La Fondation culturelle Asselah Ahmed & Rabah, à Alger, a vécu un moment d’une rare intensité à l’occasion d’une rencontre-débat consacrée à l’ouvrage Saïd Mekbel – Chroniques d’une vie (1963-1994), publié aux éditions Chihab. Animée par Nazim Mekbel, fils du journaliste assassiné en 1994, cette rencontre a attiré un public nombreux, au point de rendre la salle trop exiguë pour accueillir tous les participants.
Journalistes, intellectuels, amis de Saïd Mekbel, lecteurs et simples citoyens se sont retrouvés autour d’une même volonté : redécouvrir la pensée et l’œuvre d’une figure majeure de la presse algérienne. Dans l’espace de la fondation, également galerie d’art, les visiteurs ont pu apprécier une exposition du peintre Mohamed Smara, créant un dialogue subtil entre mémoire, culture et création artistique.
Plus qu’une simple présentation d’ouvrage, la rencontre s’est imposée comme un véritable acte de transmission. Au cœur de ce projet éditorial se trouve une question posée par Mehdi, petit-fils de Saïd Mekbel : «Que racontait exactement mon grand-père dans ses chroniques et pourquoi l’a-t-on tué ?» Une interrogation qui a conduit Nazim Mekbel à entreprendre un vaste travail de collecte, de sélection et de contextualisation de plus de 1 400 chroniques rédigées sur près de trois décennies.
Durant les échanges, l’auteur est revenu sur plusieurs années de recherches dans les archives afin de restituer l’œuvre de son père dans son contexte historique et politique. Un travail exigeant, à la croisée de la mémoire familiale et de la rigueur documentaire, destiné à rendre ces textes accessibles aux nouvelles générations.
La rencontre a également permis de rappeler la modernité du regard porté par Saïd Mekbel sur la société algérienne. Journaliste, mais aussi physicien, ingénieur, chercheur, photographe et critique de cinéma, il avait choisi de mettre sa plume au service du débat public. Sous les pseudonymes d’El-Ghoul et de Mesmar J’ha, il dénonçait avec humour et lucidité les dérives du pouvoir, les compromissions et la montée de l’intégrisme.
L’évocation des années 1990 a constitué l’un des moments les plus émouvants de l’après-midi. Dans l’assistance, de nombreux témoins de cette période tragique ont partagé souvenirs, silences et parfois larmes, rappelant le lourd tribut payé par l’Algérie durant la décennie noire.
Assassiné le 3 décembre 1994 à Hussein Dey, Saïd Mekbel demeure aujourd’hui une référence incontournable du journalisme algérien. La forte affluence enregistrée lors de cette rencontre, prolongée par une séance de dédicaces particulièrement suivie, en a apporté une nouvelle preuve. Plus de trente ans après sa disparition, sa parole continue de circuler, de questionner et d’inspirer, confirmant que les idées survivent souvent à ceux qui les portent.
M. H.




جزيل الشكر على مقالكم
اوجه تحياتي للسيد نزيم مقبل على العمل الذي قدمه للجزائريين الدين لم يعرفو الصحفي المهندس الذي افنى عمره في قول كلمة الحق
Rendre HOMMAGE à « El Ghoul », c’est REFUSER l’oubli, c’est se souvenir de ce JOURNALISTE TRAQUÉ qui a payé de sa vie son AMOUR pour la VÉRITÉ et la LIBERTÉ d’expression. Son SACRIFICE ABSOLU reste une BOUSSOLE MORALE pour tous ceux qui CROIENT encore au POUVOIR des MOTS face à la VIOLENCE ISLAMISTE.
« MESMAR J’ha » est parti, mais l’esprit de sa RÉSISTANCE est IMMORTEL. Repose en paix, l’ARTISTE…
C’était un journaliste au talent indéniable. Sa satire ingénieuse a marqué les esprits. Le courage d’une plume qui n’a jamais cédé.
Qu’Allah en fasse un martyr.
Allah yarham chouhada.
On sait c’est qui a été tué qui par des terros. Ces lâches qui pensent pouvoir remettre les compteurs à zéro comme si de rien n’était. Certains leur donnent même un coup de main. Non pas un meurtre mais un assassinat.
N’oublions pas Saïd Mekbel, Allah ya rahmo. Souvenons-nous de lui et de son travail. Le travail de mémoire est notre devoir. Nous ne sommes pas dupes et amnésiques.
Maudits soient ces assassins! Maudits soient ces traîtres!
Allah yarham chouhada.
« Quand tu lances la flèche de la vérité, trempe toujours la pointe dans du miel. » (Proverbe arabe)
Si Mesmar Djehaa revenait voir Alger qu il adorait. il retournerait vite sous terre..