanger et de Mogador, puis surtout la bataille d’Isly, révélèrent brutalement au Makhzen la supériorité des forces françaises. Le problème politique changea alors de nature : continuer à soutenir Abdelkader ne signifiait plus seulement maintenir une solidarité avec la résistance algérienne, mais exposer directement le Maroc à une guerre susceptible de mettre en danger la dynastie et l’intégrité du royaume. Le pouvoir marocain privilégia finalement la conservation du royaume, et les arrangements qui suivirent Isly réduisirent progressivement la liberté d’action de l’émir.
La frontière devint alors un instrument de guerre. Là où existaient auparavant des circulations tribales, commerciales et militaires difficiles à enfermer dans une ligne, la puissance française chercha à imposer un espace contrôlé dans lequel le souverain marocain devait assumer la responsabilité des déplacements s’effectuant depuis son territoire. Abdelkader se trouva ainsi progressivement privé de ce dont toute guerre asymétrique a besoin : une profondeur stratégique. La comparaison avec Bocchus ne doit pas masquer les différences, car Abd al-Rahman fut d’abord entraîné dans une guerre contre la France en raison même de son soutien à Abdelkader ; elle permet toutefois de saisir la structure finale du choix, lorsque la survie du royaume prend le pas sur la fidélité au résistant et que l’allié devient une charge stratégique dont le coût est jugé supérieur à la valeur de la solidarité.
Le 22 octobre 1956 : l’avion des cinq dirigeants algériens
Le 22 octobre 1956 constitue l’un des épisodes les plus spectaculaires de la guerre d’Algérie sur le terrain diplomatique. Ahmed Ben Bella, Hocine Aït Ahmed, Mohamed Boudiaf, Mohamed Khider et Mostefa Lacheraf se trouvent au Maroc et doivent gagner Tunis, où une conférence nord-africaine doit réunir Mohammed V, Habib Bourguiba et les représentants algériens. Une telle réunion revêt une importance considérable, car elle peut contribuer à faire sortir définitivement le conflit algérien du cadre intérieur français dans lequel Paris cherche encore à l’enfermer et favoriser l’émergence d’une position maghrébine commune autour de la reconnaissance du FLN comme interlocuteur politique. L’avion transportant les cinq hommes quitte Rabat ; le cabinet de Robert Lacoste, alerté du déplacement, fait donner à l’escale de Majorque l’ordre à l’équipage français de gagner Alger, sous la protection discrète d’avions de chasse français, et les passagers ne découvrent véritablement le détournement qu’au moment de l’atterrissage.
L’opération révèle jusqu’où l’appareil colonial français est disposé à aller pour empêcher la constitution d’un front politique maghrébin. La capture des cinq responsables vise à désorganiser la représentation extérieure du FLN et à empêcher la conférence de Tunis d’accroître sa légitimité internationale. Le bénéficiaire immédiat est donc l’appareil colonial français, et l’ordre de déroutement fut donné dans le dispositif politique français d’Algérie avant d’être couvert par Robert Lacoste et Guy Mollet. Le geste demeure cependant diplomatiquement désastreux : Alain Savary et Pierre de Leusse démissionnent en signe de protestation, tandis que l’indignation au Maroc provoque de graves violences à Meknès et ailleurs.
La réaction de Mohammed V est essentielle pour la suite de l’analyse. Le souverain considère le détournement comme une humiliation personnelle et une atteinte portée à son honneur parce que les dirigeants algériens se trouvaient sous sa protection. Les sources disponibles ne fondent pas l’idée d’une livraison volontaire par Mohammed V ; elles montrent au contraire un souverain qui estime que la confiance reçue crée une obligation et que la violation de cette protection atteint directement la parole royale. Ce contrepoint est indispensable, car il accentue la rupture qui apparaîtra moins d’une décennie plus tard sous Hassan II : en 1956, la confiance placée dans le souverain impose une protection ; en 1965, si l’on retient les témoignages israéliens, la confiance des dirigeants arabes réunis à Casablanca devient une ressource de renseignement utilisable dans une autre alliance.
Casablanca 1965 : le sommet espionné
Le sommet arabe de Casablanca de septembre 1965 se tient dans un moment où la confrontation avec Israël structure une part essentielle des relations interarabes. Les dirigeants réunis au Maroc abordent des questions de coordination militaire, d’appréciation des forces disponibles, de renseignement et de préparation à une éventuelle guerre ; la confidentialité de ces discussions constitue donc une condition de leur sincérité. Lorsqu’un chef d’État évoque devant ses pairs l’état réel de son armée, les insuffisances de ses moyens ou les divergences qui traversent son commandement, il le fait parce qu’il suppose que ces informations resteront à l’intérieur du cercle qui les reçoit. C’est précisément cette confiance qui donne toute sa gravité aux révélations publiées plusieurs décennies plus tard par la presse israélienne.
Shlomo Gazit, ancien chef du renseignement militaire israélien, expliqua que les services israéliens avaient bénéficié d’enregistrements provenant du sommet de Casablanca et que ces documents leur avaient permis de mieux apprécier l’état réel des armées arabes, leur niveau de préparation et leurs divisions. Selon les récits publiés par Yedioth Ahronoth, Ynet et The Times of Israel, Hassan II aurait autorisé ou rendu possible une opération d’écoute dont les résultats furent ensuite exploités par le renseignement israélien ; Rafi Eitan et d’autres anciens responsables israéliens ont également décrit la coopération secrète entre Rabat et Tel-Aviv comme une relation d’une importance exceptionnelle. Dans cette perspective, le rôle attribué à Hassan II dépasse le simple maintien d’un canal discret avec Israël : il aurait permis que la confiance des participants arabes soit transformée en avantage stratégique pour l’État qu’ils considéraient comme leur adversaire.
La question de la trahison prend ici une netteté particulière, car le problème n’est pas de savoir si le roi du Maroc devait entretenir ou non des contacts secrets avec Israël. De nombreux États conduisent des diplomaties parallèles et ouvrent des canaux clandestins avec leurs adversaires ; la rupture intervient lorsque l’hospitalité diplomatique et la confidentialité d’un sommet sont utilisées pour obtenir des renseignements au profit d’un tiers. Un chef d’État qui accueille ses partenaires dans un cadre supposé protégé assume une responsabilité spécifique à leur égard ; si les informations confiées dans cet espace sont ensuite communiquées à un autre camp, la confiance cesse d’être une condition de la diplomatie pour devenir sa matière première. Le parallèle avec Mohammed V devient alors saisissant, car la logique attribuée à Hassan II inverse celle de 1956 : la confiance reçue n’est plus seulement une obligation, elle devient un capital que la raison d’État peut exploiter.
Juin 1967 : le poids des renseignements et la défaite arabe
Lorsque la guerre éclate en juin 1967, Israël dispose d’une préparation militaire et d’un système de renseignement particulièrement efficaces. La victoire ne peut évidemment être expliquée par un seul facteur, encore moins par un unique dossier transmis depuis Casablanca, car les causes de la défaite arabe sont multiples : désorganisation du commandement, insuffisance de la coordination interarabe, erreurs stratégiques, vulnérabilité des forces aériennes, supériorité opérationnelle israélienne et lenteur des mécanismes décisionnels. Toutefois, si l’on retient le témoignage de Shlomo Gazit et les récits israéliens, les informations recueillies à Casablanca contribuèrent à réduire l’incertitude stratégique qui entourait les capacités réelles des armées arabes et à donner aux responsables israéliens une image plus réaliste de leurs divisions.
Cette réduction de l’incertitude est l’un des effets les plus précieux du renseignement. Une armée ne cherche pas seulement à connaître le nombre de chars ou d’avions possédés par son adversaire ; elle veut savoir s’il les emploiera efficacement, si ses états-majors se font confiance, si ses unités sont coordonnées, si les dirigeants politiques partagent les mêmes objectifs et si l’apparence publique de puissance correspond à une capacité réelle. Les discussions de Casablanca auraient précisément fourni ce type d’éclairage, et la victoire israélienne de juin 1967 conduisit à l’occupation du Sinaï, de Gaza, de la Cisjordanie, de Jérusalem-Est et du Golan, transformant durablement l’histoire régionale.
La qualification de trahison des armées arabes devient dans cette lecture politiquement compréhensible sans qu’il soit nécessaire de faire de Hassan II l’unique responsable de leur défaite. Le problème réside dans le fait de transmettre à un adversaire les renseignements confiés par des partenaires qui croyaient pouvoir parler en sécurité. L’importance de l’acte ne dépend donc pas d’une causalité exclusive, mais de la rupture de confiance qu’il implique ; elle prend en outre une dimension historique singulière lorsque l’on considère que le fils de Hassan II, Mohammed VI, préside aujourd’hui le Comité Al-Qods chargé de défendre Jérusalem et les droits palestiniens.
Mehdi Ben Barka : raison d’État et renseignement clandestin
La même période est marquée par la disparition de Mehdi Ben Barka à Paris en octobre 1965, quelques semaines après le sommet de Casablanca.
Le dossier appartient à l’une des affaires les plus sensibles de l’histoire politique marocaine contemporaine parce qu’il relie opposition intérieure, appareils sécuritaires marocains, territoire français et coopération internationale des services. Ben Barka n’est pas un opposant périphérique : il représente une alternative politique capable de parler au tiers-monde, aux mouvements révolutionnaires et aux réseaux anticolonialistes internationaux, et son influence dépasse largement le Maroc. Pour le palais, il peut apparaître comme une menace précisément parce qu’il dispose d’une légitimité extérieure que la répression intérieure ne suffit pas à neutraliser.
Des journalistes spécialisés dans l’histoire du renseignement, notamment Ronen Bergman, ont décrit l’implication des services israéliens dans certains aspects de l’affaire, inscrivant la disparition de Ben Barka dans la relation clandestine entre Rabat et le Mossad. Cette coopération, si elle est examinée dans son ensemble, montre que la politique extérieure de Hassan II ne se limite pas à la géopolitique régionale : elle touche également à la sécurité intérieure du régime. Le partenaire étranger devient utile au palais dans sa lutte contre ses adversaires, tandis que Rabat offre en retour informations, facilités ou services. La raison dynastique et la raison diplomatique se rejoignent donc dans un même système où l’utilité d’un allié se mesure aussi à sa capacité à protéger le trône.
La guerre des Sables et l’Algérie comme rival stratégique
Le règne de Hassan II est profondément marqué par la relation avec l’Algérie indépendante.
La guerre des Sables de 1963 révèle que l’indépendance des deux pays ne produit pas la fraternité maghrébine espérée durant les luttes anticoloniales ; les différends frontaliers, les mémoires de la période coloniale et les divergences idéologiques transforment rapidement le voisinage en rivalité. L’Algérie se présente comme république révolutionnaire et tiers-mondiste, proche des mouvements de libération, tandis que le Maroc demeure une monarchie chérifienne fortement liée aux puissances occidentales ; la frontière devient ainsi également une frontière idéologique.
Cette rivalité renforce l’intérêt du Maroc pour des partenaires capables de compenser sa faiblesse relative face à Alger. Israël possède alors un double intérêt : il est un fournisseur potentiel de renseignement et de technologies, mais aussi un acteur qui partage avec Rabat la méfiance envers plusieurs régimes arabes révolutionnaires. Lorsque le conflit du Sahara Occidental éclate dans les années 1970, cette rivalité devient structurelle. L’Algérie soutient le Front Polisario, tandis que le Maroc considère le Sahara comme partie intégrante de son territoire ; dès lors, la diplomatie du royaume s’organise de plus en plus autour de la recherche de soutiens capables de neutraliser l’influence algérienne et de consolider la position marocaine.
Le Sahara Occidental : quand le territoire devient trône
Après les tentatives de coup d’État de 1971 et 1972, Hassan II se trouve dans une situation de vulnérabilité profonde.
La Marche verte de 1975 intervient dans ce contexte et permet au souverain de transformer la question du Sahara en cause nationale autour de laquelle il peut reconstruire son autorité. Le procédé est politiquement remarquable : une revendication territoriale devient un instrument de cohésion intérieure, tandis que le roi se présente comme celui qui restaure l’unité historique du royaume. La monarchie se fond progressivement avec la cause saharienne, de sorte que contester la position officielle sur le territoire peut être présenté comme une atteinte à l’intégrité nationale.
Cette fusion entre trône et territoire produit des effets durables. La politique étrangère du Maroc s’organise de plus en plus autour de la recherche de soutiens sur le Sahara, tandis que l’Algérie soutient le Front Polisario ; la rivalité bilatérale absorbe une part considérable des relations maghrébines. Hassan II comprend que la bataille ne se gagnera pas seulement militairement : elle se joue dans les capitales occidentales, dans les organisations internationales et dans la capacité à convaincre les grandes puissances que la stabilité du royaume sert leurs propres intérêts. Le partenariat avec les États-Unis, les liens privilégiés avec la France et les contacts clandestins avec Israël prennent alors une valeur supplémentaire, parce que chaque relation peut contribuer à renforcer le royaume dans son principal conflit régional.
Mohammed VI : l’héritage transformé en doctrine
Lorsque Mohammed VI succède à Hassan II en 1999, il hérite d’un système consolidé mais également d’une question saharienne non résolue. Les premières années du règne sont marquées par des inflexions intérieures, mais la politique territoriale demeure d’une remarquable continuité : le Sahara reste au centre de la légitimité monarchique. Sous Mohammed VI, cette priorité devient plus explicite encore lorsque le souverain affirme que la question du Sahara constitue le prisme à travers lequel le Maroc évalue ses relations internationales. Cette formulation transforme une priorité diplomatique en doctrine, car les partenaires ne sont plus appréciés seulement selon leur proximité historique, leur poids économique ou leur appartenance culturelle, mais selon leur position sur le territoire revendiqué.
Cette doctrine produit une diplomatie très transactionnelle. Le Maroc multiplie les ouvertures de consulats dans les territoires qu’il administre, recherche des reconnaissances officielles et réévalue ses relations avec les États qui lui paraissent ambigus ou hostiles sur la question. L’intérêt du système réside dans sa cohérence : une monarchie qui associe son prestige à un territoire précis ne peut accepter que ce territoire soit traité comme un dossier secondaire. Toute la politique extérieure est donc progressivement organisée pour convertir les ressources du royaume en soutiens diplomatiques, et cette logique atteint son expression la plus spectaculaire en décembre 2020.
2020 : la normalisation comme transaction territoriale
La normalisation annoncée en décembre 2020 constitue l’expression la plus spectaculaire de cette politique. Les États-Unis reconnaissent alors la souveraineté marocaine sur le Sahara Occidental tandis que le Maroc rétablit ses relations officielles avec Israël ; les deux décisions sont liées dans leur chronologie et dans leur logique politique. Pour Rabat, la reconnaissance américaine représente une victoire majeure, car une grande puissance occidentale adopte une position que le royaume recherchait depuis des décennies ; pour Israël, la normalisation avec un nouvel État arabe constitue un gain important dans le cadre des accords d’Abraham ; pour Washington, l’accord renforce une architecture régionale favorisant le rapprochement entre Israël et plusieurs États arabes.
Le caractère transactionnel de l’opération ne doit pas être masqué par le vocabulaire de la paix. Chaque partie obtient quelque chose de précis : le Maroc reçoit une reconnaissance territoriale, Israël une normalisation et les États-Unis un succès diplomatique majeur. La cause palestinienne ne bénéficie d’aucune contrepartie équivalente, et c’est dans cet écart que se situe la question de la trahison dans une lecture critique. Le Maroc ne rompt pas seulement avec une doctrine arabe ancienne qui conditionnait la normalisation à un règlement de la question palestinienne ; il obtient en échange un avantage directement lié à ses propres intérêts territoriaux. Ce qui relevait sous Hassan II de la discrétion des services et des intermédiaires devient sous Mohammed VI un partenariat institutionnel assumé.
Du Comité Al-Qods à l’alliance stratégique avec Israël
Après 2020, la relation s’approfondit rapidement. Les accords de défense conclus entre le Maroc et Israël portent sur le renseignement, les technologies militaires, l’industrie de défense et les acquisitions d’équipements ; cette coopération dépasse donc largement la présence d’ambassades ou les échanges commerciaux ordinaires. Le renseignement constitue un domaine particulièrement sensible parce qu’il touche au cœur de la souveraineté. Lorsqu’un État partage des informations stratégiques ou achète des systèmes de surveillance sophistiqués à un partenaire, il établit un niveau de confiance bien supérieur à celui d’une relation diplomatique classique. Cette profondeur rend la question palestinienne plus problématique, car le royaume affirme maintenir son soutien à un État palestinien et à Jérusalem-Est comme capitale tout en développant une relation militaire avec Israël.
La présidence du Comité Al-Qods par Mohammed VI rend cette contradiction institutionnelle particulièrement visible. Le comité appartient à l’Organisation de la coopération islamique et sa mission est directement liée à Jérusalem, à son statut et aux droits palestiniens ; le souverain se trouve ainsi simultanément à la tête d’un organisme dénonçant les politiques israéliennes à Jérusalem et à la tête d’un État développant une coopération stratégique avec Israël. La réponse officielle consiste à présenter le Maroc comme un médiateur capable de parler à toutes les parties, position qui lui permet d’entretenir des relations avec Israël tout en conservant une légitimité dans le monde musulman grâce au Comité Al-Qods et à ses actions humanitaires. Cette double position peut cependant être lue comme l’organisation méthodique d’une contradiction : à l’extérieur, la coopération stratégique sert les intérêts du royaume ; dans le monde musulman et à l’intérieur du Maroc, la présidence du Comité permet de maintenir le discours de solidarité avec les Palestiniens.
Quel Commandeur des croyants lorsque la raison d’État l’emporte ?
La fonction de Commandeur des croyants ajoute à cette contradiction une dimension plus profonde encore. Le souverain marocain revendique une légitimité religieuse particulière et préside les institutions officielles de l’islam au Maroc ; le titre n’est donc pas purement décoratif, puisqu’il structure une partie du système politique et de la légitimité dynastique. La question devient dès lors inévitable : quelle substance conserve cette fonction lorsque les choix stratégiques du royaume s’éloignent des solidarités religieuses que le titre semble symboliser ? Le pouvoir peut répondre que le Commandeur des croyants est le souverain des Marocains et non le chef politique de l’ensemble du monde musulman, distinction juridiquement cohérente mais qui conduit précisément à reconnaître que la fonction religieuse est nationale et dynastique avant d’être universelle.
Dès lors, lorsque les intérêts du royaume entrent en contradiction avec une solidarité islamique extérieure, l’intérêt national défini par le palais prévaut. Le titre de Commandeur des croyants renforce la légitimité du souverain à l’intérieur du Maroc, mais il ne limite pas véritablement sa liberté diplomatique ; la fonction religieuse accompagne donc la raison d’État au lieu de la contrôler. Cette hiérarchie constitue le cœur de la contradiction contemporaine : la monarchie peut condamner certaines politiques israéliennes, envoyer de l’aide aux Palestiniens et présider le Comité Al-Qods tout en maintenant une coopération militaire avec Israël, parce que les deux registres répondent à des usages politiques distincts.
L’« autoroute Trump » : la gratitude inscrite dans le territoire
La voie express Tiznit-Dakhla, longue d’environ 1 055 kilomètres, a pris à l’été 2026 une dimension politique particulière lorsque Donald Trump a publié une vidéo la présentant sous l’appellation « President Donald J. Trump Highway » et a remercié Mohammed VI pour ce qu’il qualifiait de grand honneur. Plusieurs médias marocains ont présenté l’axe comme rebaptisé, tandis que Le Desk soulignait qu’aucune autorité marocaine n’avait encore confirmé formellement la nouvelle dénomination plus de vingt-quatre heures après la publication. Cette précision ne diminue pas la portée symbolique de l’épisode : Trump, dont la décision de 2020 a constitué l’une des victoires diplomatiques majeures du Maroc sur le Sahara Occidental, associe publiquement son nom à une infrastructure traversant le sud du royaume et le territoire disputé.
L’infrastructure possède évidemment une utilité économique et stratégique propre, puisqu’elle améliore les liaisons vers le sud et s’inscrit dans la politique d’intégration territoriale du royaume. Mais l’appellation revendiquée transforme la route en monument diplomatique, car le président américain qui a reconnu la souveraineté marocaine sur le Sahara voit son nom attaché à l’axe qui matérialise précisément cette souveraineté. La reconnaissance devient ainsi inscription géographique et gratitude politique. Le Sahara demeure, une nouvelle fois, la mesure ultime du partenariat : l’allié qui a accordé le soutien le plus spectaculaire reçoit la visibilité symbolique la plus spectaculaire.
Ceuta : l’autre géographie du royaume
À l’autre extrémité du Maroc, Ceuta offre une image radicalement différente. À la fin de juillet 2026, un afflux massif de migrants en provenance du Maroc a submergé l’enclave espagnole ; Reuters a rapporté qu’environ 60 000 personnes avaient tenté ou réussi à franchir la frontière au plus fort du mouvement, tandis que les autorités espagnoles évoquaient ensuite environ 72 000 entrées, avec plus d’un millier de mineurs non accompagnés encore présents quelques jours plus tard. L’agence a également décrit le rôle des difficultés économiques, du chômage des jeunes et de rumeurs circulant sur les réseaux sociaux dans le déclenchement de ce mouvement, tandis que le bilan humain atteignait plusieurs dizaines de morts, principalement par noyade.
Ce phénomène ne signifie pas que le Maroc serait un pays sans croissance ou sans modernisation ; il possède des infrastructures importantes, des secteurs industriels dynamiques et une capacité réelle d’attraction des investissements. Le problème réside dans la distribution des perspectives, car un État peut progresser économiquement tout en laissant une partie de sa population dans le sentiment de l’exclusion. Lorsque des jeunes acceptent de risquer leur vie pour franchir une frontière, leur geste exprime aussi une rupture de confiance dans la possibilité d’améliorer leur situation à l’intérieur du pays. Le contraste avec la politique de prestige est alors saisissant : au sud, le royaume matérialise sa souveraineté et l’alliance avec une grande puissance ; au nord, une partie de sa jeunesse cherche à partir, exposant la distance qui peut séparer la réussite géopolitique du régime de l’expérience sociale de certains de ses sujets.
Le Makhzen, la richesse du centre et l’inégalité perçue
La concentration du pouvoir autour du palais possède également une dimension économique. Les critiques du Makhzen, de Gilles Perrault dans Notre ami le roi aux enquêtes consacrées aux intérêts économiques royaux, ont souvent insisté sur la proximité entre autorité politique, grandes fortunes et accès privilégié aux ressources. La question la plus pertinente n’est pas de produire une comptabilité spectaculaire et invérifiable des palais ou des propriétés, mais de comprendre ce que représente une richesse monarchique considérable dans une société où une fraction importante de la jeunesse connaît le chômage, le sous-emploi ou l’émigration. Une société peut accepter des différences importantes de richesse lorsque les règles apparaissent équitables ; elle les supporte beaucoup plus difficilement lorsqu’elle estime que la proximité du pouvoir détermine l’accès aux opportunités.
C’est ici que les résidences royales, les holdings liées au palais et la puissance économique du sommet acquièrent une signification politique. Le problème n’est pas l’existence abstraite d’un patrimoine royal, mais le rapport entre la concentration de ce patrimoine et la fonction d’un souverain qui prétend incarner l’ensemble de la nation. La visibilité des écarts devient un symbole de l’inégalité et nourrit la conviction que les règles ne valent pas de la même manière pour tous. Le Makhzen apparaît alors moins comme une simple administration que comme un système d’accès différentiel aux ressources, aux carrières et aux protections, et cette perception contribue directement à la crise de confiance dont les mouvements sociaux et migratoires constituent certaines manifestations.
Demain, un autre Abdelkrim al-Khattabi ?
C’est dans ce contexte que la figure d’Abdelkrim al-Khattabi retrouve une force politique particulière. Le chef de la résistance rifaine appartient à l’histoire du Maroc, mais aussi à une mémoire de la rupture avec le pouvoir central et avec la domination étrangère. Son nom évoque une région périphérique capable de produire une organisation politique autonome, une armée efficace et une légitimité suffisamment forte pour inquiéter simultanément les puissances européennes et le Makhzen. L’idée d’un « nouvel Abdelkrim » ne doit donc pas être comprise comme une prophétie, mais comme l’expression d’une attente qui apparaît lorsque les institutions sont perçues comme incapables de se réformer suffisamment pour absorber les frustrations sociales et territoriales.
Dans les sociétés où les institutions apparaissent bloquées, la transformation politique tend souvent à être imaginée sous la forme d’un homme providentiel. Plus la réforme paraît impossible par les voies ordinaires, plus la mémoire cherche un précédent capable d’incarner la rupture ; l’attente devient alors presque messianique, non parce qu’un sauveur serait historiquement programmé, mais parce qu’un individu ou un mouvement est imaginé comme celui qui donnera une forme politique à des colères jusque-là dispersées. Abdelkrim possède précisément cette valeur symbolique parce qu’il fut capable de transformer une résistance locale en projet politique, mais un nouvel Abdelkrim ne surgirait pas du néant : il ne deviendrait possible que si les conditions sociales, politiques et territoriales rendaient à nouveau possible une telle convergence.
L’image du Messie permet ainsi de comprendre la psychologie de cette attente. Lorsqu’une société cesse de croire que ses institutions peuvent corriger leurs propres défauts, elle transfère son espérance vers une figure extérieure au système, censée incarner l’intégrité, le courage, la proximité et l’indépendance à l’égard des réseaux de faveur. L’homme attendu devient moins une personne qu’une projection collective des frustrations et du désir de justice. Pour tout pouvoir, cette attente constitue un signal inquiétant, car elle signifie que la légitimité ordinaire ne suffit plus ; une mémoire historique jusque-là commémorative peut redevenir politiquement active si elle fournit à la société un modèle crédible de résistance et de rupture.
Conclusion : le trône avant la solidarité
L’ensemble du parcours étudié conduit à une conclusion générale : la force historique du système monarchique marocain réside dans sa capacité à conserver le centre tout en modifiant constamment les relations qui l’entourent. Les alliances changent, les partenaires changent et les discours changent, tandis que le trône demeure ; cette permanence constitue une réussite politique exceptionnelle, mais elle révèle également la hiérarchie réelle du système. Lorsque la solidarité et la conservation dynastique entrent en conflit, la solidarité devient négociable. Bocchus livre Jugurtha parce que Rome lui offre une sécurité supérieure ; Abd al-Rahman réduit son soutien à Abdelkader après Isly parce que la continuation de la guerre menace le Maroc ; Hassan II, selon les témoignages israéliens, transforme la confiance du sommet arabe en ressource de renseignement ; Mohammed VI transforme la normalisation avec Israël en instrument d’une victoire diplomatique sur le Sahara Occidental.
Les formes diffèrent, mais la logique demeure celle d’une hiérarchie où l’intérêt du centre l’emporte. La trahison étudiée ici n’est pas une maladie morale d’un peuple ni une caractéristique héréditaire d’une dynastie ; elle est une possibilité permanente de la raison d’État lorsqu’un pouvoir considère que sa survie ou son objectif stratégique ultime justifie la rupture d’une fidélité antérieure. Cette définition permet de relier des épisodes très différents sans les confondre : Jugurtha est livré physiquement, Abdelkader est isolé, les dirigeants arabes de Casablanca auraient vu leurs secrets transmis, tandis que les Palestiniens voient une solidarité ancienne subordonnée à une transaction territoriale. Dans chaque cas, le pouvoir qui agit dispose d’une justification, mais cette justification n’abolit pas le coût imposé à celui qui est sacrifié.
La monarchie marocaine a montré une capacité remarquable à convertir les contradictions en instruments de pouvoir. Le royaume peut être simultanément membre du monde arabe et partenaire d’Israël, défenseur officiel d’Al-Qods et allié militaire de l’État sioniste, monarchie religieuse et acteur pragmatique de la diplomatie occidentale, État africain et partenaire stratégique de Washington. Cette multiplicité constitue une méthode du Makhzen : elle permet de ne jamais dépendre entièrement d’un seul espace politique et offre au souverain une grande liberté d’action. Mais elle impose également une question morale et historique permanente : quelle valeur conserve une fidélité lorsqu’elle est toujours subordonnée à un intérêt supérieur défini par celui qui détient le pouvoir ?
C’est pourquoi l’attente d’un autre Abdelkrim al-Khattabi peut réapparaître comme une attente messianique. Elle exprime moins le désir naïf d’un chef providentiel que l’épuisement d’une confiance dans la capacité du système à se transformer lui-même. Lorsque la société commence à attendre celui qui rompra l’ordre établi, cela signifie que cet ordre n’est plus seulement jugé imparfait, mais qu’il est perçu comme incapable de se corriger. À ce moment, la mémoire cesse d’être un simple patrimoine et redevient une possibilité politique, tandis que le vieux proverbe placé en exergue retrouve toute sa portée : la première tromperie peut être imputée à celui qui trahit, mais la répétition oblige aussi celui qui accorde sa confiance à interroger le système qui rend possible sa propre désillusion.
« Et si tu crains vraiment une trahison de la part d’un peuple, dénonce alors le pacte avec eux d’une manière franche et équitable, car Dieu n’aime pas les traîtres. » (Coran, sourate Al-Anfāl, 8/58).
A. F. B.
Auteur, historien, anthropologue




ZÉRO TRACE BOUSBIRIENNE SUR NOTRE TERRE ALGÉRIENNE — MAINTENANT, TOTALEMENT, DÉFINITIVEMENT !!
@Dante
👍🇩🇿
Il est grand temps que nos autorités entendent la voix du peuple et passent enfin à l’action : traquer sans relâche et éliminer définitivement ces plus de 1,2 million de Bousbiriens clandestins de notre sol sacré. Ce sont nos ennemis jurés, formatés et endoctrinés dès la naissance à haïr notre peuple, notre patrie et tout ce qui incarne notre nation.
Le peuple a parlé. Verdict : les Babouins doivent être expulsés. Tous sans exception aucune.
Pas la peine d’en écrire autant. Tata mimi sixe est un homosexuel et un trafiquant de drogue de succession. La pederastie et la vente de drogue sont strictement interdites dans l’islam des créations et des aventures pour dieu . Ce Mr ou plutôt cette tata est laïque et certainement initié (…) ahahahah ahahahah
@Dante
🇩🇿👍
@Dante – votre réflexion n a rien à voir avec une réflexion censée, posée et Sage . Proférer des insultes à l encontre d un pays même si vous avez une animosité envers ce dernier , ne correspond à la vision de l Algérie , LE RESPECT total et savoir débattre ouvrent des voies porteuses et bon pas user de mots » poreux »
Qui es tu toi pour te draper d’une pseudo sagesse de censeur?D’où parles tu????Dante a le droit de s’exprimer librement et de vouloir l’expulsion de ces marokis clandestins en Algérie. Apparemment ça te dérange ?Serais tu un fils de babouin?(…)
C’est pas un diamant brut. Sûrement un infiltré.
@Dante
👍🇩🇿
Bravo @Dante , les babouins doivent dégager de notre terre sacrée, ils la souillent avec leurs moeurs, drogue, prostituées etc…qu’ils retournent dans leur Suisse des babouins.Le 1er aout 2026, je me suis rendu dans une pâtisserie à Chlef Léna chocolat , quelle fût ma stupeur en voyant le gérant et un employé vêtu du maillot de foot du royaume des babouins , je leur ai dit qu’ici on est en Algérie.Sans honte , fièrement ils m’ont répondu qu’ils étaient d’origine bousbirienne .Je leur répond alors qu’ils n’ont rien à foutre ici et que je lancerai un boycott de leur patisserie.Donc si vous êtes de passage où originaire de Chlef , boycottez ce lieu , faites leur comprendre qu’ils dégagent !
@Amar
Nos valeureux Chouhada (j’ai au moins 6 dans ma famille) devraient se retourner dans leurs tombes, s’ils savaient que des racistes et xénophobes comme toi, souillent par leurs mains et pieds les principes pour lequels ils (nos Chouhadas et authentiques moudjahidines) se sont sacrifiés pour libérer la patrie et les Algériens.
Honte aux racistes et xénophobes, partout dans le monde.
Chaque ajout des épices les plus goûteuses vient s’ajouter aux plats les plus raffinés et élaborés de «Sheikh6». Cela nous rappelle ce délice gustatif qui, curieusement, manque de quelques épices qui pourraient en rehausser encore davantage la saveur, servi à ses frères selon les instructions les plus secrètes du King. C’est ainsi, avec une délicatesse raffinée et sophistiquée, on y ajoutait un soupçon de trahison, une once de profonde corruption, un zeste de flagornerie et une touche de baisemain, le tout servi avec une expertise inégalée, fruit d’une royauté occidentale gangrenée par le vice, émanant du protectorat décadent habilement orchestré par le mentor du régime parisien corrompu.
Au final, les frères ont payé la facture du diner et…, ce n’était pas proposé gratuitement, malgré tout!
En septembre 1965 (un mois avant le rapt), Hassan II avait permis au Mossad de mettre sur écoute les lignes d’un sommet de la ligue arabe à Casablanca. Les précieux renseignements militaires ainsi obtenus par l’entité sioniste ont joué un rôle déterminant dans sa victoire lors de la guerre des Six Jours en 1967. Ce « pacte de sang » a scellé la confiance entre les deux services secrets, posant les jalons secrets des futurs accords d’Abraham de 2020.
Juste après le sommet de Casablanca, le régime marocain exige l’aide de l’entité sioniste pour neutraliser son principal opposant. En confiant la sécurité de son régime et l’élimination de son principal opposant à un service étranger (qui plus est, l’ennemi juré du monde arabe), Hassan II s’est mis dans une position de vulnérabilité. L’entité sioniste détenait la preuve matérielle de la trahison du roi envers la cause Pan-arabe. En contre partie, Hassan II est devenu un allié de l’ombre indispensable pour l’entité sioniste dans la région.
Cette mise en perspective historique éclaire d’un jour nouveau les accords plus récents entre les eux pays. Le deal officiel de décembre – par lequel le Maroc a normalisé ses relations avec l’entité sioniste en échange de la reconnaissance par les Etats-Unis de sa souveraineté sur le Sahara occidental – n’est pas né de rien. Il s’inscrit dans la continuité directe de cette diplomatie de l’ombre initiée sous Hassan II.
Fraternellement lhadi
([email protected])
La trahison est la réponse des faibles et des lâches.
Vous n’evoquez pas la dernière trahison : celle vis à vis de l’Espagne dont le gouvernement avait reconnu le plan d’autonomie comme meilleure solution pour le sahara occidental. Le remerciements du Makhzen sont intervenus ces derniers jours.. avec l’invasion de Ceuta
Et avec tout ce mal qu’ils ont fait à l’Algerie on continue à les laisser faire? a la moindre opportunité il faut leur rentrer dedans!!🇩🇿💪🇩🇿
Traître un jour,traître toujours.
le peuple algérien demande le renvoie IMMEDIAT de tous les bousbiriens (snp et clandestinS) parasites par millions en Algérie, pourquoi le gouvernement ne le fait pas, ils attendent quoi????
Ca sert à rien de vouloir se préparer à la guerre contra un/des pays ennemi(s), si le nettoyage à l’intérieur du pays n’est pas fait
PS : quant aux rifains je renvoie aux analyses de @Selecto notamment qui sont de fidèles membres de la garde royale et colonisent le Sahara Occidental !
@DZ 2022/04/22 :
« Union nord africaine
UMA
Tamazgha
= Piège mortel pour l’Algérie
Vive l’Algérie tout court !
La narco-frontière doit être gravée dans notre constitution. »
Je renvoie aux contributions AP Patriotes suivantes, liste non exhaustive :
1)Une contribution de Mohsen Abdelmoumen : Réponse à l’ambassadeur de France qui affiche une carte du «grand Maroc. »
2)Une contribution de Mouanis Bekari : Connaissons-nous vraiment notre propre histoire et l’enseignons-nous ?
En conclusion : qu’attend l’État Algérien pour expulser manu militari en 17secondes tous les makhnazis et déchéance de nationalité c’est un pré requis outre la clochardisation de l’Algérie criminalité terrorisme accrus une colonisation qui ne dit pas son nom procédé sioniste de déstabilisation du pays qui est en première ligne avec tous ces agents fidèles serviteurs esclaves consentants de leur Kommandantur des croyants et agents du mossad.
C’est une question de SÉCURITÉ NATIONALE.
1 la maurétanie ce n’est pas le maroc § il y a la Maurétanie tingitane (maroc actuel) et la Maurétanie Césarienne qui est l’Algérie centrale (actuelle).
2 les Maures ne sont pas marocains. donc là, tu fais le jeu des marocains.
3 Bocchus n’était forcément marocain (du peuple marocain), mais plusieurs sources indiquent qu’il est de l’algérie actuelle (du peuple algérien), mais qui a régné au maroc actuel et une partie de l’ouest algérien. on peut très bien dire que le maroc (actuel) appartenait à l’ouest algérien,et pas l’inverse comme tentent de le faire croire les marocains avec acharnement et mensonges.
4 le maroc n’a JAMAIS fourni un « arrière stratégique » à L’EMIR ABDELKADER. bien avant la colonisation française, le roi de marrakech ou de Fez avait tout le temps des visées sur les terres algériennes à l’est du oued moulouya, mais à chaque fois les cavaliers algériens, décaapitaient tout cavalier marocain qui osait franchir l »oued. et les aides marocaines pour émir Abdelkader étaient dérisoires voire nulles, au point que l’émir abdelkader demandait de l’aide militaires (munitions et armes) aux anglais. et le roi de marrakech a même saisi et gardé ces munitions anglaises pour lui, tout en rassurant la france. émir abdelkader a maudit le maroc avant de se rendre.
5 le détournement de l’avion FLN est un coup de maitre de la france pour « fabriquer » benbella, et je pense que le roi du maroc en était informé, puisque le futur président était d’origine marocaine par ses parents et ça l’arrangeait, c’était un « moncef marzouki » algérien. benbella qui ne figurait même paas dans les 22 historiques, son nom était étrangement scandé dans les rues d’alger, par des manifestants manipulateurs, après ce détournement, afin de le rendre célèbre et connu. abane ramdan avait dénoncé cette « fabrication franco marocaine » et a été tué au maroc, pour laisser la voie libre à benbella.
6 le maroc a bien voulu partagé le sahara occidental entre l’algérie et la mauritanie, l’algérie ayant JUSTEMENT refusé ce cadeau de l’espagne, PAR RESPECT AU POLISARIO ET AU PEUPLE SAHRAOUIE QUI COMBATTAIT L’ESPAGNE DEPUIS 1973, le maroc a pris le 1/3 de l’algérie en novembre 1975. depuis le maroc a un appétit vorace d’expansionniste, avec le soutien de la france.
7 La Marche verte de 1975, de novembre 1975 plus précisément, est une marche de remplacement d’une population non autochtone venue du maroc (350.000 marocains du marroc) pour remplacer les 500.000 sahraouis chassés vers l’Algérie et la Mauritanie par les bombardements de l’aviation française et les 10 millions de mines plantés par israel.
Rédaction
La Maurétanie antique n’est pas le Maroc
Il faut commencer par une distinction que les usages politiques contemporains brouillent constamment. La Maurétanie antique n’est pas le Maroc, pas davantage que la Numidie ne peut être mécaniquement assimilée à l’Algérie contemporaine. Les territoires anciens doivent d’abord être étudiés dans leur propre géographie politique.
Il faut cependant corriger une confusion chronologique importante : sous Bocchus Ier, à la fin du IIe siècle av. J.-C., il n’existe encore ni Mauretania Tingitana ni Mauretania Caesariensis. Ces deux provinces sont beaucoup plus tardives. Elles résultent de l’annexion romaine du royaume de Maurétanie au Ier siècle apr. J.-C., après la mort de Ptolémée de Maurétanie, puis de sa division sous Claude vers 42-44. La Tingitane correspond principalement au nord du Maroc actuel ; la Césarienne couvrait une vaste partie de l’Algérie occidentale et centrale, avec Caesarea, l’actuelle Cherchell, pour capitale.
Il est donc historiquement incorrect d’écrire « la Maurétanie était le Maroc ». Mais il serait symétriquement incorrect d’en conclure que « la Maurétanie était l’Algérie ». Ce sont les frontières modernes que l’on projette abusivement sur des formations politiques qui leur sont antérieures de près de deux millénaires.
Les Maures ne sont effectivement pas des « Marocains »
Sur ce point, la rectification est fondée. Les Mauri des sources grecques et latines constituent des populations antiques d’Afrique du Nord occidentale. Le terme « Maure » ne signifie évidemment pas « citoyen marocain » au sens moderne. Salluste, écrivant sur la guerre de Jugurtha, distingue précisément Numides, Maures et Gétules ; il indique que les Maures obéissaient alors à Bocchus.
Transformer rétrospectivement les Mauri en « Marocains » revient donc à pratiquer une ethnogenèse régressive : on prend une identité nationale contemporaine, constituée dans une tout autre histoire politique, et on la fait remonter artificiellement à l’Antiquité.
Cela vaut d’ailleurs dans les deux sens. Les Maures ne sont pas davantage des « Algériens » au sens national contemporain. Ils appartiennent à l’histoire ancienne des populations amazighes d’un espace qui traverse aujourd’hui plusieurs États.
Bocchus Ier : prudence indispensable sur son origine
C’est ici que le texte devient trop affirmatif. Aucune source antique solide ne permet actuellement d’établir que Bocchus Ier serait né dans l’Algérie actuelle. Sa naissance précise est inconnue. Le qualifier de « Marocain » serait anachronique ; mais le qualifier de membre du « peuple algérien » le serait également.
Salluste fournit en revanche une donnée géopolitique beaucoup plus sûre. Au moment de la guerre de Jugurtha, la Numidie s’étendait jusqu’au fleuve Muluccha, généralement identifié à la Moulouya, et Bocchus dominait les Maures situés au-delà. Cela situe alors le cœur de son royaume à l’ouest de la Numidie de Jugurtha. Après la livraison de Jugurtha aux Romains en 105 av. J.-C., Bocchus reçut une partie des territoires numides, ce qui étendit considérablement son autorité vers l’est.
Ainsi, la formulation historiquement défendable est que Bocchus fut un souverain maure d’un royaume transfrontalier au regard de nos frontières modernes, ayant couvert au cours de son règne des espaces aujourd’hui marocains et algériens. Dire que « le Maroc appartenait à l’ouest algérien » n’est pas plus recevable scientifiquement que de dire que « l’ouest algérien appartenait au Maroc ». Ni l’Algérie ni le Maroc contemporains n’existaient comme États-nations au IIe siècle av. J.-C.
Abdelkader et le Maroc : ni légende fraternelle, ni négation de toute assistance
L’affirmation selon laquelle le Maroc n’aurait « jamais » constitué un arrière stratégique pour l’émir Abdelkader est trop absolue. Le territoire marocain lui servit effectivement, à plusieurs moments, de refuge, de zone de recrutement et de repli. Des travaux fondés notamment sur la correspondance du sultan Moulay Abd al-Rahman montrent également qu’avant la rupture franco-marocaine de 1844, une assistance lui parvint sous diverses formes. C’est précisément la présence et l’activité d’Abdelkader au Maroc qui contribuèrent à l’escalade ayant abouti aux bombardements français de Tanger et de Mogador, puis à la bataille d’Isly du 14 août 1844.
Mais cette première phase ne doit pas être transformée en récit d’une solidarité marocaine permanente. Après la défaite d’Isly et surtout le traité de Tanger du 10 septembre 1844, la politique du sultan change radicalement sous la pression française. Abdelkader devient politiquement encombrant ; son activité est proscrite et les rapports finissent par déboucher sur des affrontements avec les forces marocaines. En 1847, celles-ci combattent effectivement l’émir avant sa reddition aux Français en décembre.
La vérité historique est donc beaucoup plus sévère et beaucoup plus intéressante que les récits nationaux simplifiés : il y eut aide, refuge et circulation transfrontalière ; puis recul du sultan, accommodement avec la France, hostilité et affrontement avec Abdelkader. La thèse d’une solidarité marocaine ininterrompue est insoutenable ; celle d’une absence totale d’appui l’est également.
Quant à l’épisode précis d’une livraison britannique d’armes ou de munitions destinée à Abdelkader et confisquée par le pouvoir marocain, il demande encore une référence archivistique ou éditoriale précise avant d’être présenté comme un fait établi. Les sources accessibles vérifient abondamment les recherches d’armes et de munitions par l’émir, mais pas suffisamment cet épisode particulier pour l’affirmer sans réserve.
Le détournement de l’avion de 1956 : le fait et l’hypothèse
Le détournement du 22 octobre 1956 ne pose aucun problème quant à son auteur immédiat : c’est une opération française. L’avion marocain transportant Ahmed Ben Bella, Mohamed Boudiaf, Hocine Aït Ahmed, Mohamed Khider et Mostefa Lacheraf vers Tunis fut contraint de se poser à Alger, où les cinq hommes furent arrêtés. Des documents diplomatiques américains contemporains confirment immédiatement l’arrestation et la destination politique du voyage.
Une autre donnée mérite d’être conservée : Ben Bella n’était effectivement pas membre du groupe des 22 réuni en juin 1954. La liste des vingt-deux ne comporte pas son nom. Cela ne signifie toutefois pas qu’il aurait surgi politiquement en octobre 1956. Il appartenait déjà depuis plusieurs années au mouvement nationaliste, avait dirigé l’Organisation spéciale et jouait un rôle important dans la délégation extérieure et dans la recherche des soutiens égyptiens. Son importance peut être discutée ; son existence politique avant 1956 ne peut pas être effacée.
Son ascendance familiale marocaine est également documentée : Ben Bella est né à Maghnia, en Algérie, dans une famille dont le père venait d’un groupe tribal marocain. Mais une origine familiale ne constitue évidemment pas la preuve d’une allégeance politique à la monarchie marocaine.
La thèse selon laquelle l’opération française aurait été délibérément conçue pour « fabriquer Ben Bella », avec la connaissance ou la complicité de Mohammed V ou de Hassan II, appartient pour l’instant au domaine de l’hypothèse. Elle nécessiterait un document français ou marocain établissant une concertation. Les sources consultées n’en apportent pas la preuve.
Il existe même un élément qui invite à la prudence : les travaux historiques indiquent que l’arrestation des dirigeants extérieurs en octobre 1956 consolida momentanément la position d’Abane Ramdane et de la direction intérieure issue de la Soummam plutôt qu’elle ne renforça immédiatement Ben Bella. Une « fabrication » française de Ben Bella supposerait donc une stratégie dont l’effet politique immédiat fut, paradoxalement, de neutraliser Ben Bella pendant près de six ans.
Abane Ramdane : assassiné au Maroc, mais pas par le Maroc selon les sources disponibles
Abane fut effectivement assassiné au Maroc, à la fin de décembre 1957, dans la région de Tétouan. Mais l’historiographie disponible attribue cet assassinat aux conflits internes du FLN et tout particulièrement au groupe autour d’Abdelhafid Boussouf, dans le contexte de la montée en puissance de la direction militaire et de la marginalisation d’Abane.
Les conflits entre Abane et Ben Bella sont documentés. Les tensions entre la direction intérieure et la délégation extérieure le sont également. En revanche, passer de ces antagonismes à l’affirmation selon laquelle Abane aurait été éliminé au Maroc afin de réaliser un projet franco-marocain destiné à installer Ben Bella réclame une chaîne de preuves qui n’est actuellement pas établie.
C’est précisément ici que la méthode historique doit être impitoyable : une hypothèse peut être extrêmement intéressante sans devenir pour autant un fait.
Sahara occidental : le droit international fournit ici un repère très solide
Sur le Sahara occidental, un document domine tout le dossier : l’avis consultatif rendu par la Cour internationale de Justice le 16 octobre 1975. La Cour reconnut l’existence de certains liens juridiques d’allégeance entre le sultan du Maroc et certaines tribus ainsi que des liens avec l’ensemble mauritanien, mais elle ne constata aucun lien de souveraineté territoriale susceptible d’empêcher l’application du principe d’autodétermination.
C’est capital : l’avis de La Haye ne reconnaît pas au Maroc une souveraineté historique sur le Sahara occidental.
En revanche, l’affirmation selon laquelle l’Espagne aurait proposé à l’Algérie une part du Sahara occidental, que celle-ci aurait refusée au nom du peuple sahraoui, n’est pas étayée par les accords de Madrid. La déclaration du 14 novembre 1975 associe l’Espagne, le Maroc et la Mauritanie ; l’Algérie n’en est ni signataire ni bénéficiaire territorial.
Le partage décidé en 1975 concernait le Maroc et la Mauritanie. Le Maroc prit la partie septentrionale, la Mauritanie la partie méridionale. Après le retrait mauritanien en 1979, le Maroc étendit son contrôle à l’ancienne zone mauritanienne.
Dire que le Maroc aurait alors pris « un tiers de l’Algérie » est donc juridiquement et historiquement incorrect : le Sahara occidental n’était pas une partie du territoire algérien. C’était et demeure, dans la terminologie des Nations unies, un territoire distinct engagé dans un processus de décolonisation non achevé.
Cette rectification ne renforce nullement la thèse marocaine ; elle renforce au contraire l’argument sahraoui, puisque reconnaître au Sahara occidental son individualité territoriale interdit précisément de l’annexer rétrospectivement aussi bien à l’Algérie qu’au Maroc.
La Marche verte : 350 000 personnes, mais pas 500 000 Sahraouis expulsés
Le chiffre d’environ 350 000 participants à la Marche verte du 6 novembre 1975 est bien attesté. Toutefois, présenter ces 350 000 personnes comme une population immédiatement installée pour remplacer « 500 000 Sahraouis » pose un problème démographique majeur.
Le recensement espagnol de 1974 comptabilisa 73 497 habitants locaux du Sahara occidental. Ce recensement était imparfait, notamment en raison du nomadisme et de populations absentes du territoire, mais aucun travail sérieux ne permet de faire passer brutalement cette population à 500 000 personnes expulsées en 1975.
Des estimations contemporaines évoquent plutôt environ 60 000 réfugiés sahraouis au printemps 1976, ce qui représentait déjà une part considérable de la population recensée. Les statistiques ultérieures des camps de Tindouf ont donné des chiffres supérieurs : les autorités algériennes ont longtemps avancé environ 165 000 réfugiés, tandis que le HCR utilisait des chiffres de planification différents en l’absence, durant longtemps, d’un recensement exhaustif.
Il existe néanmoins un phénomène démographique documenté qu’il ne faudrait pas perdre en corrigeant le chiffre de 500 000 : l’installation ultérieure de populations marocaines dans le territoire contrôlé par Rabat. Human Rights Watch signalait déjà que la population était passée, selon le recensement marocain, d’environ 74 000 personnes recensées par l’Espagne en 1974 à 162 000 en 1981, et documentait les avantages économiques accordés aux personnes venues s’installer dans le territoire. La question du peuplement est donc historiquement réelle ; ce qui doit être abandonné, c’est l’équation simpliste « 350 000 entrants contre 500 000 expulsés ».
Les bombardements contre les réfugiés sont documentés ; leur attribution à l’aviation française ne l’est pas
La fuite massive de Sahraouis devant l’avancée militaire marocaine et les attaques aériennes est abondamment attestée. Human Rights Watch indique que, dès janvier 1976, des réfugiés se dirigeaient vers l’Algérie en fuyant notamment les attaques de l’aviation marocaine. Des travaux consacrés au conflit font également état de bombardements de camps de réfugiés et de l’emploi de napalm et de phosphore blanc par les forces marocaines.
En revanche, les attribuer à « l’aviation française » en 1975-1976 n’est pas conforme aux sources examinées : celles-ci les attribuent à l’aviation marocaine. La France intervint bien militairement plus tard dans la région, notamment contre le Polisario en Mauritanie, mais c’est un autre dossier et une autre chronologie.
Les mines : réalité gigantesque, chiffre et responsabilité à préciser
Le Sahara occidental est incontestablement l’un des territoires les plus fortement contaminés par les mines et restes explosifs de guerre. L’UNMAS considère cette contamination comme un héritage direct du conflit de 1975-1991. Le mur militaire marocain, ou berm, s’accompagne de vastes champs de mines.
En revanche, « dix millions de mines plantées par Israël » ne peut être présenté comme un fait acquis. Les estimations militantes varient souvent entre plusieurs millions et environ dix millions ; les organismes spécialisés soulignent précisément l’incertitude sur les quantités. Le Landmine Monitor préfère désormais cartographier des superficies contaminées plutôt que reprendre sans contrôle ces chiffres globaux.
L’existence d’une assistance ou de conseils israéliens dans la construction du dispositif défensif marocain à partir des années 1980 est mentionnée dans plusieurs sources ; cela ne permet cependant pas d’attribuer indistinctement à Israël la pose de plusieurs millions de mines. La responsabilité première de la construction et de la militarisation du berm demeure celle des forces marocaines.
Ce que l’on peut finalement soutenir
Le texte initial possède donc une intuition historiographique juste : il faut refuser l’appropriation rétrospective de l’histoire antique nord-africaine par les nationalismes contemporains, et il faut tout autant refuser que les relations algéro-marocaines des XIXe et XXe siècles soient transformées en légende intemporelle de solidarité.
Mais la démonstration devient vulnérable lorsqu’elle répond à une mythologie nationale par une mythologie nationale inversée.
Bocchus n’était ni Marocain ni Algérien au sens contemporain : il était roi des Maures. Abdelkader bénéficia temporairement d’un espace de repli et d’appuis au Maroc avant que le pouvoir chérifien, soumis à la pression militaire française, ne se retourne contre lui. Ben Bella existait politiquement bien avant 1956, même s’il n’appartenait pas aux vingt-deux et même si son ascension ultérieure mérite une analyse critique. Aucune preuve décisive ne permet encore de transformer le détournement de son avion en opération franco-marocaine destinée à fabriquer un futur président. Abane fut assassiné au Maroc, mais par des dirigeants de sa propre organisation selon l’état actuel des sources. L’Algérie n’a pas reçu de « tiers » du Sahara occidental dans les accords de Madrid. Enfin, la Marche verte compta bien quelque 350 000 participants, l’exode sahraoui et les bombardements marocains sont documentés, le transfert ultérieur de populations marocaines est une question historiquement sérieuse, mais ni les « 500 000 Sahraouis expulsés » ni les « dix millions de mines plantées par Israël » ne peuvent être conservés tels quels.
L’histoire du Maghreb est suffisamment accablante, complexe et documentée pour n’avoir besoin d’aucun chiffre gonflé ni d’aucune filiation nationale fabriquée. Sur ce terrain, la meilleure réfutation d’un récit nationaliste demeure encore la source, la chronologie et la géographie historique.
Dans ton commentaire je constate des erreurs et contre vérités
Sur YOU TUBE, un grand bateau LGBT a accosté à TANGER, ville de tafiole.
Objectif attendu : Faire le plus de tafiole possible afin de répandre le vice dans toutes l’Afrique. Après ça se dit musulman allant à la Mecque et faisant le Ramadan.
Des tafioles de la drogue par quintaux, des mineurs isolés et des putains partout.
Allatife, lôtfe, lôtfe, lôtfe.
Débarrassez de votre gugusse de malheur sinon l’homme marocain finira par mettre une jupe et du rouge à lèvre Maybelline avec du ricil.
Merci pour l´Info!
Observation SAGE, BANALE & PROFONDE! A LGBT, LGBT et au Qatar le Qatar! Ce n`est á NUL de dire au Qatar ou MAROC comment s`habiller & avec qui coucher!
Ou est le DEBAT? « Lakoum Dinoukoum Oualana Dinouna »! Que faire avec MON Voisin? Jamais 1 ENNEMI tant qu´il ne M`INSULTE PAS & OBLIGE á suivre SA Voie!
Donc COEXISTER!
A « Religions du Monde »-RFI son invité dit: « Le VOUDOU NE PROSELYTISE PAS! » BANAL mais SAGE & PROFOND, egalement!
Je sais que la vérité blesse mais vous êtes tombé bien bas.
L’avenir d’un peuple ce n’est pas ça. Jetez votre passeport ou votre nationalité si c’est cela l’avenir au Maroc.
Le vice LGBT vient des USA en 1960 puis s’est répandu dans le monde donnant in fine le sida comme maladie. Des parents qui laissent comme héritage des enfants homosexuels ça démontre que le travail éducatif n’a pas été fait.
Au Maroc, le Roi d’opérette capte toute les richesses donc forcément, les familles modestes perdent rapidement pied dans la vie de tous les jours, les obligeant à s’expatrier pour avoir une vie meilleure.
Vivre avec 300 dirhams par mois en 2026, c’est impossible à tenir, même avec un œuf par jour, une tomate et une galette de pain pendant que le Roi et ses sujets sont dans des mets les plus subtils.
Heureusement que la mort existe sinon, votre Roi resterait au pouvoir pendant 1000 ans alors qu’il est royalement incompétent !
@Dante
mais, bon Dieu, qui es tu pour te permettre de saturer AP et ses lecteurs avec ta guerre « sainte » à la Don Quichotte, contre une prétendue présence de 1.2 millions de Marocains en Algérie. Ta sémantique est semblable à celle de l’extreme-droite européenne.
A te lire on croirait que tu es mieux placé que la Présidence, l’Etat-major de l’ANP, tous les Services algériens de renseignement, la Gendarmerie nationale, les Renseignements généraux et la Police nationale.
La réalité est qu’il y a en Algérie au maximum 0,12 millions et non pas 1,2 millions de Marocains. Donc 10 % du chiffre que tu avances sans preuve.
Oui, l’Etat doit tout faire pour structurer la présence des Marocains en Algérie et expulser tous les clandestins, mais dans le respect des valeurs humaines que nous défendons.
@Le passant
Le chiffre de 1,2 millions de marokis clandestins est avéré par le ministère de l’intérieur et un article d’El Watan.Alors je me pose la question si tu ne serais pas un descendant de babouins par branche pour mettre autant d’énergie à minimiser leur nombre?
@Amar
Je te défie de donner la date de l’article publié par El Watan, dans lequel le ministère de l’Intérieur aurait donné le chiffre de 1,2 millions de clandestins marocains.
1,2 millions de clandestins marocains en Algérie ? Et pourquoi pas encore un un autre million en situation régulière. Mais dis donc, au total c’est 2,2 millions.
Ne vous (toi, Dante & Co) rendez pas compte que vous êtes en train d’insulter l’ANP et tous les services de sécurité algériens. Car vous insinuez qu’ils laissent rentrer les Marocains clandestinement.
Donc, donnez les sources fiables, sinon arrêtez vos intox mensongères.
En s’obstinant à réclamer l’expulsion de masse des Marocains alors que le Président de la République a explicitement clarifié la position de l’Algérie, ce polyonyme se place en contradiction directe avec les institutions de l’Etat.
En faisant croire que le gouvernement est faible ou aveugle face à un prétendu danger, il sème le doute et la défiance des citoyens envers leurs dirigeants. C’est le principe même de la subversion : affaiblir la cohésion entre le peuple et ses institutions officielles en période de tension géopolitique.
En résumé, sous couvert de défendre l’Algérie, ce profil s’importe sur les forums une culture de la discorde, de l’anathème et de l’extrémisme qui est le contraire exact de la cohésion nationale. Il affaiblit la voix officielle de l’État pour lui substituer une cacophonie agressive.
En s’attaquant à l’autorité de l’Etat, à l’image internationale du pays et à l’unité des citoyens, ce squatteur du forum se comporte factuellement comme une force hostile au pays.
Fraternellement lhadi
([email protected])
@Lepassant
Déjà les 120 000 marocains, dont une grande partie, sont des clandestins est un grand nombre. Tout le monde y compris les autorités Algériennes que le makhzen mène depuis la fermeture des frontières un chantage vis-à-vis de l’Algérie en espérant qu’elle ouvre ses frontières. Ce chantage s’appelle inonder l’Algérie de drogue afin de détruire sa jeunesse. Et en partie ça marche. Les « 120 000 marocains en Algérie facilitent énormément cette inondation de l’Algérie par la drogue.
En fait de quelle origine est Boualem Sansal ? Marocain bien sûr pour ceux qui ne le savent pas.
Lyautey leur a appris comment baiser les c….et c’est devenu un patrimoine chez eux, embrasser la main et le c..d’un 106, cela les rapproche dans leurs petites têtes des douwaylats du Khalidj. Le Maroc est devenu un vaste champ pour les théoriciens en psychologie et en néosociologie à la M6. Un double mur haut de 10 mètres enduit de graisse mécanique industrielle pour le premier et électrifié pour le second.
Je crois que Sanchez a enfin saisi que, quoi que vous entreprenez pour le monarque despote «Sheikha6», quels que soient vos sacrifices et votre dévouement, qu’importe la longueur à laquelle vous vous allierez devant lui, que vous le souteniez dans ses complots d’invasion coloniale ou que vous trompiez et sabotiez autrui pour lui… En définitive, il pourrait vous héberger dans un hôtel luxueux, qui pourrait être truffé de caméras, ou même faire envahir votre propriété par ses acolytes malfrats, voire les deux en même temps. En fin de compte, cela démontre à quel point il vous méprise, ce qui vous empêche de vous libérer de son emprise et vous paralyse face à ses exigences, vous obligeant à céder à ses demandes extravagantes. Tout gravite autour de ce malheureux individu perturbé et manipulateur dont l’attitude narcissique engendre une polarisation parmi ses proches, susceptible d’aboutir à un épuisement psychologique…. Et il se fiche éperdument de tout le monde. Pour l’éternité!
On a tous entendu nos grands-mères narrer des histoires de gamins turbulents: «Oh, ces petites créatures, dès leur venue au monde, furent emmaillotées dans un lange constellé d’épines, piquant quiconque oserait s’en approcher»,… à l’instar d’un despote monarchique «Sheikha6».
R. Bergman est 1 exemple de « Revelations/Leaks »! Chaque fois qu´il y en a il est le 1er servi au NYTimes! Haaretz, aussi! « Afghansitan Papers »? Pareil! Banalites que TOUS savent & ne POUVAIENT dire!
1 fois Guerre terminee (declassifie) on « Revele » ou on « revéle » pour TROMPER!
Aujourd´hui les Media « Libres » tirent sur les Colons Israeliens qui DEPUIS 1948 avec « Democratie-Israel » TUENT avec IMPUNITE! Nul ne le disait! Mais tous SAVAIENT!
Restent les Chiots (Mini NGOs & particuliers qui ABOIENT au coin SANS Micro)!
AEK!! Il SAUVA les CHRETIENS des DRUZE qui aujourd´hui MASSACRENT ENCORE CHRETIENS et Reste en 1er Harki d´Israel!
Hacha Kamel Joumblatt et les Druze du LIBAN Beni qui ont APPRIS! Dans 1 Interview au Monde il dit: « Les Druze du Golan/Syrie/Israel disent de moi: « C´est un Traitre! »
Pour Info!
« Les Faussaires de la Bible », ARTE.
Une AUTRE PERFIDIE d`Israel qui a HIJACKED USA, Germany & « Sa Bilble »!
MERCI pour l`Histoire & l´Instruction!
DZ devrait demander des Reparations á Germany pour « Les Vandales qui ont TOUT CASSÈ en Af. du Nord »…Mais SANS PLEURS puisque Yad Vashem a tout POMPÈ!
Pourquoi « Les Vandales » sont-ils « Les Casseurs-Nazis » de la Terre?
Ils n´ont PAS ECRIT « Leur Histoire »! Les Romains le firent POUR eux! Rebelote!
Post-45 IsraelECRIT « l´Histoire » de Germany, le Monde & l´ISLAM!
Donc ISRAEL = Dieu & l´Holocause son Prophete! Le Corollaire! Berlin + Islam + Jimmy Carter = MAL! Mais pourquoi le pauvre J.C. Allah Y.? Il osa CRITIQUER Israel que NUL ne DOIT CRITIQUER par La LOI: I.H.R.A. Sinon Guillotine/BDS!